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African Business

Le FIDA renforce la résilience du Sahel

Le Fonds international de développement agricole s’allie avec ses partenaires pour renforcer la résilience et stimuler le développement au Sahel. Un nouveau programme de six ans sera financé à hauteur de180,4 millions de dollars.

Par Paule Fax

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) unit ses forces avec d’autres organismes pour redynamiser l’activité au Sahel. Les pays concernés sont les membres du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) ainsi que le Sénégal.

La FIDA s’associe avec d’autres organismes dont le siège est à Rome, comme la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et le PAM (Programme alimentaire mondial. Ainsi qu’avec le G5 Sahel et le Fonds vert. Leur action concertée permettra de renforcer la résilience des populations rurales touchées par les conflits, les changements climatiques et la pandémie actuelle de la Covid-19.

Le programme renforcera les partenariats commerciaux entre les agriculteurs et les éleveurs, grâce à des activités de formation et à la consolidation des marchés transfrontaliers d’intrants et de produits agricoles. Il viendra soutenir les marchés et les infrastructures rurales.

Le Conseil d’administration du FIDA a approuvé, début décembre, un prêt concessionnel, assorti de conditions particulièrement favorables, d’un montant de 29,7 millions de dollars, ainsi qu’un don de 13,7 millions $ en vue de l’exécution du tout premier programme commun des organismes cités. Il s’appelle le « Programme conjoint Sahel en réponse aux défis Covid-19, conflits et changements climatiques (SD3C) ».

Le SD3C bénéficiera à 123 000 ménages ruraux résidant dans des zones transfrontalières des six pays, soit près d’un million de personnes. Les femmes représenteront 50% des participants au programme, et les jeunes environ 40%. Les paysans sans terre et les éleveurs transhumants ont aussi à gagner des activités du projet.

À l’exception du Sénégal, les pays visés par le SD3C se trouvent en situation de conflit, en particulier dans les zones transfrontalières, ce qui accroît leur fragilité. « Si nous voulons la paix et le développement dans la région du Sahel, il nous faut investir dans l’agriculture et le capital social. En particulier, nous devons créer des emplois pour les jeunes », commente Benoît Thierry, directeur du FIDA pour le Sénégal. « L’incapacité à créer, au cœur des économies nationales, les conditions requises pour offrir des revenus décents aux jeunes ruraux constitue une menace pour la stabilité politique, nourrit les extrémismes et favorise les migrations. »

Renforcer la formation

Le programme renforcera les partenariats commerciaux entre les agriculteurs et les éleveurs, grâce à des activités de formation et à la consolidation des marchés transfrontaliers d’intrants et de produits agricoles. Il viendra soutenir les marchés et les infrastructures rurales, notamment les routes et la petite irrigation. La promotion des systèmes d’information sur le marché et des échanges en monnaie électronique, permettra de sécuriser les transactions aux frontières.

Les ménages de producteurs recevront une formation aux meilleures pratiques agricoles ainsi que des trousses agricoles. Les communautés rurales et les groupes vulnérables bénéficieront d’une formation à la gestion durable du bétail, à la gestion des risques, à l’élaboration de plans d’activité pour les petites et moyennes entreprises, à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’à la médiation sociale.

Compte tenu de la crise sanitaire, les bénéficiaires se familiariseront avec les bonnes pratiques d’hygiène en vigueur sur les marchés et avec les autres mesures sanitaires appliquées pour enrayer la propagation du virus. Les filières seront réorganisées pour relancer les économies locales. Selon l’expérience des trois organisations déjà présentes au Sahel, les activités du SD3C peuvent être rapidement mises en œuvre.

Le coût total du programme pour la durée complète de la période d’exécution, de six ans, s’élève à 180,4 millions $. Les activités financées par le FIDA seront exécutées en deux phases de trois ans chacune. En plus de l’enveloppe décidée en ce début décembre 2020, le FIDA apportera des financements d’un montant de 65,6 millions $ par l’intermédiaire des futurs cycles de financement ou de partenaires de développement. Le Fonds vert pour le climat contribue à hauteur de 71,4 millions $ au programme conjoint. 

PF

EN BREF

Les députés français face à l’urgence

Deux députés français, Marion Lenne et Jean François Mbaye, membres de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée, ont plaidé pour que le gouvernement français augmente sa contribution de manière significative au FIDA.

Dont la douzième reconstitution des ressources se conclura en février 2021. Ce plaidoyer s’est déroulé à l’occasion d’une visite des deux députés au Sénégal, achevée durant la semaine du 7 décembre. Laquelle visite suivait une inspection organisée par le FIDA, fin novembre, pour découvrir la durabilité et l’impact de ses investissements sur les populations rurales dans le pays.

 « Je suis très impressionné par la mobilisation des paysans et par les différentes filières rencontrées », a commenté Jean-François Mbaye. Lequel a invité le gouvernement sénégalais à se doter d’une loi d’orientation qui garantisse la protection des terres agricoles. « On ne peut pas aspirer à une agriculture rentable, ou autosuffisante, si la question de la protection des terres agricoles n’est pas réglée », a-t-il insisté. 

 

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