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African Business

Port de Kribi : Un repreneur pour le terminal polyvalent

L’État camerounais a accordé au groupe philippin ICTSI le contrat de concession du terminal polyvalent du port autonome de Kribi. La fin d’un feuilleton de trois ans.

Par Kimberly Adams 

Les « Très hautes instructions » du chef de l’État ont été reçues par le directeur général du port autonome de Kribi (PAK), Patrice Melom. Paul Biya, par l’entremise de son ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence, autorise les autorités portuaires à signer le contrat de concession pour le terminal polyvalent du PAK.

L’heureux élu est International Container Terminal Service (ICTSI). La société philippine avait été déclarée adjudicataire de l’appel d’offres international lancé en 2019.

Les termes commerciaux de l’accord entre le port autonome de Kribi, le montant des investissements nécessaires, les sommes versées à l’État, ne sont pas encore connus.

Le port de Kribi, situé au sud du Cameroun, compte plusieurs terminaux. Le nouveau concessionnaire conduira ses activités au terminal polyvalent, dans la même zone portuaire que le groupe Bolloré qui gère déjà depuis des années, le terminal à conteneurs.

Cette acquisition, décidée le 4 juin, clos un feuilleton de plusieurs années, qui a pris sa source dans la déconfiture du groupe français Necotrans. Dont une partie des activités africaines a été reprise par le groupe Bolloré.

En septembre 2018, le gouvernement avait publié la short-list des cinq sociétés ou groupement autorisés à poursuivre la compétition, après avoir rejeté cinq candidats au fil des mois.

Y figurait le consortium conduit par le port d’Anvers, première plateforme portuaire de Belgique et deuxième en Europe. Les quatre autres concurrents étaient : Coega Developement Corporation-Transnet, Marsa Maroc-AIIF3, Medlog-Wide Resources Ltd. Et donc International Container Terminal Services, qui l’emporte.

La carence de Necotrans

ICTSI va donc remplacer Necotrans et ses associés camerounais, des transitaires, des manutentionnaires, des agents maritimes. Le groupe français alors l’un des leaders mondiaux de la logistique, avait été retenu en 2014. Avant d’être déclaré « défaillant » par les autorités camerounaises en janvier 2018.

On se souvient qu’à l’issue d’un appel d’offres lancé en mai 2014, Necotrans et le consortium Kribi Port Multi Operators (KPMO) regroupant neuf opérateurs camerounais ont été désignés adjudicataires du contrat. Aux partenaires d’exploiter le terminal polyvalent du port en eau profonde de Kribi et d’en assurer la maintenance.

Le contrat signé prévoyait alors une concession de vingt ans et des investissements de 26,2 millions d’euros (près de 17,2 milliards de F.CFA) et des redevances versées à l’État camerounais par le consortium Necotrans-KPMO.

Face aux difficultés financières de Necotrans, tombé en faillite, la présidence de la République avait, en juillet 2017, enjoint le gouvernement de « constater la carence du groupement Necotrans-Kpmo et de proposer, par la suite, des solutions alternatives pour un démarrage rapide des activités » sur le terminal polyvalent du port en eau profonde de Kribi.

KPMO est désigné par l’autorité portuaire dans le cadre d’une régie en 2018, pour une période transitoire de deux ans. Ce contrat arrivé à expiration au cours de cette année 2020, instruction est donnée au PAK de signer avec un autre partenaire, en l’occurrence. Les termes de l’accord commercial et les conditions fiscales entre la société philippine, le port, et l’État, ne sont pas encore dévoilés.

Le terminal polyvalent du port de Kribi, qui accueille des marchandises sans conteneurs, a une capacité nominale d’hébergement de 1,2 million de tonnes de produits par an.

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