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Accord entre l’Europe et la Mauritanie sur les migrations

Accord entre l’Europe et la Mauritanie sur les migrations
  • Publiémars 11, 2024

La Mauritanie, à l’économie jugée fragile par le FMI, signe avec l’Union européenne une déclaration, non contraignante, lui permettant de bénéficier d’un nouvel appui dans la gestion des migrations.

 

L’Union européenne et la Mauritanie ont convenu d’un nouveau partenariat, aux contours encore flous, sur la question migratoire. Si l’on évoque souvent la Tunisie ou la Libye comme pays de transit des migrants, le pays de la côte Atlantique offre une route à destination des Canaries. Dans des conditions très dangereuses, des milliers de migrants gagnent l’île espagnole chaque mois ; ils auraient été 12 000, au total, en janvier et février 2024, soit six fois plus que lors des deux premiers mois de 2023.

Ce partenariat doit ouvrir la voie à un financement européen afin d’aider la Mauritanie à affronter cette situation, notamment dans sa lutte contre le trafic de migrants. Il s’agit aussi d’aider la sécurité et la stabilité, l’aide humanitaire en faveur des réfugiés et le soutien aux communautés d’accueil.

Le FMI redoute d’éventuels retards dans le démarrage de l’exploitation du projet gazier Greater Tortue Ahmeyim ainsi que des fluctuations défavorables des prix sur les marchés des matières premières.

Pour l’heure, cet accord ne recèle que des dispositions non contraignantes. Il vise, entre autres objectifs, à renforcer les capacités des gardes-frontières mauritaniens, en accroissant la coopération avec l’agence Frontex, notamment dans les domaines de de la formation et des équipements. Il s’agit de renforcer la coopération pour les opérations de recherche et de sauvetage. L’UE veut également appuyer les efforts de la Mauritanie dans ses capacités d’accueil, en particulier des plus vulnérables. Dans le pays résident quelque 150.000 réfugiés du Mali. Des enquêtes conjointes permettront de prévenir la migration irrégulière.

La coopération sera renforcée en matière de retour « potentiel » et de réadmission en ce qui concerne les Mauritaniens en séjour irrégulier dans l’UE, « dans le respect de leurs droits et de leur dignité », précise la Commission dans un communiqué.

Ylva Johansson, commissaire européenne aux affaires intérieures et Abdessalam Ould Mohamed Saleh, ministre mauritanien de l’Économie et du développement durable (assis, au centre).
Ylva Johansson, commissaire européenne aux affaires intérieures et Abdessalam Ould Mohamed Saleh, ministre mauritanien de l’Économie et du développement durable (assis, au centre).

Uniquement les Mauritaniens, bien sûr : « J’affirme ici que la Mauritanie ne sera jamais la patrie des migrants illégaux étrangers. Nous ne les recevrons pas, ne les abriterons pas et ne leur accorderons pas la citoyenneté », affirme Abdessalam Ould Mohamed Saleh, ministre de l’Économie.

 

Les inquiétudes du FMI

L’accord se double de considérations relatives à la coopération économique et en matière d’enseignement. En février, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen avait révélé, lors d’un déplacement à Nouakchott, la mobilisation de 210 millions d’euros en faveur de la Mauritanie.

Par ailleurs, les services du FMI et les autorités mauritaniennes ont conclu un accord préalable à l’issue de la mission relative aux deuxièmes revues du programme économique appuyé par la FEC et le MEDC (Facilité et Mécanisme élargis de crédit). La Mauritanie recevra 6,44 millions de DTS (environ 8,58 millions de dollars) dans le cadre de la FEC et du MEDC et d’un autre décaissement de 14,86 millions de DTS (environ 19,79 millions de dollars).

Selon le rapporteur de la mission du FMI qui s’est rendue dans en Mauritanie la semaine passée, en 2024, la croissance économique atteindra 4,3% contre 3,4 % en 2023, tirée par la performance du secteur non extractif. L’inflation a fortement ralenti en se situant à 2,6 % en février 2024 contre 9 % un an plus, en raison de la baisse des prix des produits des matières premières et du resserrement de la politique monétaire.

Sur la base des données préliminaires, le déficit du compte courant se serait réduit en 2023, à 9,8 % du PIB, contre 16,7% à fin 2022.

« Les perspectives économiques demeurent incertaines. Une escalade des tensions géopolitiques pourrait affecter la Mauritanie en provoquant de nouveaux chocs des termes de l’échange », prévient le rapporteur, Félix Fisher. Qui prévient : « Des catastrophes climatiques plus fréquentes pourraient détériorer les infrastructures, les terres arables et la production agricole, et créer une insécurité alimentaire relativement élevée. »

Et le FMI de redouter d’éventuels retards dans le démarrage de l’exploitation du projet gazier Greater Tortue Ahmeyim (GTA) ainsi que des fluctuations défavorables des prix sur les marchés des matières premières. Tout cela pourrait réduire les recettes budgétaires, accroître les besoins de financement extérieur et aggraver le profil de la dette à moyen terme. Bien sûr, la mise en œuvre des phases futures du projet GTA ou d’autres grands projets miniers amélioreront la croissance économique et la balance des paiements.

@AB

 

Écrit par
Aude Darc

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