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African Business

Des perspectives cotonnières plus favorables

Les pays ouest-africains s’attendent à une forte reprise de la production et des exportations de coton, en 2021-2022. La Côte d’Ivoire est devenue le deuxième producteur africain, derrière le Bénin et devant le Mali.

Par Marie-Anne Lubin

Le coton ouest-africain se porte bien cette année, dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest. Ce qui ne masque pas les inquiétudes de long terme face aux conséquences prévisibles des dérèglements climatiques. Ainsi, la filière cotonnière de Côte d’Ivoire a-t-elle réalisé un niveau de production jamais atteint : plus de 550 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2020-2021.

Ce niveau fait ainsi de la Côte d’Ivoire le deuxième pays producteur de coton africain après le Bénin, se félicite l’Organisation interprofessionnelle des producteurs, Intercoton.

Selon le ministère américain de l’Agriculture, les pays ouest-africains de coton devraient enregistrer une hausse de leur production et de leurs exportations. Tandis que le Mali (+87%) mènera la tendance, les autres pays suivront.

La Côte d’Ivoire passe ainsi de la troisième place à la deuxième, devant le Mali. Il est vrai que ce dernier pays a subi, sur la période achevée au printemps, la désaffection des producteurs peu encouragés par la perspective d’une baisse des prix subventionnés.

Si l’État a fini, tardivement, par renoncer à cette mesure, les agriculteurs ont préféré se tourner vers d’autres produits comme le millet, le sorgho, le maïs, le soja, etc. La production du Mali devrait rebondir sur l’année qui s’ouvre, à la faveur d’un retour des subventions aux intrants.

Pour la Côte d’Ivoire, la filière du coton demeure stratégique du fait de sa contribution significative au développement des régions Centre et Nord du pays, explique Adama Coulibaly, président du Conseil du coton et de l’anacarde. Qui tient des comptes précis :

« Nous enregistrons 132 268 producteurs de coton en 2020-2021 dont 70 % de producteurs en mode de culture attelée. Nous relevons 237 708 tonnes de fibre de coton en 2020-2021 et 287 665 tonnes de graine de coton. »

La production ivoirienne représente plus de 20 % de la production d’Afrique de l’Ouest en 2021, tandis que le coton est « le quatrième produit agricole d’exportation pour la Côte d’Ivoire ». Les ports ivoiriens assurent également l’exportation de coton-africain, précise Adama Coulibaly, qui souligne que 70% de la graine de coton de la Côte d’Ivoire sont exportés vers les pays voisins.

Réunie en Assemblée générale le 14 juillet dernier, Intercoton s’est dit « prête », par la voix de son directeur général Silué Siontiamma Jean-Baptiste, « à relever tous les défis liés à la résilience climatique ».

Rebond attendu

La bonne gouvernance reconnue d’Intercoton – bénéficiaire de 70 millions de F.CFA en 2020 –, participe des succès de la Côte d’Ivoire dans la filière. Il est vrai que le pays a une longue expérience de l’industrie cotonnière et une bonne organisation des acteurs privés, à travers son organisme interprofessionnel. Voilà qui lui permet de bénéficier de l’appui constant de l’État à travers des subventions et des projets.

Le coton au Burkina Faso

De plus, notent les spécialistes, le Code des investissements est favorable à l’initiative privé, particulièrement quand il s’agit d’installer de nouvelles unités industrielles. Le coton ivoirien bénéficie également de la zone franche du textile à Bouaké, qui offre des opportunités d’investissement.

Selon le ministère américain de l’Agriculture (USDA), les pays ouest-africains de coton devraient enregistrer une hausse de leur production et de leurs exportations. Tandis que le Mali mènera la tendance, les autres pays suivront. Au Mali, l’USDA attend une hausse de 87% de la production, à 2,31 millions de balles, sous réserve que les conditions pluviométriques et parasitaires soient favorables. Les exportations s’élèveraient 1,29 million de balles. De son côté, la Côte d’Ivoire pourrait toucher un record de 1,1 million de balles (+10%), en dépit d’un tassement de 4% des exportations.

De son côté, le Burkina Faso – où vient de s’ouvrir une unité de coton bio –, pourrait enregistrer une hausse de 8% de sa production, à 985 000 balles. À condition que les conditions sécuritaires le permettent, à l’est du pays.

Au Sénégal, si les producteurs ne décident pas de privilégier l’arachide, tout comme en 2020-2021, la hausse pourrait atteindre 5%, à la faveur de meilleurs rendements. De son côté, le Togo, après une année 2020-2021 particulièrement mauvaise (-43%), anticipe un rebond de son activité cotonnière.

Plus globalement, la filière bénéficiera de la reprise économique mondiale, qui pourrait augmenter de 2% en 2021, selon le Comité consultatif international du coton (ICAC).

Malu

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