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African Business

AFC et Alstom aux manettes du train urbain de Kinshasa

AFC et Alstom aux manettes du train urbain de Kinshasa
  • Publiémai 31, 2024

Le groupe français Alstom rejoint le consortium mené par Africa Finance Corp. pour offrir aux Kinois un réseau moderne, efficace et durable.

 

Les premiers coups de pioches se font attendre, mais ils ne devraient plus tarder. Annoncés fin 2023, pour le mois de mars 2024, les travaux du projet de train urbain MetroKin à Kinshasa, en RD Congo, vont pouvoir débuter. Les retards sont dus aux difficultés d’indemnisation des propriétaires de terrains expulsés, tandis que des constructions anarchiques sur le tracé de l’ouvrage ont retardé l’avancement des travaux.

Par ailleurs, Africa Finance Corporation a reçu le prix Panafrican Champion lors du CEO Forum Awards, qui s’est déroulé fin mai 2024 à Kigali, au Rwanda.

Les Kinois s’impatientent. La capitale est confrontée à des défis majeurs en matière d’infrastructures de transport, exacerbés par une croissance démographique rapide et un développement inadéquat. Le système de transport actuel répond à moins de la moitié de la demande quotidienne, selon le plan directeur des transports urbains de la ville. Récemment, l’État a demandé à la compagnie Onatra, qui gère le réseau existant, d’améliorer la qualité de ses services. L’état des transports en RD Congo, et notamment ce projet de modernisation du train urbain, figurait au menu des discussions récentes entre le président français Emmanuel Macron et son homologue congolais Félix Tshisekedi, lors de la visite de ce dernier à Paris. C’est à cette occasion que le nom d’Alstom est apparu.

Le projet acté vise à étendre et à moderniser le réseau ferroviaire existant, à améliorer la connectivité, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à diminuer de manière significative les temps de transport entre les banlieues et le centre-ville.

Dans ce cadre, Africa Finance Corporation (AFC), qui se présente toujours comme étant le principal fournisseur de solutions d’infrastructure du continent, et le groupe français Alstom, ont signé un protocole d’accord pour promouvoir le développement du projet ferroviaire MetroKin de Kinshasa.

Ce partenariat s’appuie sur l’accord conclu entre l’AFC et Trans Connexion Congo (TCC) pour développer un système de transport en commun qui s’étend sur 300 km de voies ferrées au sein de la ville la plus peuplée d’Afrique. Comme prévu de longue date, le projet se déroulera en quatre phases, en commençant par la rénovation d’un tronçon de 25 km entre la gare centrale de Kinshasa et l’aéroport international de N’Djili, en modernisant complètement le chemin de fer existant.

 

Une expertise cruciale

L’AFC a engagé un investissement initial de 3 millions de dollars pour faire avancer la phase de développement du projet, jusqu’au bouclage financier. En tant qu’arrangeur principal mandaté, l’AFC est le fer de lance de ce projet urbain destiné à transformer le mode de vie des Kinois.

L’implication d’Alstom en tant que partenaire industriel stratégique soutient l’objectif plus large d’améliorer la mobilité urbaine en Afrique. S’appuyant sur son expérience des systèmes de trains urbains en Afrique du Sud et sur des projets régionaux tels que le train express de Dakar et la première ligne de métro d’Abidjan, Alstom devrait contribuer de manière significative à la modernisation des transports en commun à Kinshasa.

Amadou Wadda, directeur principal du développement de projets et des solutions techniques à l’AFC, commente l’arrivée d’Alstom : « Son expertise sera cruciale pour faire avancer ce projet, qui promet de remodeler le paysage économique de Kinshasa, de créer de nombreux emplois et de transformer des vies. »

Erick Onepunga Yongo, directeur général de MetroKin, fait part de son soulagement : « Sous l’impulsion de l’AFC, avec le soutien d’Alstom et du gouvernement congolais, la matérialisation de ce projet devient effective à travers la société de projet MetroKin SA. »


Réhabilitation chemin de fer Matadi-Kinshasa ; l’Onatra a mis en service sept nouveaux trains, fin 2023.

Réhabilitation chemin de fer Matadi-Kinshasa ; l’Onatra a mis en service sept nouveaux trains, fin 2023.

 

Et Bernard Peille, directeur général d’Alstom pour l’Afrique, précise l’implication de son groupe : « Grâce à notre présence renforcée dans la région, Alstom s’engage à travailler en partenariat avec MetroKin pour soutenir le développement d’une solution efficace de transport urbain de masse pour Kinshasa. Nous souhaitons contribuer aux ambitions de développement de la ville en tirant parti de notre expertise mondiale et en aidant les citoyens à satisfaire leurs besoins en matière de mobilité. »

Le projet a franchi des étapes importantes, avec l’arrivée d’Alstom à un moment crucial où les études techniques détaillées sont en cours de finalisation. Les forces combinées et la vision commune d’AFC, de Metrokin et d’Alstom devraient permettre de mener à bien la phase de développement d’ici à la fin de l’année 2024, promettent les promoteurs du projet.

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En bref

AFC récompensée

 

Africa Finance Corporation a reçu le prix Panafrican Champion lors du CEO Forum Awards, qui s’est déroulé le 16 mai 2024 à Kigali, au Rwanda. Ce prix récompense « la contribution exceptionnelle » de l’AFC au développement et à l’intégration des infrastructures et des chaînes de valeur industrielles sur l’ensemble du continent africain, renforçant ainsi son rôle d’acteur central dans la promotion d’une croissance économique durable, commente un communiqué de la société.

AFC récompensée le 16 mai 2024.

 

Parmi les projets notables de l’année écoulée qui contribuent de manière significative à combler le déficit d’infrastructures de l’Afrique, citons le premier parc éolien de Djibouti, dont l’AFC est le principal promoteur et qui vise à faire de Djibouti le premier pays africain entièrement dépendant de sources d’énergie renouvelables.

Ainsi que le projet ferroviaire du corridor de Lobito, dont l’AFC est à nouveau le principal promoteur et qui travaille aux côtés des États-Unis, de l’Union européenne et des gouvernements de l’Angola, de la RD Congo et de la Zambie pour faciliter une logistique essentielle au traitement à valeur ajoutée et à l’industrialisation, en reliant les flux commerciaux entre l’océan Atlantique et l’océan Indien.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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