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African Business

Le bond en avant de l’électricité au Sénégal

Avec l’appui des fonds américains du MCC, le Sénégal va moderniser son réseau électrique, dans la capitale Dakar et dans les zones rurales. Le pays a dû consentir quelques réformes, comme l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité.

Par Paule Fax

Divers représentants du Millenium Challenge Corporation ont visité, ces derniers jours, les installations du pays. Accompagnés de représentants de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) et du Pétrole et des énergies, ils ont ainsi admiré les installations du parc éolien de Taïba Ndiaye. Ce site est l’un des trois bénéficiaires du programme d’électrification du pays financés par un don américain.

La Senelec n’est plus, officiellement, un monopole public ; l’État s’engage à ouvrir le marché aux opérateurs privés. Le pays va se constituer un régulateur indépendant et garantir l’accès de chaque opérateur aux réseaux de transport et de distribution d’électricité.

Quelques jours plus tôt, en effet, la MCC avait approuvé le nouveau programme « Power Compact », doté de 600 millions de dollars ; ils sont destinés au financement des projets énergétiques détaillés, le 9 septembre, par le président Macky Sall. Le Président a lancé un « compte à rebours » de cinq ans, symbolisant la durée totale du programme.

Le Power Compact est un paquet composé de trois projets axés respectivement sur la modernisation et le renforcement du réseau de transport d’électricité de la Senelec, vers les zones de distribution, l’accès des populations à l’électricité et sur des réformes visant à rendre le secteur de l’électricité plus attractif pour les investisseurs.

Cette deuxième phase du programme, financé par un don de 550 millions $, couvre, dans son volet transport, les régions de régions de Dakar, Diourbel et Thiès. Les 50 millions $ restant viendront du gouvernement du Sénégal. Le pays pourra ainsi construire des lignes à haute tension et des sous-stations afin d’améliorer l’accès à l’électricité.

Près des trois quarts des fonds permettront de construire des lignes de transmission aériennes et sous-marines à haute tension, ainsi que les sous-stations et les systèmes de délestage de Dakar. Les fonds restants seront utilisés pour améliorer l’accès à l’électricité dans les autres régions et pour renforcer le système de réglementation de l’électricité du pays.

Le parc de Taïba Ndiaye, par exemple, sera connecté à celui de Tobène par une seconde ligne, pour éviter des pertes de production en cas d’incident de réseau.

Une clientèle complexe et exigeante

Selon le directeur de Senelec, Pape Demba Bitèye, il s’agit de rendre le réseau électrique apte à faire face aux imprévus, et d’éviter ainsi les délestages.

Le pays doit également favoriser le développement économique des zones rurales, ce qui passe par une meilleure maîtrise de l’eau, une meilleure conservation et la transformation des produits agricoles. « La clientèle est de plus en plus complexe et exigeante », a lâché Pape Demba Bitèye, ce qui suppose une amélioration constante de la qualité de services.

Afin d’obtenir le soutien américain, le Sénégal a adopté quelques réformes réglementaires. La Senelec n’est plus, officiellement, un monopole public ; l’État s’engage à ouvrir le marché aux opérateurs privés. Le pays va se constituer un régulateur indépendant et garantir l’accès de chaque opérateur aux réseaux de transport et de distribution d’électricité.

Au total, « ce sont plus de 12 millions de Sénégalais qui seront impactés par ce projet dont 1,8 million qui pourront accéder à l’électricité, contribuant d’une façon déterminante à mon objectif d’accès universel à l’électricité à l’horizon 2025 », s’est félicité Macky Sall.

PF

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