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African Business

La Mauritanie règle un vieux dossier et prépare l’avenir

Sur la voie semée d’embûches de la croissance post-Covid, la Mauritanie reçoit le soutien du Koweït, qui allège une dette ancienne et promet de nouveaux investissements. De quoi encourager le retour des opérateurs étrangers dans le pays.

Par Aude Darc

Un peu d’air pour la Mauritanie, dans la perspective d’un redressement post-Covid. Le gouvernement mauritanien a trouvé une solution avec le Koweït dans un épineux dossier d’endettement qui empoisonnait les relations entre les deux pays, et qui affaiblissait sa signature auprès des bailleurs internationaux.

Sur le plan conjoncturel, la Mauritanie n’a pas échappé à la nouvelle vague d’épidémie de coronavirus, qui a touché l’Afrique en 2021. Les derniers chiffres montraient toutefois un ralentissement de la circulation du virus.

Les deux parties ont convenu d’annuler 95 % des intérêts de la dette, tandis que la dette initiale est ramenée à 82 millions de dollars. Les 5 % restant seront consacrés au financement d’investissements du Koweït en Mauritanie. Parallèlement, la Mauritanie a reçu du FMI une allocation de DTS (Droits de tirages spéciaux) de quelque 175 millions de dollars, sur les 33,66 milliards $ attribués à l’Afrique.

Ismael Cheikh Ahmed, ministre des Affaires étrangères, a remercié le Koweït, soulignant que le pays du Golfe « était toujours aux côtés de la Mauritanie dans les moments décisifs ». Les aides koweïtiennes n’ont jamais cessé, en dépit du contentieux sur cette dette ancienne, a-t-il tenu à rappeler au cours d’une conférence de presse.

Le ministre a qualifié l’accord de « victoire diplomatique », révélant que le président Mohamed Ould El-Ghazaouani a envoyé à l’émir du Koweït « un message d’amitié et de fraternité ». C’est d’ailleurs à l’occasion de la visite effectuée par le Président au Koweït, lors du décès de l’émir Soubah Al Ahmed Al Soubah, en 2020, que les deux pays avaient relancé leurs négociations sur ce dossier. À en croire le ministre des Affaires étrangères, les liens personnels entre le président Ghazouani et le nouvel émir, Cheikh Newaf Al Ahmed Soubah, ont joué un rôle important.

Selon les termes de l’accord définitif, la dette initiale est étalée sur vingt ans, avec un délai de grâce de deux ans pour leur paiement. Cette dette, dont les premières origines remontent aux années 1970, avoisinait les 950 millions $, selon les observateurs. De fait, la Mauritanie avait cessé de la rembourser. Il fallait que le pays trouve une solution, d’où le déclenchement d’une phase de négociations, entamées en juin.

Avant cet accord, le niveau d’endettement du pays avoisinait les 5 milliards $ soit environ 62 % du PIB de 2019. À elle seule, la dette vis-à-vis du Koweït représentait 12,8 % du PIB, signale la BAD (Banque africaine de développement). Selon les estimations des cabinets Franklin et Finexem, chargés de présenter un plan de soutien à la restructuration de la dette extérieure du pays, le service de la dette dépassait les 200 millions $ par an.

En attendant le projet gazier Grand Tortue Ahmeyin

De son côté, le Koweït ne cache pas ses ambitions dans la région, son ministre des Affaires étrangères déclarait, en mai 2021, que son pays entendait dynamiser ses investissements en Mauritanie, d’où son intérêt pour le renforcement des relations bilatérales. En revanche, le ministre mauritanien a démenti formellement les rumeurs de « clause secrète » à ce sujet, dans l’accord signé le 26 août.

Après un recul de 3,2 % en 2021, le PIB réel devrait croître de 2,8 % en 2021 et de 4,2 % en 2022, soutenu par la reprise des investissements publics et privés et des réformes structurelles, pronostique la BAD.

Pour autant, le soutien du Koweït n’est pas que symbolique, tandis que la crise sanitaire a donné un coup d’arrêt aux investissements étrangers dans le pays. Cela se traduira notamment par le décalage à 2023 de la mise en exploitation du gisement gazier offshore de Grand Tortue Ahmeyin.

En plus de l’impact attendu au budget de l’Etat et à aux réserves en devises, « le développement de ce grand projet facilitera la création d’emplois, l’accès à l’éducation et la santé », rappelle sur ce point le ministre de l’Économie Ousmane Mamadou Kane. Selon qui ce projet « permettra aussi et surtout la production d’une énergie propre et peu chère, facteur important dans la construction d’une économie forte et compétitive ».

Sur le plan conjoncturel, la Mauritanie n’a pas échappé à la nouvelle vague d’épidémie de coronavirus, qui a touché l’Afrique en 2021.

Les derniers chiffres montraient toutefois un ralentissement de la circulation du virus. En 2020, le commerce extérieur, source importante de devises, avait chuté de 9 %, pour un recul de 3 % de l’activité transports, de 4 % de l’industrie et surtout de 5 % de la pêche, l’un des piliers de l’économie.

Après un recul de 3,2 % en 2021, le PIB réel devrait croître de 2,8 % en 2021 et de 4,2 % en 2022, soutenu par la reprise des investissements publics et privés et des réformes structurelles, pronostique la BAD.

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