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African Business

Réfléchir à l’endettement du continent

Un panel de personnalités rejoint le cercle A New Road qui se propose de réfléchir aux moyens d’organiser le financement de l’Afrique, dans un contexte de relance économique et d’endettement croissant.

Par Aude Darc

Créé durant l’été 2020, « A New Road » prendra son rythme de croisière en avril 2021. Ce cercle de réflexion a été constitué autour de la question de la dette, à l’initiative de Nicolas Jean, associé et membre du comité exécutif du cabinet d’avocats Gide.

Il est plus que jamais nécessaire d’investir massivement dans des infrastructures de santé, d’éducation et de transports. Tout cela nécessite des dépenses importantes. « Dans ces circonstances, l’augmentation de la dette est normale et l’endettement n’est pas forcément négatif », juge Nicolas Jean.

Rejoint par la société de conseils en gouvernance Global Sovereign Advisory, d’Anne-Laure Kiechel. A new Road (pour « Round-Table On African Debts ») est le premier cercle de réflexions dédié aux dettes publiques africaines. Il est composé de membres, de nationalités, de générations et d’industries différentes. Leur objectif commun, précise Gide, et de vouloir « changer de paradigme concernant les questions de financement des économies du continent » et de « proposer un cadre de réflexion sur le traitement et la structuration des dettes ».

Face à la crise de la Covid-19 et à ses conséquences sanitaires et économiques, A new ROAD s’est construit autour d’une conviction forte, « celle de respecter et de renforcer la souveraineté des États africains ». Les membres ont choisi de se réunir pour concevoir des propositions concrètes œuvrant à l’accès au financement des économies africaines à des conditions justes et adaptées au service de la mutation des économies, de l’industrialisation et du financement d’investissements créateurs de valeur. Le cercle s’est structuré comme une organisation à but non lucratif et apolitique.

Le lancement officiel de cette initiative aura lieu le 21 avril 2021 à Abidjan, Côte d’Ivoire, à l’occasion d’une conférence de presse, que l’on pourra suivre en ligne [https://forms.gle/KRxCHs6aj4uU3mjV7]. L’une des premières échéances du Think Tank sera le sommet sur le financement des économies africaines qui se tiendra le 18 mai 2021 à Paris.

La première liste de membres est composée de 24 personnalités. Aussi bien des politiques africains, comme Siandou Fofana, ministre du Tourisme et des loisirs en Côte d’Ivoire, Sandra Ablamba Johnson, secrétaire générale de la Présidence du Togo, Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des finances au Bénin…

Il compte des économistes réputés, comme l’ancien ministre Kako Nubukpo, des financiers comme Hamet Aguemon (Southbridge) ou Stanislas Zeze (Bloomfield Investement). Ainsi que des institutionnels comme Félix Edoh Kossi Amenounve (BRVM), Sidi-Mohamed Dhaker (Banque centrale de Mauritanie). On retrouve aussi des représentants de l’industrie privée, comme Ghislane Guerida (OCP).

Une dette bienvenue, mais inégalitaire

La France est représentée par les anciens ministres Hubert Védrine et Najat Vallaud-Belkacem, ainsi que par Wilfrid Lauriano do Rego, coordonateur du Conseil pour l’Afrique auprès du président Macron.

Nicolas Jean rappelle le contexte de la création du cercle de réflexion. Il déplore qu’en Afrique, le coût de l’endettement public constitue un handicap, tandis que les taux d’intérêt sont très faibles dans les pays occidentaux. À niveau d’endettement ou de croissance comparable, l’émission commerciale de dette souveraine en Afrique reste même plus coûteuse et les taux plus élevés qu’en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine. « Soit une prime de risque négative sans justification », constate l’avocat.

Cette prime se constate autant sur les marchés obligataires des dettes souveraines que dans le financement des projets privés ou des partenariats publics privé. « Les mauvaises conditions comparées de financement constituent un frein, y compris pour les projets potentiellement rentables pourtant aujourd’hui nombreux. »

Pour autant, avec la pandémie, il est plus que jamais nécessaire d’investir massivement dans des infrastructures de santé, d’éducation et de transports. Tout cela nécessite des dépenses importantes. « Dans ces circonstances, l’augmentation de la dette est normale et l’endettement n’est pas forcément négatif », juge Nicolas Jean.

Dans ce contexte, A New ROAD se propose de fournir un cadre de réflexion, refusant d’emblée de jouer le rôle de lobbyiste. Ses promoteurs considèrent que les différents professionnels restent souvent cantonnés dans des cercles restreints propres à leur activité (Bourse, financement, politique, etc.) et croisent rarement leurs expériences.

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