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African Business

ITFC : Exploiter pour mieux reconstruire

Le rapport d’activité 2020 de l’ITFC met en lumière l’impact du financement du commerce, dans une période de crise. L’institution y a consacré 4,7 milliards de dollars en un an. Au-delà de la réponse à l’urgence, l’engagement financier et logistique permet de mieux reconstruire.

Par Aude Darc

La Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC) membre de la Banque Islamique de Développement (BID), a intitué la cinquième édition de son rapport annuel sur l’efficacité du développement « Exploiter les perturbations pour mieux reconstruire ».

Son rapport analyse l’impact engendré par la pandémie de la Covid-19 dans le monde. Pour autant, il souligne combien la pandémie a créé des opportunités à exploiter pour surmonter les défis qui s’imposent à tous. Le rapport illustre également les solutions et programmes déployés par l’ITFC en matière de développement du commerce, en se concentrant sur certains aspects thématiques ou opérationnels de ses interventions.

Le principal avantage comparatif de l’ITFC est sa capacité à mobiliser d’importantes ressources financières sur les marchés internationaux pour financer des opérations de grande envergure et répondre aux besoins des pays membres.

En effet, en 2020, l’ITFC n’a pas réduit sa force de travail, pour faire face aux défis. L’organisation a approuvé 4,7 milliards de dollars de financement du commerce, dont 2,4 milliards $ mobilisés auprès d’investisseurs extérieurs, au profit de 21 pays membres de l’OCI (Organisation de la coopération islamique).

Très rapidement, l’ITFC a réagi pour répondre aux besoins de ses pays membres avec un plan d’intervention de 850 millions $ ; l’objectif était, bien sûr, de réduire l’impact de la pandémie, puis de soutenir les chaînes d’approvisionnement commerciales.

Hani Salem Sonbol, directeur général de l’ITFC, résume : « Notre réactivité à cette crise a atteint deux objectifs : répondre aux besoins immédiats tout en anticipant et renforçant la résistance de nos pays membres sur le long terne. » Le soutien de l’ITFC a été fourni par le biais d’une approche mixte combinant des facilités de financement du commerce et des subventions, ce qui a permis d’optimiser le soutien aux pays qui en avaient le plus besoin.

Le rapport relève à quel point les institutions financières de développement sont essentielles dans les moments de crise. La pandémie a nécessité des réponses rapides à grande échelle. Logiquement, cette année, les efforts de l’ITFC sont concentrés sur la provision de moyens de subsistance, le renforcement de la résilience et la relance de la croissance économique des pays membres.

Pour atteindre ses objectifs, l’ITFC a mis l’accent sur le soutien aux micro et petites entreprises, le maintien des chaînes de valeur agricoles et le renforcement des capacités. L’ITFC a également établi les conditions nécessaires pour mieux reconstruire dans un monde post-Covid-19.

Un effort accru pour l’agriculture

D’après les conclusions du rapport, un avenir plus inclusif, durable et résilient pour les pays membres de l’OCI est possible en se concentrant davantage sur le dialogue des politiques, les ODD, la régionalisation et en adoptant la technologie comme outils clés pour un meilleur impact.

Dans le domaine de la santé, l’ITFC a déboursé 15 millions $, en 2020, pour atténuer l’impact immédiat de la pandémie sur le secteur. Le financement a permis aux pays membres d’acheter des équipements de protection individuelle, des kits PCR, des équipements médicaux ainsi que des produits pharmaceutiques. On compte parmi les pays bénéficiaires le Bénin, le Burkina Faso, les Maldives, la Palestine, le Suriname, le Tadjikistan. Plus de 62 000 patients, 2 500 agents de santé et 40 installations médicales ont bénéficié de différents soutiens.

En ce qui concerne la sécurité alimentaire, pas moins de 484 millions $ ont été déboursés pour les importations visant à sécuriser l’approvisionnement en produits abordables, sûrs et suffisants pour plus de 25 millions de ménages. Ce qui représente, en détail, 1,1 million de tonnes de blé, 220 000 tonnes de riz et 15 000 tonnes de sucre, en direction de l’Égypte, des Maldives, du Mali, au Suriname, et du Tadjikistan, etc.

Avec le soutien de l’Afreximbank, 200 millions $ ont été utilisés pour acheter 206 611 tonnes de produits alimentaires (soja, arachides, maïs, graines de sésame…) dans dix pays membres africains. Au total, le financement de l’ITFC dans ce domaine a augmenté de 15% par rapport à l’année précédente et a bénéficié à plus de 25 millions de ménages dans les pays membres.

En ce qui concerne l’agriculture, plus de 600 000 exploitants ont bénéficié d’un financement de pré-exportation de l’ITFC et l’achat d’intrants, ainsi que d’initiatives de renforcement des capacités, pour un montant total de 240 millions $. L’organisation était déjà, avant la crise, dans un schéma de soutien accru à l’agriculture. Les financements ont bénéficié à plus de 600 000 agriculteurs en Afrique et en Asie, l’an dernier.

Dans le compartiment de l’énergie, 2,7 milliards $ ont été déboursés pour l’approvisionnement en produits énergétiques dans les pays membres, aidant plus de 8 millions de ménages à avoir un accès continu à l’électricité. Le principal avantage comparatif de l’ITFC est sa capacité à mobiliser d’importantes ressources financières sur les marchés internationaux pour financer des opérations de grande envergure et répondre aux besoins des pays membres. Un tiers du financement de l’énergie a été alloué aux pays membres les moins avancés. Environ 22 % du portefeuille énergétique de l’ITFC a été consacré à l’achat de GNL, le combustible fossile le plus « propre ».

Enfin, en direction du secteur privé, 373 millions $ ont été déboursés à travers 26 banques partenaires à destination de 7 500 PME. L’ITFC a également intensifié son programme pour les PME d’Afrique de l’Ouest, qui vise à améliorer l’accès des PME au financement la crise. Ces derniers mois, le soutien aux micro entreprises et PME a pris une place encore plus importante dans les opérations de l’ITFC, devenant l’un des principaux piliers du programme de réponse à la crise.

« Aujourd’hui plus que jamais, nous devons favoriser une reprise solide, inclusive et durable, conformément aux objectifs de développement durable », conclut Hani Salem Sonbol.

@AD

A LIRE EGALEMENT ENTRETIEN AVEC LE DIRECTEUR GENERAL DE l’ITFC Hani Salem Sonbol.

Hani Salem : La crise nous pousse à innover pour reconstruire mieux

 

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