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African Business

Institutions : La BAD a répondu présent

Si la Revue annuelle sur l’efficacité du développement, qui analyse l’action de la Banque africaine de développement, prend parfois l’allure de plaidoyer pro domo, le document réaffirme les ambitions de l’institution tandis que se dessine la reprise économique post-Covid-19. 

Par Marie-Anne Lubin

La BAD (Banque africaine de développement) analyse son rôle face à la crise et ajuste le cap. La pandémie a entraîné un doublement des déficits budgétaires et une forte augmentation de la dette, réduisant la capacité des pays africains à investir dans cette relance.

La riposte contre la Covid en Zambie

Aussi la BAD a-t-elle très tôt réagi, l’an dernier, proposant une Facilité de réponse à la Covid-19, qui a fourni 3,6 milliards de dollars de soutien budgétaire d’urgence aux pays. Ces fonds ont été affectés à des secteurs essentiels tels que la santé, la protection sociale et l’assistance économique, ce qui a permis de venir en aide à 12,3 millions de ménages vulnérables dans 31 pays du continent.

La pharmacie africaine est moins compétitive que ses homologues d’autres continents. Pourtant, on assiste à une accélération des acquisitions et d’activités nouvelles sur le marché pharmaceutique africain, ce qui témoigne de l’attrait qu’exerce cette industrie.

En Côte d’Ivoire, au Ghana et au Sénégal, par exemple, la BAD a contribué à subventionner les factures d’eau et d’électricité des ménages vulnérables. En Sierra Leone, elle a financé la formation et la protection de 11 000 agents de santé, en première ligne face à la maladie. Avec l’aide de la Banque, la capacité quotidienne de dépistage de la maladie en Éthiopie a quadruplé, et le Maroc a pu moderniser ses infrastructures de santé pour une meilleure prise en charge des patients.

La Revue annuelle sur l’efficacité du développement, publiée le 23 novembre 2021, note que les micros et petites entreprises soutenues par la BAD ont généré des revenus de deux milliards de dollars en 2020, leur permettant de faire face à la pandémie.

Grâce au programme « Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine », le soutien de la Banque pour la sécurité alimentaire et le développement agricole a touché 11 millions d’agriculteurs dans 28 pays et permis de réduire les importations alimentaires de 814 millions de dollars sur le continent.

Des gros progrès, à confirmer, dans l’électricité

Alors que de nombreux pays africains sont encore aux prises avec la pandémie, le président du Groupe de la BAD, Akinwumi Adesina, se dit optimiste quant au retour rapide de l’Afrique à la croissance et à la prospérité.

 

Vue de lignes à haute tension et d’éoliennes en arrière-plan

« La détermination de la BAD à soutenir le continent pour qu’il réalise pleinement son potentiel est plus forte que jamais. Nous sommes impatients de travailler main dans la main avec les pays africains pour les aider à atteindre leurs objectifs. »

En 2020, les projets financés par la BAD ont permis de raccorder 260 000 personnes au réseau électrique. Quelque 16,4 millions de personnes ont connu des améliorations dans l’agriculture tandis que 9,2 millions d’Africains ont eu accès à de meilleurs services de transport et 8,3 millions ont bénéficié de services nouveaux ou améliorés d’eau et d’assainissement.

Le rapport souligne aussi que parallèlement à sa mission, la BAD a continué d’améliorer son efficacité et ses performances, à augmenter ses revenus et à réduire ses dépenses administratives. Pour la deuxième année consécutive, la Banque a conservé sa note de crédit « AAA » auprès des agences de notation.

Alors que les pays africains amorcent un retour à la croissance après la pandémie, la priorité de la BAD pour 2022 sera d’aider ces pays à identifier les mesures politiques et les investissements adéquats pour parvenir à une croissance économique inclusive et durable.

Dans le cadre de l’amélioration de sa gouvernance, l’institution promet également un meilleur suivi des projets financés ou accompagnés.

La Revue émet également quelques recommandations. Par exemple, pour mieux participer aux chaînes de valeur mondiales, le continent doit accorder une plus grande ouverture aux investissements étrangers et une plus grande libéralisation des échanges, afin de réduire les droits de douane sur les intrants.

L’importance de l’industrie pharmaceutique

« Il est également important pour les pays africains d’identifier les produits qu’ils sont le mieux à même d’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales », précisent les auteurs. Qui ajoutent que la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) offre « une structure adéquate » pour développer des chaînes de valeur efficaces à l’échelle régionale et mondiale.

BAD Revue développement graphique

En particulier, les auteurs soulignent que les produits pharmaceutiques sont l’un des secteurs offrant de nouvelles opportunités car l’Afrique importe la majorité de ce type de produits.

L’Afrique dispose d’une capacité de production pharmaceutique limitée, qui répond à 30% – 40 % seulement de la demande, et 80 % de la production totale est concentrée dans huit pays. En outre, l’industrie pharmaceutique africaine est moins compétitive que ses homologues d’autres continents.

Le coût unitaire, par exemple, est 60 % plus élevé qu’en Chine et en Inde. Pourtant, au cours des sept dernières années, on a assisté à une accélération des acquisitions et d’activités nouvelles sur le marché pharmaceutique africain, « ce qui témoigne de l’attrait qu’exerce le marché ».

Document complet disponible sur https://bit.ly/3qYEBLP

@Malu

 

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