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African Business

Une décision historique du FMI qui en appelle d’autres

Le conseil des gouverneurs du FMI a approuvé une allocation générale de droits de tirages spéciaux, équivalente à 650 milliards de dollars. Cette opération permet d’accroître le niveau de liquidité dans le monde. D’autres initiatives sont à l’étude.

Par Kimberly Adams

Le FMI (Fonds monétaire international) a approuvé, dans la nuit du 3 août 2021, l’émission de 456 milliards de DTD (Droits de tirage spéciaux). Cette autorisation d’emprunt équivalente à 650 milliards de dollars signifie davantage de latitudes pour les pays qui en bénéficient, pour préparer la relance post-Covid, ou, à défaut, de limiter les dégâts économiques de la pandémie.

« D’autres options de réallocation doivent être analysées, comme des prêts de DTS aux banques multilatérales de développement afin de financer des prêts de long terme aux pays à faible revenu », juge-t-on au ministère français de l’Économie.

« Il s’agit d’une décision historique : la plus importante allocation de DTS de l’histoire du FMI et une bouffée d’oxygène pour l’économie mondiale en cette période de crise sans précédent », commente Kristalina Georgieva. La directrice générale du FMI précise que l’allocation de DTS profitera à tous les pays membres. « Elle répondra au besoin mondial de réserves à long terme, stimulera la confiance et renforcera la résilience et la stabilité de l’économie mondiale. Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s’emploient à surmonter les effets de la crise de la Covid-19. »

L’allocation générale de DTS entrera en vigueur le 23 août 2021 ; les droits nouvellement émis seront attribués aux pays membres proportionnellement à leur quote-part au FMI. Les pays émergents et les pays en développement, y compris ceux à faible revenu, recevront environ 275 milliards $ (soit environ 193 milliards de DTS) de la nouvelle allocation.

Le chemin ne s’arrête pas là : « Nous poursuivrons des échanges actifs afin de déterminer les options viables d’un transfert volontaire des DTS des pays plus riches aux pays plus pauvres et plus vulnérables pour les aider à se remettre de la pandémie et à réaliser une croissance résiliente et pérenne », révèle Kristalina Georgieva.

Par exemple, les pays membres ayant une position extérieure solide et qui n’ont pas de besoin urgent de recourir aux DTS pour eux-mêmes, pourraient y recourir pour augmenter les ressources du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Abonder ce fonds fiduciaire RPC accroîtrait l’offre de prêts aux pays à faible revenu. Ce fonds permet de financer une offre concessionnelle (prêt à taux très réduits ou nuls).

Un outil pour l’Afrique

Sachant qu’il existe d’autres solutions. L’une d’elles, étudiée par le FMI, consisterait à créer un « fonds fiduciaire pour la résilience et la viabilité » en vue de promouvoir une croissance plus résiliente et plus durable à moyen terme.

Les DTS « sont un mécanisme de financement adapté à l’Afrique, ils ne sont pas conditionnels : un pays peut utiliser les fonds selon ses propres projets », explique le politologue Gorden Moyo, cité par le journal zimbabwéen The Sunday Mail. « Ils arrivent à un moment où le pays est confronté à des problèmes de santé et aux impacts du changement climatique, donc s’il est correctement utilisé, nous pouvons changer des vies », considère l’ancien ministre des Entreprises, au Zimbabwe. Qui ajoute que les SDR devraient être déployés pour le développement des infrastructures, « un catalyseur économique clé ».

100 milliards $ pour l’Afrique

La plupart des pays poussaient à cette décision du FMI. La France, par exemple, salue « une allocation d’une ampleur historique » ; elle aidera tous les pays, en particulier les économies à faible revenu, à répondre à leurs besoins de réserves à long terme et à financer leurs dépenses d’urgence pour faire face à la pandémie.

Kristalina Georgieva

Évoquant l’étape suivante, à savoir l’utilisation des DTS des pays qui n’en ont pas besoin, le ministère français de l’Économie précise que « la France souhaite parvenir à un objectif total de 100 milliards $ pour l’Afrique ».

C’est pourquoi « Bercy » soutient les initiatives et pistes de réflexions du FMI décrites par sa directrice générale. « D’autres options de réallocation doivent être analysées, comme des prêts de DTS aux banques multilatérales de développement afin de financer des prêts de long terme aux pays à faible revenu. »

En effet, les besoins de financement auxquels font face de nombreux pays pour renforcer la réponse apportée à la pandémie sont très importants : 285 milliards $ pour le seul continent africain d’ici 2025, d’après les estimations du FMI. Aussi, « ces mesures doivent-elles être décidées le plus rapidement possible », juge le ministère français, qui rappelle l’échéance des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale et la prochaine réunion du G20, en octobre.

« Tous les pays n’ont pas les mêmes moyens pour faire face au choc économique sans précédent auquel ils sont confrontés », conclut le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Selon qui « nous devons à tout prix éviter la grande divergence entre pays développés et pays en voie de développement, c’est un enjeu économique et un enjeu politique ».

KA

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