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African Business

CPA : Mieux financer les projets franco-africains

Un engagement insuffisant des banques

Le président du Conseil des diasporas africaines de France, Serge Bakoa, le rappelle : l’amorçage, soit les capitaux d’effet de levier, est « le ventre mou » de l’appui au financement.

Les dispositifs tels que le Livret d’épargne pour le codéveloppement ou les contrats de projet et de désendettement de l’AFD (Agence française de développement) n’y suffisent pas. « La difficulté augmente encore », renchérit Aziz Senni, président de C Mon Taxi, « pour l’entrepreneur qui voudrait aller de la France vers l’Afrique » et qui découvre alors des établissements bancaires pourtant familiers qui ne le connaissent plus et lui imposent de redevenir un nouveau client.

La culture des banques ou plutôt des banquiers pose des problèmes d’empathie, d’expérience, or « on devrait pouvoir voir des gens qui nous ressemblent un peu », demande Bubacar Diallo, fondateur de la société bordelaise Benoo Energies. Il raconte la difficulté à démontrer l’existence de marchés rentables en Afrique à des banques qui découvrent entièrement ces projets et certains territoires.

Pour lui, les investisseurs eux-mêmes gagneraient à présenter « plus de diversité et la volonté de nous réintégrer dans un système classique sans nous mettre un tampon diaspora ». Dans le public, la propriétaire d’une entreprise de négoce de matériel français vers l’Afrique confirme la réticence de BPI France à investir dans son affaire.

Un intervenant lors du débat public du CPA à Bordeaux

La dirigeante d’une coopérative franco-marocaine est incitée à revoir son projet pour « ne financer que le côté français or je crée de l’emploi sur les deux rives, et je risque de lâcher l’affaire ». Demande collective est adressée au CPA : obtenir des pouvoirs publics la création d’un guichet unique pour la formation et le financement des entrepreneurs qui ont l’ambition des deux continents. Le pourra-t-il alors qu’il semble peiner à traduire la diversité de ses interlocuteurs ?

Wilfrid Lauriano do Rego entend malgré tout accomplir sa mission. Il a assuré « comprendre les attentes de chacun », même de ceux qui « sont dans la tech et ont eu l’impression qu’on les ramenait dans les quartiers ».

Le CPA court le risque de décevoir les attentes de son public s’il ne donne pas bientôt la preuve des remontées promises auprès de l’exécutif français. Pour changer de cap, restent trois rendez-vous à venir à Marseille, Lyon et Paris.

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