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Paul Biya suspend la taxe sur les terminaux informatiques

À la demande de Paul Biya, le gouvernement suspend la taxe sur les téléphones et tablettes. Cette réforme avait entraîné une vague de protestations dans le pays, ces dernières semaines, tant des consommateurs, des commerçants, que des opérateurs de téléphonie.

Par Kimberly Adams

Un texte signé par les ministres des Finances et des Postes imposait au consommateur camerounais de payer, à compter du 15 octobre 2020, d’importants droits des téléphones et terminaux non dédouanés. Soit 33% du prix sortie usine des téléphones et tablettes.

Cette réforme devait répondre à la mauvaise organisation des importations de ces terminaux, qui échappent à l’administration fiscale. Son annonce a entraîné une vague de mécontentements qui touche aussi bien les consommateurs que les opérateurs de téléphonie, sans compter les commerçants et importateurs.

« Nous pouvons capitaliser sur les expériences couronnées de succès pour développer une solution alternative de collecte de taxes et droits de douane sur les terminaux mobiles, sans pour autant handicaper les entreprises de téléphonie mobile », considère l’Association des opérateurs.

Dans une correspondance adressée le 19 octobre 2020 au secrétaire général des services du Premier ministre, le secrétaire général de la Présidence a transmis au gouvernement l’instruction du chef de l’État de suspendre l’application de la réforme fiscale. Paul Biya attend désormais que le gouvernement lui propose « un mécanisme plus approprié de recouvrement desdits droits de douane et autres taxes ».

Cette demande est de nature à calmer la colère des opérateurs, et celle des consommateurs, en attendant une nouvelle proposition fiscale. L’affaire avait pris une dimension politique. Par exemple, Cabral Libii, le leader du Parti camerounais pour la réconciliation nationale, avait appelé à une marche contre la réforme. S

aluant sa suspension, il renouvelle son appel au gouvernement pour la recherche d’« autres voies » visant à renflouer les caisses de l’État, notamment par la suppression de niches fiscales.

Particulièrement active dans ce dossier, l’Association des opérateurs de téléphonie mobile du Cameroun (AOTMC), avait adressé au gouvernement un copieux mémorandum, afin d’appuyer sa requête de suspension de la taxe. Elle souhaite toujours « la reprise de travaux entre les parties prenantes pour adresser les problématiques identifiées de manière consensuelle et bénéfique ».

Augmenter l’assiette fiscale

Selon les statistiques officielles, jusqu’ici moins de 100 millions de F.CFA étaient collectés par mois à l’importation des téléphones. Pourtant, quelque 4 millions de téléphones et terminaux numériques sont écoulés sur le marché camerounais, chaque année.

L’une des pierres d’achoppement du projet résidait dans la création d’une plateforme de collecte de la taxe, à laquelle les opérateurs de télécoms sont contraints de se connecter. Ladite plateforme étant gérée par la société Arintech, qui suscite autant la défiance des opérateurs qu’elle recueille la confiance du gouvernement.

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Written by Par Kimberly Adams

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