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African Business

Ouverture du capital de Djibouti Telecom

Le gouvernement cherche un partenaire industriel pour Djibouti Telecom, opérateur historique du pays. Si le marché domestique est réduit, il offre néanmoins un potentiel, tandis que la position stratégique de Djibouti pourrait attirer une compagnie étrangère.

Par Kimberly Adams

La nouvelle était attendue depuis quelques semaines. Djibouti ouvre la voie à une privatisation partielle de l’un de ses fleurons, Djibouti Telecom. Lors du Conseil des ministres du 11 juillet, le gouvernement a adopté un projet de loi encadrant les cessions, partielles ou complètes, des participations de l’État dans le capital des entreprises publiques.

Pour le président Ismaïl Omar Guelleh, il est urgent «d’accélérer le rythme des réformes concernant les entreprises du secteur public, pour mieux faire face à la concurrence, et pour qu’elles participent pleinement à l’effort national d’émergence et de financement du développement»

Dans ce contexte, le gouvernement a pu annoncer l’ouverture du capital de l’opérateur national historique Djibouti Telecom à un investisseur privé. L’État proposera une part « minoritaire et significative » de son actionnariat à un partenaire stratégique de premier plan.

Des rumeurs selon lesquelles le gouvernement souhaiterait privatiser jusqu’à 49% de l’opérateur circulent depuis plusieurs années, mais la restructuration au sein de l’entreprise a toujours empêché toute opération sur son capital.

Pour le gouvernement, cette ouverture du capital de Djibouti Telecom constitue « un signe fort et supplémentaire » de sa volonté de mener « une politique volontariste de modernisation de l’économie du pays, d’accroître la compétitivité globale et d’optimiser la gouvernance et la gestion des entreprises publiques ».

L’État va s’assurer les services de cabinets de conseil de renommée internationale, afin de mener avec rigueur et transparence le processus d’ouverture du capital, dans le cadre d’un appel d’offres avec mise en concurrence.

Depuis vingt ans, Djibouti met en œuvre un ambitieux projet de développement, ayant pour objectif de devenir une passerelle logistique et de services entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Ce petit pays d’un million d’habitants – donc au marché domestique étroit – se trouve en plein cœur d’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde.

Dans ce contexte, Djibouti Telecom occupe une position stratégique pour connecter la sous-région, le continent et le reste du monde. Elle dispose d’actifs télécoms compétitifs, dont un réseau 4G, ainsi que d’importantes infrastructures d’atterrissages de douze câbles sous-marins de grande capacité (AAE-1, SMW5, Dare 1, etc.).

De son côté, Djibouti Telecom compterait plus de 400 000 abonnés à son réseau mobile. Le cadre juridique de cette opération, le potentiel de croissance du marché local, la stratégie de hub, de connectivité internationale et régionale et le développement de nouvelles activités (Data centers et Mobile money…) offrent une perspective attractive sur le long terme, suppose le gouvernement.

L’État resterait majoritaire

Selon lequel cet appel à un partenaire doit se traduire par des retombées positives pour les citoyens et les entreprises djiboutiennes : optimisation de l’offre et des prestations de l’opérateur, accès à des services voix et données aux meilleurs standards internationaux, entre autres.

Cette ouverture s’inscrit également dans la volonté de Djibouti de soutenir et de développer rapidement un écosystème cohérent lié à l’économie numérique et aux nouvelles technologies dont Djibouti Telecom sera l’un des acteurs majeurs.

L’État djiboutien promet de demeurer un actionnaire majoritaire et engagé auprès de l’entreprise ; il proposera un cahier des charges précis au partenaire privé. Il s’engage également à renforcer ses capacités de régulation du secteur et à s’assurer de la préservation des intérêts stratégiques du pays. Le gouvernement n’a pas communiqué sur les conditions financières de cette privatisation partielle ni sur les sommes qu’il entend recueillir à cette occasion.

Lors de ce Conseil des ministres, le président Ismaïl Omar Guelleh a souligné l’urgence « d’accélérer le rythme des réformes concernant les entreprises du secteur public, pour mieux faire face à la concurrence internationale et régionale, et pour qu’elles participent pleinement à l’effort national d’émergence et de financement du développement ».

Djibouti rejoint ainsi dans cette libéralisation d’autres pays d’Afrique de l’Est. L’Éthiopie voisine a lancé la privatisation partielle (40% du capital) de son opérateur historique, Ethio Télécom. Le processus de réception des candidatures, entamé le 15 juin, doit d’ailleurs s’achever cette semaine.

À travers l’introduction de la concurrence, l’objectif est d’améliorer l’accès des populations aux services télécoms, la qualité des services et le coût des prestations offertes. Le processus verra donc deux nouveaux acteurs entrer sur le marché pour la première fois, le premier étant un consortium dirigé par Safaricom.

KA

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