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African Business

Sahel : Fédérer les idées inspirantes

Vingt-cinq actrices et acteurs venus de huit pays d’Afrique partageront, durant plusieurs mois, leurs expériences et leurs projets, dans un esprit collaboratif. Leur but : construire un récit collectif souhaitable pour la région.

Par Kimberly Adams 

Une initiative originale, à l’heure où les entreprises privées et organismes internationaux ne jurent que par « le partage d’expérience ». L’AFD (Agence française de développement), les Ateliers de la pensée, et l’Institut des futurs souhaitables lancent la première édition du parcours « Sahélien.ne.s 2040 ». Réunis par le parrain du programme, Felwine Sarr, 25 participants vont tenter une expérience unique d’échanges, durant huit mois.

Le programme propose d’intégrer une communauté engagée d’actrices et acteurs du changement sahéliens au sein de laquelle chacun partage ses compétences et ses savoirs, tous collaborent, dans une dynamique au long cours.

« Sahélien.ne.s 2040 » rassemble une communauté d’actrices et acteurs du changement, venant de huit pays, qui cultivent le désir de contribuer à « l’invention d’un Sahel différent en s’impliquant dans un collectif inspirant, participatif et durable », expliquent ses promoteurs.
 
Jusqu’en juin 2021, les 25 participants sélectionnés prendront part à des classes virtuelles ainsi qu’à deux ateliers – si les conditions sanitaires le permettent –, pour écrire collectivement un « récit souhaitable » de leur Sahel à horizon 2040. Les sessions articuleront inspiration, échanges et collaboration avec diverses personnalités, dans le but de comprendre et explorer collectivement les questions sahéliennes.

Ce parcours entend fédérer une communauté vivante d’acteurs sahéliens du changement et faire émerger des projets concrets collectifs et transfrontaliers. Une attention particulière est portée à la diversification des secteurs représentés : culture et audiovisuel, citoyenneté et jeunesse, agriculture et ruralité, recherche, santé, sport, urbanisme. Les 25 Sahéliens sont aussi bien en responsabilité dans des administrations que des influenceurs, artistes et intellectuels-chercheurs. 

Au Sahel, où le chemin est, de longue date, balisé par une réalité quotidienne complexe et lourde, un exercice de prospective positive semble plus que jamais utile pour redonner confiance dans le futur. « Fonder une utopie, ce n’est point se laisser aller à une douce rêverie, mais penser des espaces du réel à faire advenir par la pensée et l’action », considère Felwine Sarr. 

Une communauté engagée

Il s’agira de s’inspirer et éveiller les consciences sur des sujets clés pour l’avenir du monde et de la région, à travers des interventions de haut niveau, « par ceux qui pensent demain dès aujourd’hui », précise la plaquette de présentation. Les échanges permettront de découvrir les méthodologies innovantes de la prospective positive, de la créativité, de l’intelligence collective pour penser l’avenir hors du cadre.

Les participants, mais également ceux qui suivent leur parcours, pourront acquérir des compétences mobilisables, au-delà du programme, au service de leurs propres organisations professionnelles, de leurs projets et de leurs communautés. Ils devront construire ensemble un ou plusieurs projets concrets, multi-acteurs et transfrontières, et les présenter à un public de décideurs et de financeurs institutionnels.

Le programme propose d’intégrer une communauté engagée d’actrices et acteurs du changement sahéliens au sein de laquelle chacun partage ses compétences et ses savoirs, tous collaborent, dans une dynamique au long cours. Chaque année une nouvelle promotion de 25 Sahéliennes et Sahéliens sera invitée à rejoindre cette communauté grandissante.

Après les premiers échanges et prises de connaissances, d’ici la fin de l’année, des classes virtuelles se tiendront en janvier et février 2021. Puis, à Dakar, se déroulera sur cinq jours un premier atelier consacré aux enjeux systémiques du Sahel. Un autre atelier est prévu en juin, à Ouagadougou, afin de rencontrer l’écosystème sahélien et présenter les projets.

Les premiers participants représentent douze secteurs d’activité différents. Ainsi, Charlemagne Abissi (Burkina Faso) travaille à Savane Médias, il est spécialiste de la presse audiovisuelle et du cinéma. De son côté, Aminatou Daouda Hainikoye (Niger) œuvre à Care International. Son expérience en matière de droits humains sera sans doute précieuse. Tout comme sera écoutée l’expérience de la lutte contre les violences de Coulibaly Kani Diabate, membre du cabinet du ministère malien de la Défense.

Pour sa part, Ndeye Diop Diow Gueye est une spécialiste des infrastructures et du transport, au Sénégal. Où elle milite au sein d’une association de lutte pour les droits des enfants. On retrouve aussi Adam Dicko, « activiste » réputée dans la défense des droits, au Mali. Ainsi que Amane Youssouf Rahma (Tchad), créateur de structures d’accompagnement des entrepreneurs. Un espoir : que leurs palabres débouchent sur des actes inspirants et concrets pour le Sahel !

KA

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