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African Business

Les défis énergétiques du Cameroun

Le Cameroun a choisi de diversifier ses sources d’énergie, privilégiant le renouvelable comme l’hydroélectrique et le photovoltaïque. Il lui faut faire face à ses difficultés de financement, face aux défis nouveaux et au retard accumulé. Néanmoins, les dossiers avancent. 

Par Aude Darc

Le déficit énergétique handicape la croissance du Cameroun. À des problèmes conjoncturels (bas débit des cours d’eau) s’ajoute un manque structurel d’infrastructures.

Plus particulièrement, dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord, où le service est régulièrement perturbé, ces dernières semaines. Telle ou telle centrale fonctionne au ralenti, tandis que les installations qui peuvent prendre le relais fournissent une électricité polluante et coûteuse.

Dans le photovoltaïque, les plans se déroulent comme prévu. Le gouvernement envisage d’électrifier 200 nouvelles localités à l’énergie solaire, en 2021. Le programme engagé avec le chinois Huawei permettra d’équiper un millier de localités, à terme.

Dans certaines villes, calculent les spécialistes, compte tenu de l’augmentation moyenne de l’offre d’électricité de 2% et d’une hausse de la demande moyenne de 10%, il faudrait 26 ans pour combler le déficit si le taux de croissance de la population est nul, et 78 ans avec un taux de croissance de la population de 2,2%. En attendant le retour à la normale, des aciéries, des cimenteries, des usines d’exploitation de bauxite sont à l’arrêt ou tournent au ralenti.

L’État ne reste pas inactif, en dépit du poids de l’endettement public. Durant l’été 2020, il a enfin constitué son Fonds de développement du secteur de l’électricité, dont le principe était acté depuis 2011. Surtout, le Cameroun compte porter sa capacité installée de production d’électricité à 5 000 mégawatts (MW) d’ici à 2030, d’après l’objectif fixé dans la nouvelle Stratégie nationale de développement 2020 – 2030 (SND30).

Ce document stratégique, dévoilé fin novembre, note que « la capacité installée est passée de 933 MW à 1 650 MW, dégageant un gap de 1 350 MW de capacité de production par rapport à la cible de 3 000 MW envisagée en 2020 ». Le retard doit être comblé.

Hors de question de ne dépendre que d’une seule source d’énergie. Afin de les diversifier, durant la prochaine décennie, les choix du gouvernement se portent vers l’énergie hydroélectrique, le photovoltaïque, ainsi que l’énergie thermique à base de gaz et la biomasse.

Des chantiers à achever

En matière d’hydroélectricité, qui représente plus de 60 % de l’énergie consommée au Cameroun, l’État s’engage à poursuivre le développement des ouvrages de production « en privilégiant l’approche des partenariats public-privé et des productions indépendantes d’électricité ».

Le Cameroun dispose d’une réserve de ressources hydroélectriques d’environ 19 500 MW, se classant troisième pays africain en la matière. Fort de la demande économique sans cesse croissante, il accélère l’exploitation de ses ressources hydroélectriques.

Sur ce point, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba, vient d’annoncer que la centrale hydroélectrique de Mekin devrait redémarrer ses turbines dès le début de l’année 2021. Cette infrastructure énergétique, d’une capacité de 15 MW, est à l’arrêt depuis plus d’un an, à cause d’une panne.

Mise sous tension depuis juin 2019, après plusieurs années de retard dans la livraison du chantier, cette centrale construite dans la région du Sud du pays n’a jamais véritablement tourné à plein régime, en raison de nombreuses difficultés aussi bien technique, environnementale que juridico-administrative.

Dans le Nord, l’aménagement de la centrale hydroélectrique de Bini, à Warack, fournira une capacité de 75 MW. Du moins, quand elle prendra du service. En effet, si les travaux préparatoires sont achevés depuis 2018, le projet rencontre « un blocage », reconnaît le ministère.

« La poursuite des travaux est conditionnée par le paiement de l’avance de démarrage de l’entreprise Sinohydro par Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), le partenaire financier » explique Gaston Eloundou Essomba. Des discussions se poursuivent entre le Minepat (Ministère de l’Economie de la planification et de l’aménagement du territoire) et ICBC pour lever ce blocage.

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