Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

Sans bruit, le coworking fait son chemin

Les initiatives se multiplient en matière d’espaces collaboratifs, en Afrique. Y compris dans des pays peu réputés pour la création d’entreprise. Les géants du secteur s’adaptent à la demande locale, et à celle de leurs clients étrangers et de la diaspora.

Par Laurent Soucaille 

Le paradoxe n’est qu’apparent. Les lieux de travail partagé (coworking) se développent en Afrique, y compris dans des pays jugés peu dynamiques, comme le Tchad ou le Soudan du Sud. En effet, ces espaces sont une des solutions à l’un des maux du continent : les coupures d’électricité.

WeWork va accepter les paiements dans certaines cryptomonnaies. En partenariat avec BitPay et Coinbase, le leader du coworking va étendre sa flexibilité en utilisant les monnaies virtuelles pour les transactions entrantes et sortantes.

Ils offrent des espaces sûrs, climatisés, au mobilier fonctionnel, où l’énergie est approvisionnée sans délestage, où la connexion à l’Internet peut également être partagée facilement, en haut débit. Pour la jeune entreprise, cette solution évite aussi la recherche d’un local et la négociation d’un bail.

Ces colocations représentent une opportunité pour le marché immobilier, même si, à court terme, cette solution est pénalisée par les règles sanitaires dues à la pandémie de coronavirus. Pourtant, cette solution reste encore méconnue sur le continent et au-delà. Une volumineuse étude sur le potentiel du coworking, publiée ce mois-ci par market.biz, ignore l’Afrique, ne mentionnant que la Tunisie et l’Afrique du Sud.

Au Tchad, par exemple, le coût de location, le coût de l’accès à l’électricité et coûts annexes représentent un budget conséquent, pour les entreprises innovantes ou en création. À l’initiative d’une ONG néerlandaise, Woord end Daad, l’entreprise tchadienne Job Booster Chad a créé à N’Djaména un espace de travail dédié aux entrepreneurs, travailleurs indépendants et aux professionnels de tous métiers, baptisé « Khidimé Space ».

Job Booster souhaite s’inspirer de la référence mondiale dans ce domaine, WeWork. L’entreprise tchadienne entend ouvrir, dans les deux ans, plusieurs bureaux à N’Djaména. Elle décline son offre en trois formules, de l’abonnement ponctuel au statut de membre régulier.

Au Soudan du Sud, l’organisation Share Zone offre des locaux sécurisés, où l’on peut travailler en toute sérénité, à El Fascher, en plein cœur du Darfour. Ces lieux servent aussi de plateformes réelles d’échanges d’informations entre jeunes diplômés, sans entrave, dans un pays où les jeunes se méfient des propos tenus dans les universités.

Une demande fortement croissante

Les leaders du secteur, comme WeWork et Regus, représentent une aubaine pour les entrepreneurs africains qui veulent travailler avec des partenaires américains ou européens, ainsi qu’avec les Africains de la diaspora. Il est plus aisé de passer par la même compagnie pour louer un espace de travail un jour à Casablanca, le lendemain à Paris ou Berlin… C’est ainsi que Regus intensifie sa croissance en Afrique, depuis deux ans. D’abord dans l’optique d’accompagner ses grands clients internationaux, avant de dédier une offre aux PME et aux jeunes pousses.

« La demande est croissante depuis 2018, de la part de nos clients occidentaux ou du Moyen-Orient, pour trouver des locaux en Afrique, c’est pourquoi nous cherchons à accroître notre portefeuille dans toutes les villes importantes et dans tous les pays », commente Tarek Abou-Zeinab, directeur Afrique de Regus, au micro de RFI. « Nous permettons aux PME et aux jeunes pousses de commencer une activité à moindres frais ; nous leur fournissons une adresse, une bonne localisation, ainsi que des services de secrétariat », poursuit le représentant de la société basée au Luxembourg.

Regus vient de confirmer son implantation à Lomé II, dans un espace de 1000 m2, offrant 160 postes de travail, des salles de réunion privées, un salon d’affaires, etc. Outre au Togo, la société étudie son implantation prochaine en Libye, en Guinée et au Gabon. De plus, Regus – et sa holding IWG – recherche des partenaires franchisés pour capitaliser l’importante demande d’espaces de travail flexibles à travers l’Afrique. 

Ces multinationales, particulièrement prisées de la diaspora africaine, permettent aux entrepreneurs de se concentrer sur leur cœur de métier et de se tenir à la pointe de la technologie.

À ce propos, WeWork va désormais se mettre au service d’une nouvelle économie en acceptant les paiements dans certaines cryptomonnaies. En partenariat avec BitPay et Coinbase, la société va étendre sa flexibilité en utilisant ces monnaies virtuelles pour les transactions entrantes et sortantes. Par l’intermédiaire de BitPay, un fournisseur de services de paiement en cryptomonnaies, WeWork acceptera le Bitcoin, l’Ethereum, l’USD Coin, le Paxos et plusieurs autres cryptomonnaies comme paiement de ses offres.

WeWork détiendra également la monnaie dans son bilan. L’entreprise paiera les bailleurs et les partenaires tiers en cryptomonnaies, le cas échéant, par le biais de Coinbase, un membre de WeWork et la plus grande plateforme américaine de transactions en cryptomonnaies. En outre, Coinbase sera le premier membre de WeWork à utiliser des cryptomonnaies pour payer son adhésion à WeWork.

En 2020, la société a digitalisé son portefeuille immobilier avec la sortie de ses produits WeWork All Access et WeWork On Demand, permettant aux membres de choisir quand, où et comment ils travaillent. « Alors que notre base de membres continue de croître dans le secteur de la Fintech, il en sera de même pour notre capacité à nous adapter à leurs besoins et à servir une nouvelle économie », se félicite le PDG Sandeep Mathrani. Qui conclut : « Il est tout à fait logique pour nous d’étendre les options que nous offrons en ajoutant les cryptomonnaies comme une forme de paiement acceptée pour nos membres. »

LS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts