Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

SouthBridge au cœur des accords entre OLAM et le Togo

La société de conseils en investissements SouthBridge, chère à Donald Kaberuka et Lionel Zinsou, détaille son implication dans les alliances entre l’État du Togo et le groupe singapourien OLAM.

Par Kimberly Adams

Olam International a finalisé le rachat – négocié de longue date – de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT). Le groupe de Singapour acquiert une participation majoritaire de 51% dans le capital de la NSCT pour une contrepartie de 15,3 millions d’euros.

Sa participation au capital s’effectue « sur une base sans trésorerie, sans dette et un fonds de roulement net de clôture d’environ 19,1 millions d’euros ». Par conséquent, « Olam paie un premium de 70% à la République togolaise pour cette acquisition », commente le facilitateur de l’opération, SouthBridge Group.

« Nous avons continué à négocier de manière très fluide en visioconférences, en réunissant les principales parties prenantes réparties sur quatre continents et cinq fuseaux horaires, parvenant à conclure ce mandat difficile en un temps record. »

L’État gardera une participation à hauteur de 24%, les 25% restant revenant à la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton du Togo (FNGPC-Togo). Olam précise que l’acquisition sera financée par une combinaison de régularisations internes et de facilités de crédit existantes.Le gouvernement du Togo tient à préciser que cette acquisition « ne répond ni à un souci d’amélioration de la trésorerie de l’État ni à un besoin de correction d’une quelconque mauvaise performance financière de cette société ».

Il est vrai que la NSCT se porte plutôt bien : la société a dégagé, en 2019, un résultat net de 4,6 milliards de F.CFA (7 millions d’euros). Selon les observateurs, cette privatisation s’inscrit davantage dans une vision de modernisation de la filière cotonnière, le gouvernement voulant inscrire le pays, à terme, au sein d’une chaîne de valeurs de la filière coton.

Le Plan national de développement (PND 2018-2022) prévoit d’ailleurs la maîtrise de la filière cotonnière, de la production à la transformation en produits finis ou semi-finis, à consommation directe ou intermédiaire.

Parallèlement, SouthBridge a conseillé le gouvernement togolais pour conclure un partenariat stratégique avec Olam International et Arise Special Economic Zone, sa filiale détenue conjointement avec l’Africa Finance Corporation.

Un développeur de zone

Dans ce cadre, l’État togolais et Arise avaient signé, le 8 juillet 2020, un premier accord créant une plateforme industrielle intégrée afin d’attirer des investisseurs et de développer des collaborations industrielles multisectorielles au sein du pays incluant la production et la transformation de produits agricoles au niveau local.

Conformément à l’accord, ce projet sera développé par une société privée, détenue et exploitée par l’État du Togo (35%) et Arise (65%) sous le nom de Platform Industrial Adétikopé SAS (PIA SAS). La société sera considérée comme un développeur de zone, au sens de la législation togolaise sur les zones franches industrielles. L’investissement total dans le projet est de 200 millions d’euros.

Sani Yaya, ministre de l’Économie et des finances « se réjouit » du soutien apporté par SouthBridge pour la réalisation de ces deux opérations. Lesquels sont au cœur du PND et de la Feuille de route du gouvernement.  « L’engagement et le professionnalisme de l’équipe de SouthBridge ont été déterminants pour la réussite de ces deux transactions malgré la crise sanitaire », poursuit le ministre. Qui voit dans l’opération « une nouvelle fois la preuve de l’attractivité de l’économie togolaise ».

De son côté, Donald Kaberuka, président et Managing Partner de SouthBridge Group, considère que ces opérations « marquent une étape importante pour le Togo et son partenaire Olam ». L’ancien patron de la Banque africaine de développement distingue « un changement décisif dans la transformation économique du pays et de son industrie cotonnière et textile ». Aussi, conclut-il, ce partenariat entre Olam, acteur mondial de l’agro-industrie, et du Togo est « de bon augure pour l’avenir économique du pays ».

Son partenaire Lionel Zinsou, confirme : « Notre implication dans ces opérations correspond pleinement à l’ambition de SouthBridge. » Qui entend contribuer « à accélérer l’émergence de l’Afrique et du Togo dans le cas présent, qui se placent en première ligne à travers ces deux transactions ».

« Des effets transformateurs »

Lesquelles démontrent « combien il est crucial pour nos pays d’avoir une vision englobant toute la chaîne de valeur, de la production à l’industrialisation, pour capter la valeur ajoutée et construire la croissance future », explique l’ancien Premier ministre du Bénin.

Enfin, Frannie Léautier, Senior Partner de SouthBridge, revient sur les coulisses de ce partenariat public-privé « qui aura des effets transformateurs » en matière de développement : « Lorsque nous avons commencé à travailler sur ces deux opérations complexes, la pandémie a frappé », rappelle l’universitaire tanzanienne.

« Nous avons continué à négocier de manière très fluide en visioconférences, en réunissant les principales parties prenantes réparties sur quatre continents et cinq fuseaux horaires, parvenant à conclure ce mandat difficile en un temps record, effectué à 100% de manière dématérialisée. », a-t-elle ajouté.

KA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts