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African Business

Cemac : Le marché financier en quête d’un second souffle

Peu actif en 2020, le marché financier unifié d’Afrique centrale devrait entrer dans une nouvelle phase cette année. Il vient de recevoir un nouveau coup de pouce de la Banque africaine de développement, appuyé par ses partenaires.

Par Kimberly Adams

Nom de code : # Action Régionale #. Il s’agit en fait de l’appellation boursière de La Régionale d’épargne et de crédit, société camerounaise de microfinance.

Laquelle est la première entreprise à émettre des actions et à se faire coter directement à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), nouvelle formule. Depuis sa création en 2019, cette Bourse unifiée, dont le siège est à Douala, n’avait accueilli que des levées de fonds obligataires.

Le projet stimulera, considèrent ses promoteurs, l’« approfondissement du marché financier régional », grâce à une série de réformes visant à développer davantage le marché des titres publics, encourager la croissance de l’épargne domestique longue.

Le plus important d’entre elles, jusqu’à présent, a permis à la BDEAC (Banque de développement des États de l’Afrique centrale) de lever 107 milliards de F.CFA, en décembre 2020. Sachant que l’État du Gabon est en train de finaliser son emprunt obligataire de 175 milliards de F.CFA, qui pourrait rejoindre la cote.

Quelque 61 630 actions de La Régionale circulent. La levée de fonds de cette institution de microfinance (2,58 milliards de F.CFA, 3,93 millions d’euros) est inférieure à celle envisagée par son administrateur, Charles Rollin Ombang Ekath, mais elle devrait lui permettre de financer sa mutation en banque classique.

À cet effet, La Régionale tiendra son Assemblée générale le 17 juin 2021 ; ses nouveaux actionnaires auront à se prononcer sur ce changement de statut. Cette société compte 41 agences au Cameroun et quatre au Gabon.  

Le marché financier régional émerge donc, mais son dynamisme est tout relatif. C’est aussi pour lui donner un coup de pouce que la BAD (Banque africaine de développement) vient de conclure un accord de don avec la BEAC, la Banque centrale des États de l’Afrique centrale.

Encourager l’épargne longue

Ce financement de 994 638 dollars provient du Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA), financé par le Japon et l’Autriche. Il vient s’ajouter à des ressources déjà dégagées par la BAD en appui au marché financier régional.

Ce don du FAPA s’ajoute ainsi à une assistance technique approuvée en 2019 pour appuyer le démarrage du Marché financier unifié en Afrique centrale, ainsi qu’un programme de renforcement de capacités supervisé par la BAD et soutenu par le Fonds français d’assistance technique. La BEAC a été mandatée par les chefs d’État de la CEMAC en vue de renforcer les acteurs du marché financier régional d’Afrique centrale et dynamiser davantage le marché des titres publics de la zone.

L’appui apporté par la BAD permettra de mettre en œuvre trois principales composantes : la dynamisation du marché des titres publics, l’appui à la Bourse et l’appui à la gestion du projet.

Le projet stimulera, considèrent ses promoteurs, l’« approfondissement du marché financier régional », grâce à une série de réformes visant à développer davantage le marché des titres publics, encourager l’épargne domestique longue. Réformes visant aussi à améliorer les conditions de cotation en Bourse afin de stimuler les introductions à la cote et les obligations d’entreprises, ainsi que renforcer les capacités des institutions de marché et des acteurs.

Par exemple, le projet permettra de soutenir les compagnies d’assurances à travers la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA) en favorisant la collecte de données du marché des assurances, fiables, automatisées, disponibles et coordonnées ainsi que la mise en conformité du cadre réglementaire aux standards internationaux.

Les bénéficiaires directs de ce nouvel appui de la BAD sont la BEAC, la BVMAC, la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (Cosumaf), le dépositaire central, la CIMA et les agents économiques de la Zone.

Des incitations aux entreprises privées

Il est vrai que l’année 2020 a été plutôt médiocre, pour la BVMAC. En repli, la capitalisation a atteint 353,2 milliards de F.CFA (538 millions d’euros) sur le compartiment des actions et 685,3 milliards (1,044 milliard d’euros) sur celui des obligations.

En partie, cette contre-performance s’explique par la décision des États membres de différer l’introduction en Bourse de sociétés publiques, compte tenu des conditions de marchés défavorables pour raison de pandémie.

Pourtant, l’année 2021 devrait permettre la seconde phase de l’optimisation des nouvelles structures du marché (Cosumaf, dépositaire central, etc.) en parallèle du chantier d’approfondissement du marché régional des valeurs du Trésor.

Par exemple, les sociétés qui s’inscrivent à la cote, ainsi que celles qui recourent au marché obligataire, bénéficieront d’une réduction de 25% de l’impôt sur les sociétés.

KA

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Written by Par Kimberly Adams

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