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African Business

Les patrons sénégalais en mode post-Covid

Un sondage réalisé auprès des chefs d’entreprise du secteur formel, au Sénégal, permet de mesurer l’ampleur des dégâts de la pandémie. Et révèle que les dirigeants entendent investir au plus tôt, moyennant quelques incitations.

Par Paule Fax

Afin d’éclairer la relance post-Covid-19, l’Agence sénégalaise de la statistique et de la démographie (ANSD) a réalisé une enquête auprès des entreprises du secteur formel, afin de recueillir leurs intentions d’investissement.

Il en ressort que si l’activité a fortement perturbé l’activité économique, une grande partie des patrons sénégalais a déjà en tête de préparer l’avenir.

En effet, 60,9% des entreprises ont enregistré un repli de leur production. Cette baisse touche 83,7% des moyennes entreprises, 59,7% des petites entreprises et 37,6% des grandes entreprises. En moyenne, le recul du chiffre d’affaires atteint 84,6%.

Les secteurs d’activité les plus impactés par la crise ont besoin de mesures d’urgences pour relancer leurs activités. Il est nécessaire de mettre en œuvre rapidement le plan de relance pour mieux assurer une résilience des entreprises face aux effets de la crise, et des suivantes.

Les entreprises ont été particulièrement affectées par les problèmes d’écoulement de la production, de respect des mesures préventives de la Covid-19, d’approvisionnement en matières premières, des coûts élevés du transport et d’accès au financement.

Les difficultés rencontrées par les entreprises ont eu comme principales conséquences le manque de liquidités ou de financement, la réduction de la production et des ventes et la diminution du personnel. Cependant, note l’agence, 71,5% des entreprises ont conservé leur main-d’œuvre.

En matière de besoins de financement à court terme, 40,4% des entreprises ont eu cette difficulté pour les acquisitions ou les entretiens d’équipements, 34,8% pour l’extension de l’activité, 33,5% pour l’amélioration des locaux et 31,6% pour le paiement de salaires.

Le besoin moyen de financement moyen à court terme ressort à 93,5 millions de F.CFA (142 500 euros). Les besoins de financement à court terme des industries portent sur l’achat de matières premières, ceux des BTP, hôtels, bars et restaurants sur le paiement des salaires, ceux du commerce et des transports sur l’acquisition ou l’entretien d’équipement, et ceux des services fournis aux entreprises et des services personnels sur l’amélioration des locaux.

Investir au plus tôt

En matière d’adaptation pour faire face à la pandémie, les stratégies les plus utilisées par les entreprises sont : la réduction des charges, le renforcement de la proximité avec les clients, la demande d’un prêt, et la sollicitation d’une aide. Ces quatre stratégies d’adaptation restent les plus adoptées indépendamment de la taille des entreprises et du secteur d’activité.

Pourtant, 68,4% des entreprises ambitionnent d’investir après la pandémie, avec un budget moyen estimé à 134,8 millions de F.CFA (205 500 euros). Ce taux est supérieur à 65 % dans l’essentiel des secteurs d’activité sauf celui des services à la personne (50,1%), il est vrai moins capitalistique. Les investissements prévus sont motivés par l’atteinte des objectifs de croissance, l’amélioration de la compétitivité, l’augmentation de la productivité ou de l’efficacité, et la modernisation de l’entreprise.

Parmi les grandes entreprises, 71% ont l’intention d’investir au plus tôt ; la proportion ressort à 60,2% pour les moyennes structures et 69,1% pour les petites. Les prévisions d’investissement portent essentiellement sur l’acquisition de matériels informatiques ou de logiciels, la machinerie, les équipements et les véhicules, la formation des employés et le recrutement, le développement de site web et le e-commerce, ainsi que la construction et la rénovation.

Les moyennes et grandes entreprises comptent investir davantage dans la machinerie, les équipements et les véhicules tandis que les petites unités souhaitent le faire dans l’acquisition de matériels informatiques ou de logiciels.

Quelques pistes d’orientation de la politique

Les entreprises ayant l’intention d’investir misent principalement sur le fonds Force Covid-19, l’appui des banques et l’autofinancement. Les dirigeants redoutent d’éventuels freins à l’investissement, notamment par le manque d’aide du gouvernement, l’insuffisance de fonds générés par l’entreprise, ainsi que l’incertitude sur l’horizon de la pandémie.

Ainsi, les dirigeants attendent des moyens de riposte supplémentaires de la part du gouvernement, comme des facilités dans l’obtention de prêts, les subventions d’exploitation et la gratuité du paiement du loyer, de l’eau ou de l’électricité.

Les secteurs d’activité les plus impactés par la crise ont besoin de mesures d’urgences pour relancer leurs activités. À cet égard, concluent les auteurs de l’enquête, il se révèle nécessaire de mettre en œuvre rapidement le plan de relance pour mieux assurer une résilience des entreprises face aux effets de la crise.

En outre, la crise du coronavirus devrait permettre de réfléchir sur la dynamique à impulser aux entreprises sénégalaises afin qu’elles puissent mieux répondre à des chocs de ce type.

PF

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