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African Business

Le secteur privé, moteur d’une reprise durable

Les institutions financières du développement membres du G7 vont apporter quelque 80 milliards de dollars, ces prochaines années, afin d’encourager les projets privés en Afrique. Si chacune a ses priorités, le besoin d’investissements ne fait pas débat.

Par Véronique Clara-Véronne

Chacun en est désormais convaincu, un redressement durable de l’Afrique ne peut se réaliser sans le concours du secteur privé. En marge du sommet du G7 qui s’est tenu mi-juin au Royaume-Uni, les institutions financières du développement (IFD) ont tenu à réaffirmer leurs engagements.

La SFI, la branche secteur privé de la BAD (Banque africaine de développement), la BERD et la Banque européenne d’investissement, entre autres, se sont engagées à investir 80 milliards de dollars dans le secteur privé au cours des cinq prochaines années pour soutenir une reprise économique et une croissance durables sur le continent. C’était d’ailleurs la première fois que les IFD des pays du G7 se réunissaient afin de s’engager ainsi auprès du continent africain ; l’occasion pour chacune de réaffirmer ses intentions.

Après les ravages de la crise sanitaire, « l’annonce est un coup de pouce bienvenu pour soutenir les objectifs de développement à long terme des économies africaines », commente-t-on du côté de la BAD. Ce n’est qu’une première étape. Le FMI estime que l’Afrique subsaharienne a besoin d’un financement supplémentaire d’environ 425 milliards $, d’ici 2025 pour aider à renforcer les dépenses de réponse à la pandémie et à réduire la pauvreté.

Makhtar Diop, le nouveau directeur général de l’IFC (Banque mondiale), a considéré, à l’occasion de ce sommet du G7, qu’assurer une reprise inclusive et durable pour les personnes, les entreprises et les économies à travers l’Afrique, en coordination avec nos partenaires de développement est « au cœur » de son mandat.

Son institution est consciente « que le secteur privé jouera un rôle majeur dans le financement de l’avenir de l’Afrique en créant des millions d’emplois essentiels pour assurer une croissance économique soutenue et la réduction de la pauvreté ». À son sens, l’objectif est également de créer les bonnes conditions pour attirer davantage d’investissements privés en Afrique.

« Le secteur privé jouera un rôle majeur dans le financement de l’avenir de l’Afrique en créant des millions d’emplois essentiels pour assurer une croissance économique soutenue et la réduction de la pauvreté », juge Maktar Diop (SFI).

Des économies en reconstruction

« Nous nous félicitons de ce partenariat mondial et de l’opportunité de fournir la voix africaine, alors que l’Afrique se reconstruit mieux et avec audace », précise Solomon Quaynor vice-président de la BAD. Pour qui l’opportunité de créer des emplois en particulier pour les jeunes et les femmes, en mettant l’accent sur l’industrialisation de l’Afrique soutenue par la zone de libre-échange continentale africaine, sera la priorité.

« Compte tenu de l’écart entre les estimations du FMI et ce à quoi ce partenariat s’engage, nous chercherons à attirer les partenaires de développement africains, ainsi que l’épargne africaine des fonds souverains, des retraites et des pools d’assurance, estimée à 1 800 milliards $ ».

Secrétaire d’État à l’Afrique du Royaume-Uni, James Duddridge, considère que cet engagement de 80 milliards $ « créera des emplois, stimulera la croissance économique, contribuera à lutter contre le changement climatique et à lutter contre la pauvreté ». Ce coup de pouce « arrive à un moment crucial alors que le continent reconstruit ses économies, gravement touchées par la Covid-19 ».

Bras financier de l’aide britannique au développement, le CDC Group considère, par la voix de son PDG Nick O’Donohoe, que le capital « patient » (orienté vers la croissance) et de « haute qualité » que fournissent les IFD est « nécessaire de toute urgence si les économies africaines doivent commencer à se reconstruire rapidement ».

Macktar Diop

Saluant « le leadership du G7 », le patron de la BEI, Werner Hoyer considère que la Banque de l’Union européenne en Afrique a représenté le plus grand soutien jamais apporté à l’action climatique et aux investissements dans les États fragiles en 55 ans d’opérations sur le continent. « Nous sommes prêts à coopérer davantage avec les partenaires africains et multilatéraux pour lutter à la fois contre la Covid-19 et accélérer la transition verte en Afrique.»

 « Sous la direction du président Biden, investir davantage en Afrique est une priorité absolue », insiste de son côté David Marchick, directeur de l’International Development Finance Corporation (DFC) des États-Unis. Qui insiste sur le besoin pour l’Afrique de fabriquer des vaccins, d’atténuer et de s’adapter au changement climatique et à veiller à l’équité entre les sexes.

VCV

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