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African Business

Dynamisme confirmé autour des start-up technologiques

Davantage d’opérations qu’un an plus tôt, mais des montants moindres. L’année 2020 de la technologie africaine confirme le dynamisme du financement des start-up, où dominent Égypte, Nigeria, Afrique du Sud, et Kenya. En Afrique francophone, Maroc, Tunisie et Sénégal se démarquent.

Par Aude Darc 

Partech Africa vient de publier son rapport annuel sur le financement en capital-risque des start-up africaines. En dépit de la crise sanitaire, relate la société de Venture capital, l’écosystème de la technologie africaine a poursuivi sa forte croissance. L’année se solde par un plus grand nombre de levées de fonds qu’en 2019 tandis que la digitalisation des secteurs économiques fondamentaux s’est poursuivie.

La  Fintech reste, de loin, le premier domaine d’activité en montants investis, avec 25% des transactions. La transformation digitale de secteurs économiques clés a permis d’attirer de nombreux financements dans l’agrotechnologie, la logistique, la mobilité, l’énergie, la santé…

En 2020, le nombre de start-up ayant levé des fonds a été plus important qu’au cours de toutes les années précédentes : 359 opérations ont été réalisées par 347 jeunes entreprises en 2020, contre 250 « tours » recensés en 2019, soit une croissance de 44%. Le cinquième rapport annuel de Partech Africa sur les start-up technologiques africaines, comme les années précédentes, comprend les levées de fonds en capital supérieures à 200 000 $.

Les analystes voient un autre signal « très positif » : le nombre de levées en amorçage (première réunion d’actionnaires) a bondi de 80%, atteignant 228 transactions. Malgré un affaiblissement de la taille des tours de financement, les nombres de tours de séries A et B (les premières étapes suivant l’amorçage de la start-up) continuent de croître (+11%).

En revanche, les levées en growth, réservées aux sociétés en forte croissance, qui veulent stabiliser leur actionnariat et passer le cap de la start-up, n’ont fait l’objet que d’un faible nombre de transactions, avec une forte réduction des tickets moyens (-60% par rapport à 2019).

Si l’écosystème technologique connaît toujours un fort dynamisme, le montant total levé par les start-up africaines a diminué pour la première fois, après près d’une décennie de croissance. En 2020, 1,429 milliard de dollars de fonds en Equity ont été levés par les start-up ce qui représente une baisse de 29%, tandis que le seuil des 2 milliards $ avait été franchi en 2019. Autre effet de la crise : la taille moyenne de ces levées est moins importante. Ces tendances à la baisse s’expliquent en grande partie par l’absence notable de méga tours.

Nigeria et Égypte se distinguent

Néanmoins, l’analyse mois par mois montre que la crise n’a eu aucun impact visible sur l’activité générale de l’écosystème ; en effet, chaque mois de 2020 a vu plus de tours conclus que le même mois en 2019. Si les investisseurs ont ralenti leurs processus et si les entrepreneurs ont préféré repousser leurs levées de fonds en attendant un climat plus favorable, l’écosystème a toutefois bénéficié d’une tendance de fonds importante : la digitalisation accélérée de secteurs économiques clés tels que l’agriculture, la logistique, la mobilité, l’énergie ou encore la santé.

Sans surprise, le Nigeria conserve sa première place, avec 307 millions $ investis dans des start-up, tandis qu’en nombre de transactions, c’est l’Égypte qui passe en tête avec 86 transactions recensées, soit un bond de 83% par rapport à l’année précédente. Bien que quatre pays se démarquent toujours en représentant les quatre cinquièmes des montants investis sur le continent, 26 pays au total qui ont attiré des investissements.

Kenya, Afrique du Sud, et dans une moindre mesure le Ghana, ont accueilli des opérations significatives. Le Maroc (11,2 millions $ pour douze opérations), le Sénégal (8,8 millions $, deux opérations), la Côte d’Ivoire (6,5 millions $, six opérations), sont en milieu de peloton.

Ph. d’archives

La Tunisie a accueilli sept opérations, pour 3,4 millions $, tandis que l’Algérie n’a enregistré qu’une opération, mais d’un montant de 5,5 millions $.

Par secteur, la Fintech reste, de loin, le premier domaine d’activité en montants investis, avec 25% des sommes engagées. La transformation digitale des secteurs économiques clés a permis d’attirer de nombreux financements : l’agrotechnologie a pesé pour 179 millions $, les domaines de la logistique et la mobilité 157 millions, l’énergie hors réseau 146 millions $ et la santé 141 millions $.

À noter qu’en 2020, seulement 13% des tours de financement ont été réalisés par des jeunes entreprises fondées par des femmes, soit 4 points de moins qu’en 2019, mais ces start-up représentent 14% des montants investis cette année, en légère hausse par rapport aux 13% de 2019.

L’écosystème tech africain a attiré non seulement davantage d’investisseurs (+24 % par rapport à l’année précédente), mais ceux-ci sont également plus engagés sur le marché : 108 investisseurs ont réalisé deux transactions ou plus, et parmi eux, 22 ont été très actifs avec au moins cinq transactions.

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