Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

African Business

La BEAC se prépare au choc économique

La Banque centrale des États d’Afrique centrale se déclare prête à prendre sa part pour soutenir l’économie face au choc que représente la crise sanitaire dans le monde, anticipant un sensible ralentissement de la croissance. Elle abaisse ses taux directeurs.

Par Laurent Soucaille

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) envisage une forte baisse de la croissance dans la sous-région, « voire une récession », en raison de la crise sanitaire du coronavirus.

La Banque a publié, samedi 28 mars, un communiqué en ce sens, à l’issue d’une session de son Comité, réalisée en visioconférence.

La BEAC, redoutant un fort ralentissement économique, demande aux États africains de faire jouer leurs facilités de crédit auprès des institutions internationales, afin notamment de financer de grands travaux d’infrastructure.

Les membres ont analysé tant le ralentissement économique directement le fait des mesures sanitaires auprès de la population des pays membres, que les effets de la chute des cours du pétrole et des prix des matières premières.

Un scénario pessimiste, c’est-à-dire basé sur un prix du baril de pétrole à 20 dollars, envisage une récession de 1,6% sur l’ensemble de l’année 2020. Rien n’indique toutefois que le pétrole restera durablement sous les 25 $ le baril.

Ses membres redoutent également de nouvelles poussées inflationnistes, mais estiment que le seuil autorisé dans la Cemac (3% de hausse des prix maximum) ne devrait pas être franchi.

En revanche, une dégradation du solde budgétaire, base des engagements financiers, est à craindre dans la sous-région. En outre, le CPM envisage un creusement significatif du compte courant et une augmentation de la masse monétaire, ainsi qu’une dégradation du taux de couverture extérieure de la monnaie.

Aussi, le CPM annonce une baisse de 25 points de base du taux d’intérêt des appels d’offres (à 3,25%), et de 100 points de base du taux de facilité du prêt marginal (à 5%). L’objectif est d’assurer la stabilité monétaire interne et externe, face au choc économique que représente la pandémie.

Concertations avec la BCEAO

D’autre part, l’institution monétaire porte les injections de liquidités de 240 à 500 milliards de F.CFA (366 à 762 millions d’euros) dans la zone, se gardant la possibilité de les relever en cas de besoin.

Le CPM souhaite élargir la gamme des effets privés admis comme collatéraux des opérations de politique monétaire, et revoir à la baisse les niveaux des décotes applicables aux effets publics et privés pour les opérations de refinancement à la BEAC. Des mesures étudiées également par la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest).

Le vendredi 26 mars, la BEAC, avait, dans un communiqué, pris acte des effets de la crise sanitaire sur la liquidité du système bancaire de la Cemac.

Elle avait pris la décision de ne pas intervenir sur le marché monétaire, au titre de son opération principale, du 26 mars au 2 avril. Donc de ne pas retirer de liquidités du marché monétaire.

Pour autant, la BEAC invite les établissements de crédit à besoins de financement à se diriger vers son guichet de la facilité de prêt marginal, aux conditions usuelles.

Selon le gouverneur Abbas Mahamat Tolli, il s’agit d’une mesure conservatoire permettant à la BEAC de « mieux apprécier les effets de la crise sanitaire actuelle liée à la pandémie du Covid-19 sur la liquidité du système bancaire de la Cemac ».

Concrètement, la Banque centrale renonce temporairement à son opération de retrait de la liquidité dans le système bancaire. Cette mesure avait été décidée lors de sa session ordinaire de février 2020 de son CPM.

La BEAC demande aux États de faire jouer leurs facilités de crédit auprès des institutions internationales (le FMI, la Banque mondiale, les banques de développement…) afin de stabiliser l’économie des pays membres : Cameroun, République centrafricaine, RD Congo, Gabon, Tchad, Guinée équatoriale.

Cette mesure était réclamée par l’Association des professionnels des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam).  « La BEAC devrait renoncer temporairement à la décision de réduction des liquidités dans le système bancaire, qui a été prise par le Comité du marché monétaire lors de la session de février 2020.

Elle devrait envisager de faciliter l’accès des banques au marché monétaire par la baisse de ses taux d’intérêt et l’augmentation des plafonds de refinancement en cas de pression de liquidités », expliquait l’Apeccam, le 20 mars. En revanche, la BEAC ne va plus refinancer les banques à des conditions préférentielles.

La BEAC devrait annoncer prochainement d’autres dispositions, notamment en ce qui concerne les dettes publiques : délais de remboursement, nouvelles mesures d’assouplissement de taux, de certaines règles, etc. Ce, en concertation avec la BCEAO.

La Banque centrale demande aux États de faire jouer leurs facilités de crédit auprès des institutions internationales (le FMI, la Banque mondiale, les banques de développement…) afin de stabiliser l’économie des pays membres : Cameroun, République centrafricaine, RD Congo, Gabon, Tchad, Guinée équatoriale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This