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African Business

WURI entre dans sa deuxième phase

Le programme WURI d’identification des personnes en Afrique de l’Ouest, testé en Côte d’Ivoire et en Guinée depuis 2018, s’étend au Togo, au Bénin, au Burkina Faso et au Niger. Financement de la Banque mondiale en soutien.

Par Laurent Soucaille 

Le Programme d’identification unique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI) reçoit un nouvel appui de la Banque mondiale. La BM vient d’approuver un financement de 273 millions de dollars, via IDA (Association internationale de développement) pour faciliter l’accès aux services à des millions de personnes. Sont visées en particulier les femmes et les catégories sociales les plus pauvres.

WURI aide à mettre en place des systèmes d’identification de base qui incluent toute personne présente physiquement sur le territoire de la Cedeao. Ce, indépendamment de sa nationalité, de sa citoyenneté ou de son statut juridique.

« Le Programme contribuera à améliorer l’accès aux services de base », se félicite la BM. Qui songe à la protection sociale et médicale, à la retraite ainsi qu’à l’inclusion financière et numérique, à l’autonomisation des femmes et des filles, et à la mobilité des travailleurs.

Au Togo par exemple, l’État attribuera à toute personne physique de nationalité togolaise ou résident dans le pays, un numéro d’identification unique sur la base de ses données démographiques et biométriques. Les données recueillies alimenteront une base de données centrale, fiable et sécurisée.

« Le programme WURI apportera aux pays des avantages considérables, tant au niveau national que régional », commente Deborah Wetzel, directrice de l’intégration régionale en Afrique à la BM. « Les systèmes d’identification numérique de base peuvent jouer un rôle important dans la prestation des services de protection sociale, de santé et d’inclusion financière. »

Ces systèmes sont plus importants que jamais en cette période de crise sanitaire. « Le Programme appuiera la prestation de services dans la Cedeao en permettant l’accès à une identification unique à toute personne sur le territoire et en facilitant des initiatives transfrontalières en reliant les systèmes nationaux. »

Ce financement est destiné à la deuxième phase du programme WURI qui inclue le Togo, le Bénin, le Burkina Faso et le Niger et concerne environ 65 millions de personnes. Chaque pays mettra en œuvre son système d’identification de base, selon ses besoins. Chaque État retiendra un nombre limité de critères afin d’assurer une identification unique pour chacun. Le programme WURI aidera à renforcer les cadres juridiques et institutionnels et dotera les systèmes d’identification « de base robustes ».

 Rendre visibles les invisibles de l’informel

« Il mettra en place des systèmes inclusifs et fiables garantissant la protection des données et dont la conception est axée sur l’être humain », explique la BM. L’institution s’appuie ses Principes d’identification pour le développement durable (Principes ID4D).

Revenant sur la pandémie de Covid-19 en Afrique, Dena Ringold, directrice régionale de la BM pour le développement humain, rappelle qu’« il est essentiel d’identifier et de fournir une protection sociale aux personnes employées dans le secteur informel. »

Ces personnes qui ne sont couvertes par aucun programme mais qui sont vulnérables et peuvent glisser dans la pauvreté. « Le programme WURI peut soutenir les systèmes d’assurance sociale pour le secteur informel, qui sont interopérables avec les registres sociaux et s’appuient au niveau régional sur des plateformes d’identification de base. » 

Le programme WURI, qui s’élève à 395,1 millions de dollars, a été inauguré en 2018 avec la Côte d’Ivoire et la Guinée dans sa première phase, et répond spécifiquement aux objectifs de développement humain. Le programme correspond également la Stratégie régionale de la Cedeao 2019-2023, qui vise à améliorer les conditions de vie des populations.

Ce programme est indépendant d’autres initiatives prises par chaque pays. Ainsi, répondant à une rumeur récente, la Banque mondiale rappelle qu’elle ne finance pas le processus de délivrance de Cartes nationales d’identité en Côte d’Ivoire Elle ne finance pas, dans le pays, la création de cartes d’identité biométriques avec puce.  

En revanche, le programme vient à point nommé pour le Togo, engagé dans la modernisation de son système d’identification. L’État recevra une aide de 72 millions de dollars. Elle permettra de poursuivre le projet d’identification nationale biométrique « e-ID Togo », une initiative de Faure Gnassingbé.

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