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Afrique : Le fort potentiel du jeu vidéo

Afrique : Le fort potentiel du jeu vidéo
  • PubliéMarch 1, 2022

L’alliance formée par une dizaine d’acteurs africains du jeu vidéo vient rappeler le potentiel de ce secteur pour le continent, en matière de création d’emplois, de bénéfices engendrés, et de défense des cultures africaines.

Par Kimberly Adams

L’Afrique a tous les atouts pour développer une industrie des jeux vidéo. Une population jeune, une appétence de cette population pour les nouvelles technologies, une forte pénétration des smartphones… Il manquait sans doute une vision panafricaine des programmes, de la recherche, et des financements. Voilà qui est désormais comblé avec le Pan Africa Gaming Group (PAGG).

Cette structure regroupe une dizaine de sociétés qui prévoient un doublement de volume de l’industrie du jeu en Afrique, chaque année, pour profiter de la croissance rapide du nombre de jeunes équipés de smartphones connectés à l’Internet.

« Malgré l’audience massive qui augmente sur le continent, on compte encore très peu de contenu local pertinent en Afrique. Nous créons un portefeuille de jeux occasionnels axés sur le mobile qui sont amusants, non violents et non sexistes », explique le créateur Jake Manion.

Sur le continent, aucune entreprise n’est suffisamment importante pour être en mesure de rivaliser avec des acteurs mondiaux ou de supporter individuellement le coût de pénétration d’un marché continental. Par cette structure faîtière, les studios vont dégager des économies d’échelle et mutualiser leurs compétences, ainsi que faciliter l’accès aux capitaux.

Parmi les dix premiers studios membres de l’alliance, on retrouve Kayfo Games, du Sénégal, Kiro’o Games, du Cameroun, Digital Mania, de Tunisie.

L’Afrique compte plus de 400 millions d’utilisateurs de smartphones connectés à l’Internet. C’est davantage que toute l’Europe et l’Amérique du Nord.

Ce nombre affiche une croissance annuelle de 20 % par an, et devrait atteindre 680 millions d’ici à 2025. Selon les experts de Drake Star Partners, 150 milliards de dollars de nouveaux investissements sont attendus dans le jeu vidéo, au cours de cette année 2022, à l’échelle mondiale.

Des professionnels chevronnés

Les fondateurs de PAGG (crédit PAGG).

L’environnement sociodémographique est favorable : l’Afrique a la classe moyenne qui connaît la croissance la plus rapide au monde ; elle a triplé pour dépasser 300 millions de personnes en trente ans, calcule la Banque africaine de développement.

Le continent a un âge médian de seulement 19 ans, contre 44 ans en Europe et 38 ans aux États-Unis. Selon PricewaterhouseCoopers (PwC), les cinq premiers pays d’Afrique subsaharienne dépensent à eux seuls quelque 37 milliards $ par an en jeux mobiles ou paris sportifs sur mobile. Voilà qui démontre l’énorme audience prête à dépenser pour le divertissement mobile.

Le jeu a atteint 180,3 milliards $ de revenus en 2021, selon le cabinet Newzoo. Voilà qui le rend plus important que les industries du cinéma et de la musique réunies. Et l’Afrique suit les traces d’autres grands marchés comme l’Inde et la Chine.

Un impact social positif

Dawit Abraham, PDG de Qene Games (Éthiopie) porte-parole de PAGG, considère que ce réseau permettra à l’industrie africaine du jeu de « libérer le prochain milliard de joueurs dans le monde ». Il explique que les sociétés créatrices représentent « plus de 200 professionnels et huit langues différentes ».

L’équipe dirigeante de PAGG « compte une trentaine d’années d’expérience, à la tête de certaines des plus grandes sociétés de jeux au monde ». En l’occurrence, les majors comme Ubisoft, Electronic Arts et Aardman Animation. « Nous avons produit plus de jeux mobiles, PC et consoles que quiconque sur le continent. »

Le créatif ajoute que tous les membres du réseau s’engagent à exploiter le pouvoir du jeu « pour créer un impact social positif dans nos communautés locales ».

D’illustres noms de l’industrie du jeu viendront soutenir la structure, comme Jake Manion, du britannique Aardman Animation. Qui constate : « Malgré l’audience massive qui augmente sur le continent, on compte encore très peu de contenu local pertinent en Afrique. »

Aussi, poursuit-il, « nous créons un portefeuille de jeux occasionnels axés sur le mobile qui sont amusants, non violents et non sexistes. » Les jeux sont et seront « Made in Africa, for Africa ». Ils mettent en scène des héros africains imprégnés de culture et de musiques locales. « Cela permet aux joueurs de s’identifier aux jeux, ce qui fait toute la différence. »

Présentation du jeu Warshmallows, de Digital Mania (capture d’écran).

08PAGG regroupe également la boutique de jeux africaine Gara, et AfroComix, la plus grande plateforme d’édition africaine de eComics. Grâce à ces partenariats, PAGG disposera d’un canal pour distribuer ses jeux liés aux dizaines de plateformes de paiement diverses en Afrique, notamment l’argent mobile, la facturation du temps d’antenne et les cartes de crédit.

Le groupe prévoit de s’étendre à travers l’Afrique et d’inclure d’autres studios de jeux. Le PAGG est déjà en pourparlers avec des éditeurs en Côte d’Ivoire, au Maroc, au Nigeria, à Madagascar, en Ouganda et en Zambie.

@ABF

Écrit par
Par Kimberly Adams

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