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African Business

Macky Sall veut réformer l’industrie

Le Sénégal se prépare à un grand tournant, celui du pétrole. Pour maintenir la pression à l’approche de ce rendez-vous crucial, prévu pour 2023, le président Macky Sall multiplie les initiatives de communication et d’orientations politiques.

Par Paule Fax

Feuille de route aux ministres, mission des compagnies nationales, réforme de l’environnement des affaires. Après une réunion publique consacrée à ces questions, fin janvier 2021, Macky Sall a donné, au cours du dernier Conseil des ministres, de nouvelles orientations aux membres du gouvernement, en vue d’une gestion optimale des ressources pétrolières et gazières.

Il a rappelé l’importance primordiale qu’il accorde à ce dossier. Sur ce, il a décliné une nouvelle feuille de route ; laquelle se propose d’accélérer les réformes et l’exécution des projets pétroliers et gaziers, de même que leur encadrement par les différents ministères et structures parapubliques concernées.

« Nous avons besoin d’une vigilance accrue de la part de l’État, en particulier à l’égard des hommes et des femmes de la sphère publique engagés dans l’exécution et le contrôle des contrats pétroliers. Il y a une chaîne qui tourne avec des maillons, et chaque maillon de la chaîne joue son propre rôle important. » 

Le président Macky Sall a rappelé l’impératif d’anticiper et d’asseoir la préparation des structures et du capital humain à l’aune d’un pays qui entre, à partir de 2023, dans l’exploitation pétrolière et gazière. Lequel est par nature complexe, car il intègre plusieurs dimensions : technique, juridique, économique, budgétaire, financière, sécuritaire, environnementale et sociale…

Dès lors, le chef de l’État demande désormais au gouvernement d’« accentuer la transformation des organisations et des méthodes de travail, en vue de l’ancrage durable d’un système national cohérent, pragmatique et performant de supervision, de coordination des interventions et de suivi évaluation des réformes et de l’exécution des projets pétroliers et gaziers ».

Et le chef de l’Etat d’inviter le ministère du Pétrole et des énergies à mettre en musique un système innovant de reporting des informations et activités sur l’écosystème pétrolier et gazier. Ce système pourrait être intégré à Petrosen.

Sur la question de cette société publique, Macky Sall a rappelé l’« impératif d’une optimisation de la gestion de l’actionnariat de l’État dans le secteur pétrolier et gazier ». C’est pourquoi, il est urgent pour Petrosen « de finaliser la doctrine sur les Contrats de partage de production et les accords d’association avec les opérateurs ».

De plus, le chef de l’Etat Macky Sall a insisté sur « la nécessité d’assurer la montée en puissance de l’économie du pétrole et du gaz, avec une forte implication des privés nationaux et un élargissement des transferts de technologies dans la mise en œuvre du contenu local ».

Pour ce faire, il préconise à la ministre du pétrole et de l’énergie, Aissatou Sophie Gladima, « de mettre en œuvre une stratégie de communication cohérente sur la gestion pétrolière et gazière, en assurant une vulgarisation inclusive de la loi sur le contenu local ».

Et de demander à son collègue des Finances et du budget, Abdoulaye Daouda Diallo, « de finaliser, avant fin mars 2021, le projet de loi sur le partage des revenus tirés de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières ».

Les intérêts émiratis

Le chef de l’État invite son gouvernement à soutenir l’« édification rapide de l’Institut national du pétrole et du gaz (INPG) à Diamniadio, de même que la régulation des formations dans le secteur, afin de renforcer le capital humain national, fondamental dans la gouvernance maitrisée de nos ressources pétrolières et gazières ». L’INPG devra assumer la fonction de délivrance des certifications.

Le Sénégal mise sur le pétrole et le gaz 

Enfin, le président demande que l’échange d’informations dans le secteur du pétrole et du gaz soit amélioré, afin que tous les participants soient informés de manière égale.

« Nous avons besoin d’une vigilance accrue de la part de l’État, en particulier à l’égard des hommes et des femmes de la sphère publique engagés dans l’exécution et le contrôle des contrats pétroliers. Nous devons comprendre que nous sommes là pour servir. Il y a une chaîne qui tourne avec des maillons, et chaque maillon de la chaîne joue son propre rôle important. »

Le tournant pétrolier envisagé par le Sénégal explique aussi, en partie, l’orientation nouvelle prise par le pays en direction du Golfe persique. C’est l’émirati Dubaï Port World (DP World) qui réalisera la première phase du port en eau profonde de Ndayane, à 70 kilomètres de Dakar, pour 840 millions de dollars.

Les Émirats arabes unis pourraient se positionner sur les deux projets d’exploitation gazière et pétrolière en cours de développement au Sénégal, et dont la production commerciale est attendue en 2023.

PF

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