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African Business

Réussir la ZLECAf, pour les jeunes et les femmes

À l’occasion de la naissance de la Zone de libre-échange continentale africaine, l’Union africaine publie une étude détaillant les arguments en faveur de l’initiative panafricaine. Laquelle ne sera rien si elle ne s’accompagne pas de réformes économiques en profondeur, dans chaque pays. Extraits.

Par Kimberly Adams

La pandémie la Covid-19 a retardé la préparation du début des échanges commerciaux dans le cadre de la ZLECAf. Mais elle a mis en évidence le rôle potentiel que ce projet pourrait jouer pour générer une reprise et une croissance durable.

La production dans les industries à forte intensité de main-d’œuvre comme le textile, l’habillement et le cuir devrait augmenter. Ces secteurs emploient davantage de femmes. Et les salaires des femmes devraient augmenter plus rapidement que ceux des hommes dans presque toutes les régions du continent.

Voilà qui est essentiel si l’Afrique veut être en mesure de relever le défi démographique consistant à intégrer ses 252 millions de jeunes (âgés de 15 à 24 ans) dans des activités productives, tout en réalisant des progrès dans l’égalité des sexes.

Telle est la conviction de l’Union africaine, qui compile dans une étude l’ensemble des arguments favorables au libre-échange en Afrique. Au-delà des arguments économiques, le rapport fournit des études de cas par activité et par pays, tous supposés bénéficier, tôt ou tard, de l’abaissement des barrières tarifaires et non tarifaires.

Au cours des années 2020, la ZLECAf fera partie de l’effort de relance. En exploitant au mieux le nombre et la qualité d’emplois requis par la démographie africaine, le commerce est le moyen le plus fiable d’une croissance durable et inclusive. Le commerce libéralisé offre un contexte et une incitation à la restructuration des économies africaines par la diversification, la promotion du commerce intra-régional et une intégration meilleure et plus stable dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

La ZLECAf s’appuie sur les marchés régionaux des CER (Communautés économiques régionales) pour fournir une base de la croissance des TPME (Très petites, petites et moyennes entreprises) informelles en Afrique. Ces entreprises fournissent déjà l’essentiel des emplois et des revenus.

Dès lors, le projet présente une opportunité pour des réformes à l’échelle du continent afin de réduire les coûts du commerce, réduire l’épaisseur des frontières et améliorer l’efficacité de la gouvernance commerciale. Bien que la ZLECAf ne soit pas une solution miracle, son impact devrait s’étendre au-delà du domaine immédiat de la réforme commerciale.

S’il est bien mené, le projet peut aider à façonner la réponse de l’Afrique aux grandes tendances mondiales attendues au cours des années 2020. Alors que les gouvernements prennent des mesures pour mieux se préparer aux futures pandémies, le marché continental libéralisé fourni par la ZLECAf présente une opportunité pour la production locale de produits pharmaceutiques et de fournitures de soins de santé.

On voit que les « accords verts » encadrent de plus en plus les politiques publiques, qui exigent que le commerce et les investissements soient respectueux du climat. Ici, la ZLECAf fournit un cadre prêt à l’emploi pour des stratégies de croissance verte coordonnées entre les pays africains.

De gros efforts à consentir

De même, alors que les entreprises recherchent des gains d’efficacité grâce à la numérisation, à la faveur de technologies accessibles et abordables, la ZLECAf peut aider à garantir la cohérence des politiques sur des questions telles que la concurrence numérique, la gouvernance des données et la taxation des produits et services numériques.

Alors que les flux d’aide étrangère continuent de baisser et que les pays donateurs ont d’autres priorités budgétaires, le commerce est – et continuera d’être – la plus grande source de flux de revenus publics et privés vers les pays africains.

À n’en pas douter, l’intégration des marchés fragmentés de l’Afrique, en créant une zone d’échanges préférentiels pour les biens et les services exige de gros efforts. De nouvelles négociations sont prévues pour établir des protocoles sur l’investissement, les droits de propriété intellectuelle, la politique de la concurrence et le commerce électronique.

En fonction de l’engagement des pays africains, des gains positifs peuvent être attendus pour le PIB, les exportations, le commerce intra-africain et sa composition sectorielle d’ici 2040. Un scénario gagnant-gagnant est envisageable car les gains profiteront aussi bien aux pays les moins avancés du continent qu’aux pays en développement. La perte de recettes tarifaires devrait être modeste et compensée par des gains de bien-être général.

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