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African Business

Nouveaux financements pour Prosper Africa

Sans attendre un changement de Président outre-Atlantique, le programme Prosper Africa accentue ses projets d’investissements. L’initiative veut s’éloigner de l’Aide au développement classique et susciter les partenariats privés.

Par Marie-Anne Lubin

Le programme américain Prosper Africa étend sa toile en Afrique. L’USAID (Agence américaine pour le développement international) annonce une extension de cette initiative phare de l’administration Trump, en matière d’investissements et de commerce.

Son directeur par intérim, John Barsa, a confirmé que ce nouveau programme pouvait financer jusqu’à 500 millions de dollars sur cinq ans, sous réserve de la disponibilité des fonds.

Il offrira des services de soutien nouveaux et élargis pour accroître considérablement les échanges et les investissements bilatéraux entre l’Afrique et les États-Unis. « Pour chaque dollar de financement public, Prosper Africa devrait mobiliser plus de 9 $ d’investissements privés, ce qui générera des milliards de dollars d’exportations et d’investissements et créera des centaines de milliers d’emplois africains et américains d’ici 2026 », calcule-t-il.

À son sens, cette initiative n’est pas qu’un nouveau programme. Elle « constitue une nouvelle façon de faire des affaires qui augmentera considérablement » l’engagement des États-Unis dans la croissance de l’Afrique, en tirant parti des ressources du secteur privé et de l’innovation.

Avec Prosper Africa, la relation entre les États-Unis et l’Afrique évolue d’une approche basée sur l’aide « à un véritable partenariat dans le commerce et l’investissement – basé sur la dignité, l’égalité, le respect mutuel et la rentabilité ». L’objectif est de relier les entreprises américaines et africaines à de nouvelles opportunités commerciales.

La BRVM veut attirer les Américains

La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et la Chambre de commerce américaine en Côte d’Ivoire (Amcham-CI) ont créé un cadre formel de collaboration à travers la signature d’un mémorandum d’entente en vue de la promotion de la Bourse de l’Uemoa auprès des investisseurs américains.

Cette entente vise à mener des activités communes de promotion du marché financier régional auprès d’investisseurs internationaux, notamment américains. Elle vise à sensibiliser les entreprises membres de l’Amcham Côte d’Ivoire aux opportunités offertes par la Bourse.

Les partenaires mèneront des actions de développement du marché boursier pour soutenir les économies des pays d’Afrique de l’Ouest.
Pour ce faire, la BRVM met déjà à disposition de l’Amcham des données de Bourse afin d’alimenter son site web, tandis que des newsletters sont diffusées auprès des investisseurs américains.

Le nouveau programme de l’USAID, qui sera lancé au début de 2021, fera progresser les objectifs de l’initiative Prosper Africa du gouvernement américain, en augmentant le commerce, en stimulant les investissements et en favorisant un climat commercial sain. « Grâce à une approche à l’échelle du continent, avec des bureaux satellites qui appuieront l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, ce nouveau programme fournira des services bien coordonnés et alignés sur les besoins du secteur privé », poursuit le responsable.

Le programme complétera les autres outils du gouvernement américain pour le commerce et l’investissement grâce à des services personnalisés – du conseil aux entreprises et de la facilitation des transactions aux interventions politiques ciblées.

Un impact significatif

Se substituant à l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), Prosper Africa mobilise tous les services d’appui du gouvernement américain au commerce et à l’investissement, dans les 17 ministères et organismes fédéraux participants, pour aider les entreprises et les investisseurs américains et africains à identifier des partenaires, à faire progresser les opportunités et à conclure des accords.

« On peut dire que l’approche de Prosper Africa a un impact significatif », se réjouit Victoria Whitney, sa directrice des opérations. Qui révèle qu’au cours de l’année écoulée, elle a directement facilité la conclusion de plus de 280 transactions dans une trentaine de pays africains, pour une valeur totale de plus de 22 milliards $. Beaucoup de ces accords prévoient un soutien et une attention particulière aux PME africaines.

Par exemple, Prosper Africa vient d’apporter son appui (14,75 millions $) à Stitching Cordaid, un fonds de soutien aux PME et institutions de microfinance en Afrique de l’Ouest. Dont les financements aideront à créer des opportunités économiques et à consolider la prospérité de communautés au Burkina Faso, en Sierra Leone, en Guinée et au Mali.

L’enjeu est considérable : 1 % des actifs des fonds de pension américains représentent plus de 120 milliards de dollars. « C’est pourquoi Prosper Africa a travaillé si étroitement avec les fonds de pension et d’autres investisseurs institutionnels pour constituer ce pipeline de plusieurs milliards $ », relate Victoria Whitney. Prosper Africa serait le point d’enregistrer la conclusion d’un milliard d’investissements institutionnels américains en Afrique au début de 2021.

Fin octobre, Prospoer Africa a lancé une « salle de transactions virtuelle », où les entreprises et les investisseurs peuvent accéder à des informations économiques et juridiques, et où ils pourront participer activement à jusqu’à 150 accords.

ML

 

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