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African Business

ATAF : Philippe Tchodie aux commandes

Pour la première fois, le Forum sur l’administration fiscale africaine, l’ATAF, a nommé un francophone à sa tête. Charge à l’économiste togolais Philippe Tchodie de mieux faire connaître les idées de cette organisation panafricaine de fiscalistes.

Par Laurent Soucaille

L’Assemblée générale du Forum sur l’administration fiscale africaine ATAF a élu Philippe Tchodie comme nouveau président de cette organisation continentale, lors de sa sixième assemblée générale. Le Conseil de l’ATAF est élu pour un mandat de deux ans afin de fournir l’orientation stratégique et le leadership nécessaires à la réalisation de la vision et des objectifs de l’organisation.

La nouvelle équipe dirigeante pour les deux prochaines années est composée du Togo (président), de l’Afrique du Sud (vice-président), du Burundi, du Kenya, du Maroc, du Mozambique, du Rwanda, de la Gambie, de l’Ouganda et de la Zambie.

Dans son discours d’acceptation, Philippe Tchodie a déclaré que l’élection d’un président francophone pour la première fois dans l’histoire de l’ATAF « témoigne de l’esprit panafricain de l’organisation ». L’ATAF regroupe 39 pays africains, dont 14 pays francophones.

En effet, le Togo a siégé à plusieurs conseils de l’ATAF, y compris à celui du président sortant, mais ce sera la première fois qu’il occupera son plus haut siège. Le nouvel élu s’est engagé à saisir l’occasion de sa présidence pour développer davantage l’ATAF dans les pays francophones.

Il entend poursuivre des réformes au sein du secrétariat afin d’assurer une plus grande représentation régionale et consolider les progrès réalisés jusqu’à présent en matière de viabilité financière de l’organisation.

Philippe Tchodie est le commissaire général de l’Office togolais des recettes (OTR). Économiste, il a collaboré, tout au long de sa carrière, avec divers organismes dont la Banque africaine de développement. Son principe d’action, énoncé sur les réseaux sociaux : « Jamais de dos, toujours de face. »

L’assemblée générale de l’ATAF a été l’occasion de prendre d’autres décisions, notamment l’adoption du nouveau plan stratégique 2021-2025. Les participants ont pris acte du moment critique que vit l’Afrique, avec le débat en cours sur l’imposition de l’économie numérique, le coup dévastateur porté par la Covid-19 sur les économies et la nécessité pour l’ATAF de renforcer son assistance technique pour la mobilisation des ressources intérieures.

En outre, le secrétaire exécutif, Logan Wort, a été reconduit pour quatre ans, « ce qui constitue une démarche prudente visant à assurer la stabilité au sein de l’organisation alors qu’elle relève les défis liés aux réformes en cours du système fiscal international ».

Améliorer la gouvernance en Afrique

L’ATAF est une organisation qui a été créée par les autorités fiscales africaines en 2009, afin d’améliorer la performance des administrations. Ses membres sont convaincus qu’une meilleure administration fiscale favorisera la croissance économique, accroîtra la responsabilité de l’État envers ses citoyens et mobilisera plus efficacement les ressources nationales.

À partir de son siège à Pretoria, l’ATAF cherche à améliorer la capacité des administrations fiscales africaines à atteindre leurs objectifs de recettes et à faire progresser le rôle de la fiscalité dans la gouvernance africaine.

Entre autres missions, Philippe Tchodie aura pour mission d’inciter les administrations fiscales à digitaliser massivement leurs opérations. Et à faire connaître les recommandations de l’ATAF en faveur d’une meilleure collecte de l’impôt.

L’organisation a pour mission de promouvoir la construction de l’État, de donner une voix aux administrations fiscales africaines et de développer et soutenir les partenariats entre les pays africains et les partenaires au développement.

Selon les calculs de l’ATAF, l’Afrique devrait perdre près de milliards de dollars en recettes fiscales en 2020. Outre la réorientation stratégique, le Forum conseille aux administrations fiscales de miser davantage sur la digitalisation. Sans doute, l’une des missions principales de Philippe Tchodie sera d’inciter davantage les administrations fiscales africaines à numériser leurs opérations.

Sans oublier le nécessaire renforcement du système fiscal africain face à l’optimisation fiscale des sociétés multinationales. Sur ce point, l’ATAF a élaboré une grille législative, qui pourrait servir de base à une législation fiscale sur les services numériques.

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LS 

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