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Accord entre le FMI et le Mali

Accord entre le FMI et le Mali
  • Publiémai 2, 2024

Apportant une aide d’urgence aux finances du Mali, le FMI prévient un tassement de la croissance passager en 2024 pour un pays, de son point de vue, en quête de stabilité économique.

 

Une délégation du FMI (Fonds monétaire international) et les autorités maliennes sont parvenues à un accord sur un financement d’urgence, annonce l’institution financière. L’occasion de prendre le pouls d’une économie malienne « récemment frappée par de multiples chocs exogènes » et la contraction des financements disponibles dans la région. Ces chocs ont contribué à l’augmentation des coûts d’importation des biens essentiels tels que la nourriture, les engrais et les matériaux nécessaires pour soutenir les populations déplacées.

Le FMI reconnaît l’importance de protéger l’investissement public pour maintenir les perspectives de croissance à moyen terme et une gestion efficace de la dette, pour assurer sa viabilité.

Par conséquent, ces défis ont mis à rude épreuve le budget de l’État, élevé le coût de la vie et accru l’insécurité alimentaire, qui affecterait 24 % de la population, contre 15 % il y a un an.

Sous réserve d’approbation par le Conseil d’administration du FMI, le Mali recevra environ 120 millions de dollars, ce qui représente 0,6 % du PIB.

L’aide financière potentielle du FMI soutiendrait la fourniture de nourriture et des transferts monétaires ciblés aux personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans les régions du centre et du nord. Le décaissement couvrirait également des dépenses pour l’éducation, les abris, les articles non alimentaires et l’accès à l’eau potable, à la santé et aux installations sanitaires, révèle le FMI.

Alousséni Sanou, ministre malien de l'Économie.
Alousséni Sanou, ministre malien de l’Économie.

L’équipe de l’institution financière et les autorités maliennes ont également tenu des discussions sur les perspectives et les politiques économiques du Mali.

La croissance avoisinerait 4,4% en 2023, l’économie « faisant preuve de résilience dans des circonstances difficiles et à la suite de multiples chocs ces dernières années ».

Alors que la hausse des prix de l’or et du coton a stimulé les exportations, les préoccupations accrues en matière de sécurité et les fréquentes pannes d’électricité ont pesé négativement sur la croissance.

 

Perspectives incertaines

L’inflation globale a chuté à 2,1 % en 2023 contre 9,7 % en 2022, mais le coût des aliments est resté élevé et a contribué à l’augmentation de l’insécurité alimentaire.

Dans ce contexte, le déficit budgétaire du gouvernement, estimé à 3,9 % du PIB de 2023, reflète en grande partie les dépenses de sécurité, les salaires publics et la facture d’intérêt. Ensemble, ils consomment plus des trois quarts des recettes fiscales et « risquent d’évincer les dépenses favorables à la croissance pour le filet de Sécurité sociale et l’investissement », observe le FMI.

L’absence persistante de soutien budgétaire extérieur, combinée à des conditions de financement plus strictes dans l’ensemble de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), a augmenté les coûts d’emprunt et créé une contraction des financements. En 2023, d’ailleurs, les ressources mobilisées par le Mali sur le marché financier régional ont été inférieures aux attentes.

« Les perspectives à court terme sont incertaines et sujettes à d’importants risques baissiers », prévient le FMI. La croissance du PIB réel devrait ralentir à 3,8 % en 2024, en raison des pannes d’électricité, des effets négatifs du départ de Minusma (Force des Nations unies) sur le secteur tertiaire, une baisse dans la production d’or et de l’incertitude entourant le report des élections et la sortie de la CEDEAO. Toutefois, la croissance pourrait de nouveau s’inscrire à 4,4 % en 2025.

Les discussions se sont tenues en marge des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale.
Les discussions se sont tenues en marge des Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale.

 

Les principaux risques à la baisse comprennent la poursuite des pannes d’électricité, la détérioration de la sécurité, les risques croissants de stabilité financière dans un contexte d’escalade des besoins de financement du gouvernement, la volatilité des prix internationaux des produits de base, le resserrement des conditions financières mondiales, et les vulnérabilités climatiques.

Dès lors, « assurer un approvisionnement en électricité stable et rentable est la priorité numéro un du Mali ». Selon le FMI, le Mali doit revenir vers le plafond de déficit budgétaire de 3 %, imposé par l’UEMOA ; un point « important dans un contexte de conditions de financement serrés et de coûts d’emprunt élevés ».

 

Protéger l’investissement public

De même, pour protéger la viabilité des finances publiques, il est essentiel d’améliorer la mobilisation des recettes. L’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction des exonérations fiscales coûteuses et le renforcement de l’administration fiscale et douanière pourraient tous contribuer à l’augmentation des recettes. Selon le FMI, il est également important de réduire l’augmentation de la masse salariale du secteur public et de remédier aux faiblesses budgétaires des entreprises publiques. Pour autant, le FMI reconnaît l’« importance de protéger l’investissement public pour maintenir les perspectives de croissance à moyen terme et une gestion efficace de la dette, pour assurer sa viabilité ».

Enfin, dans l’optique d’améliorer le climat des affaires, « en plus de renforcer la gouvernance et de lutter contre la corruption, les mesures à cet effet seront essentielles pour rétablir la confiance et attirer les investisseurs nationaux et étrangers », tandis que « le Mali doit également poursuivre les politiques visant à lutter contre les effets du changement climatique restent également importantes à long terme ».

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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