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African Business

Forum pour la paix : L’Afrique se positionne pour la reprise

Sur le marché des solutions de reprise économique, l’Afrique doit trouver des partenaires financiers stables et s’assurer que les nouvelles technologies lui profitent. Mais devant l’urgence, de nouvelles formes de coopération Sud Sud pourraient s’imposer rapidement.

Par Nicolas Bouchet

Grand rendez-vous annuel de la coopération internationale depuis 2018, le Forum de Paris sur la Paix s’est déroulé durant trois jours en présence de chefs d’État et de gouvernements et de dirigeants d’institutions internationales. La date symbolique du 11-Novembre marque le début d’un événement devenu le rendez-vous de la diplomatie internationale.

« La transition pour les pays riches n’est pas celle des pays pauvres. Même si nous triplons l’emploi du gaz pour l’industrialisation, nous ajouterons seulement 0,6% aux émissions mondiales de GES. Le continent a le droit de se développer », a martelé Macky Sall.

La France y trouve l’occasion d’établir une marque et les nombreux participants y font passer des messages qui sortent parfois de l’ordinaire. Les pays et institutions du continent africain trouvent leur place dans le grand nombre de thématiques abordées en se retrouvant autour de l’urgence de la coopération post-Covid.

Si le Forum a pour valeurs le multilatéralisme et l’innovation, la compétition exacerbée par la reprise post crise sanitaire met en péril l’économie et les populations des pays du Sud, particulièrement africains.

Sur le front technologique, on redoute que les innovations autour de l’intelligence artificielle n’atteignent pas le continent, faute de savoir s’adapter. « Les sociétés qui s’organisent autour de la domination et de l’exclusion produisent des technologies qui leur ressemblent. La mémoire de l’histoire précoloniale y est refoulée ou considérée comme non pertinente », alerte Alice Munyua, de la société Mozilla Corporation.

Elle décrit ainsi des algorithmes de plus en plus présents dans les technologies de l’information mais qui ne sont jamais neutres. Leur code traduit des opinions, des biais et des incompréhensions. Le risque est donc que l’on considère qu’ « ils ne sont pas adaptés à des sociétés qu’on ne comprend pas et qu’on les réserve à l’usage du Nord global ».

Des bénéfices et des inégalités

Malavika Jayaram, de la société Digital Asia Hub, renchérit, au sujet de ces technologies : « Les pays modernes qui les développent ignorent ceux qui ne peuvent pas s’y connecter. Ce qui compte c’est le droit dont les gens disposent en relation avec les technologies qui les affectent. » Représentante de l’Unesco, Gabriela Ramos tempère les inquiétudes. E

lle cite le projet conduit par son organisation de faire adopter aux pays membres un cadre « qui protège les gens et un outil pour vérifier que les données sont complètes et représentatives, que les équipes sont diverses, et que des biais sont évités », lors de la conception et de la production de ces technologies.

Elle rappelle que l’intelligence artificielle a prouvé ses bénéfices dans la rapidité de développement des vaccins contre la Covid-19. Cependant, sur ce point, de nouvelles et larges inégalités ont déjà émergé.

Sur le plan des politiques de santé africaines, l’état de la vaccination inquiète. On évoque le taux très faible de 5% à 7% de vaccinés pour le continent entier, à comparer avec celui de 70% atteint dans la population adulte de l’Union européenne.

Les pays africains n’ont pas les marges de manœuvre budgétaires qui leur permettraient d’acheter des doses en masse. Ils doivent pour l’instant composer avec des dons car ils ont déjà poussé leurs capacités d’endettement. « Ces plans de riposte ont représenté parfois jusqu’à 7% du PIB comme au Sénégal, avec l’aide des bilatéraux et des multilatéraux.

Ils ont permis d’acheter des vaccins, de protéger des emplois, et de mettre à niveau les dispositifs hospitaliers », avance le président sénégalais Macky Sall.  Dans tous les secteurs, la disponibilité de liquidités est un enjeu fort de la relance post-Covid.

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