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African Business

MEET Africa, saison II, épisode 1

La plateforme MEET Africa intensifie ses ambitions. Elle accompagne les entrepreneurs issus des diasporas en leur fournissant un appui technique et – fait nouveau – financier. L’occasion d’évoquer la réalité de terrain pour celles et ceux qui veulent investir en Afrique.

Par Laurent Soucaille

Le programme MEET Africa II est désormais opérationnel. Cette initiative promeut la création d’entreprises en Afrique par la diaspora formée en France et en Allemagne. Par rapport au premier volet, cette « saison 2 » se double d’un apport en financement et entend soutenir des projets plus ambitieux, créateurs d’emplois.

Le programme est coordonné par Expertise France, avec le soutien de l’Agence allemande GIZ. Pour l’heure, ce programme est adressé la diaspora de six pays : Maroc, Tunisie, Sénégal, Mali, Cameroun, Côte d’Ivoire.

L’accompagnement spécifique permet aussi aux acteurs de la diaspora, quelquefois déconnectés des réalités de terrain, de reprendre pied dans leur pays d’origine. Les expatriés aussi, ont besoin de mieux connaître les marchés locaux !

Au cours de la table ronde marquant l’inauguration de la plateforme, Radhia Oudjani (Expertise France) précise que MEET Africa II s’est construite autour d’un objectif : rendre les projets encore plus structurants. « Nous passons de 70 à 140 entrepreneurs, environ. » L’accompagnement sera plus long et les financements atteindront 12 000 euros, en moyenne.

Le dispositif prévoit l’attribution de subventions. Bien sûr, l’accompagnement sera également technique, comme dans le premier dispositif. Avec des améliorations, comme l’accompagnement plus poussé dans le pays d’origine.

« Les femmes seront, une nouvelle fois, centrales dans le dispositif. Et ce, pas forcément dans les secteurs où l’on souhaite les cantonner. » Les promoteurs étudieront les projets des candidats et enverrons ces derniers vers des structures locales, comme les agences d’appui au secteur privé.

Les jeunes entrepreneures et entrepreneurs peuvent venir avec une seule idée, un projet, pour l’Afrique ou conjoint à l’Afrique et l’Europe. « Nous capitalisons sur les six premiers pays africains où MEET Africa I a opéré, mais nous comptons élargir à l’ensemble du continent. »

Irène Mingasson, responsable de la délégation de L’Union européenne au Sénégal, rappelle que dans le contexte actuel, « des initiatives comme celles-ci sont essentielles ». L’actualité est bouleversante, avec une recrudescence inégalée des tentatives d’émigration, aux conséquences dramatiques que l’on sait. « La pandémie a accéléré ce phénomène douloureux. »

Capitaliser les réussites

Nous devons nous interroger sur ses raisons et apporter des réponses. Celles-ci passent par la lutte contre les trafics, bien sûr, mais pas seulement. « Il faut aussi construire un narratif positif à propos de l’Afrique, le continent de tous les possibles. Rappeler qu’en Afrique, il est possible de réussir ! »

Irène Mingasson fait observer que les transferts d’argent vers les pays d’origine se sont maintenus à un niveau élevé, « ce qui montre la solidarité sans faille de la diaspora ». MEET Africa II « répond à cet objectif de solidarité, tout en capitalisant les réussites de la première version ». La diaspora est porteuse d’un message légitime d’espoir pour la jeunesse africaine.

Bertrand Walkenaer (AFD) rappelle que toutes les économies qui se développent s’appuient sur des communautés entrepreneuriales très fortes, aussi bien aux États-Unis, en Chine, en France, qu’en Afrique. Compte tenu de la jeunesse de l’Afrique, c’est bien sur l’entrepreneuriat qu’il faut miser.

Il existe de nombreuses initiatives qui se développent, autour des grandes capitales africaines, appuyées par leur diaspora, essentiellement anglophones. « Dans un projet, les premières mises de fonds viennent souvent de l’étranger », les écosystèmes créent la différence. « Nous voulons poser une brique dans le développement entrepreneurial, la recherche de talents et la mobilisation de ceux qui sont en Europe pour qu’ils orientent leur épargne vers l’Afrique. »

La plateforme permet de mobiliser des fonds, des compétences humaines, pour le stade le plus difficile, celui de l’amorçage des projets. Lesquels couvrent une large palette de l’économie et non seulement les services ou les TIC, comme souvent.  « La jeunesse africaine nous interpelle souvent, sur le terrain ; elle attend une initiative, un déclic, pour l’encourager. Les succès entrepreneuriaux montrent que les talents sont là, que la création de valeur induite est disponible. Nous pouvons aider à créer un cercle vertueux », explique le représentant de l’AFD.

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