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African Banker>Décideurs

Christian Josz parle des crédits

Après avoir gelé ses crédits, le FMI a envoyé, en septembre 2014, une seconde mission d’évaluation au Mali. Son animateur, Christian Josz, fait part de ses découvertes et des progrès réalisés.

La première mission, au printemps 2014, s’était mal passée, le FMI avait reproché aux autorités maliennes de lui avoir caché des informations. Êtes-vous, cette fois-ci, satisfait de leur collaboration?

Oui, cette seconde mission s’est bien mieux déroulée. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, nous a assurés qu’il voulait laisser les difficultés derrière lui ; il a reconnu que nous étions dans notre rôle en attirant l’attention sur les écarts commis en termes de bonne gouvernance. Les autorités ont, cette fois-ci, fait preuve d’une ouverture totale.

Les accords entre le Mali et le FMI sont à la mesure des problèmes que nous avions à résoudre. Nous attendons un déboursement de 12 millions $ dans les jours qui suivront notre conseil d’administration, début décembre.

Vous avez eu accès à deux audits commandés par les autorités maliennes, à votre demande, au Vérificateur général du Mali et à la Cour suprême. Ces derniers ont-ils réalisé leurs travaux de manière indépendante, sans pression des autorités ?

Complètement, et je veux d’ailleurs rendre hommage au travail de ces deux institutions et à la qualité de leurs travaux. Les autorités les ont laissés travailler de manière indépendante, sans aucune pression.

Plusieurs dossiers avaient été soulevés par le FMI pour justifier la suspension des aides. Comme celui de l’achat, pour 30 millions d’euros, d’un avion présidentiel, hors cadre budgétaire. Avez-vous été rassuré à ce sujet ?

Nous avons effectivement eu l’occasion de comprendre ce qui s’était – mal – passé. L’avion n’a pas fait l’objet d’un appel d’offres, les contrats d’intermédiation autour de l’appareil non plus, ce qui constitue une entorse au Code des marchés publics. Quand les autorités ont acheté cet avion, elles n’avaient pas de crédits pour cela dans le budget national, et au moment où elles ont payé l’achat, elles n’avaient même pas en main les pièces prouvant que l’avion avait été livré ! Depuis, la dépense a été régularisée dans une loi de Finances rectificative, mais cette affaire témoigne néanmoins de manquements assez graves aux règles. 

Ces manquements laissent à penser qu’il y a pu avoir des malversations ?

Dans le cas de l’avion… cela n’est pas clair ! Le Vérificateur général du Mali note que l’intermédiaire, qui a reçu une rémunération de 1 ou 2 millions $, avait été nommé sans appel d’offres. Et que son contrat était mal structuré, car il était rémunéré à la commission, de 5 %. Le Mali n’avait donc pas la garantie qu’il chercherait l’avion le moins cher. Ces irrégularités ne sont pas encore tout à fait réglées en ce qui concerne le traitement budgétaire. Mais le Vérificateur est aussi arrivé à la conclusion que le prix de l’avion, s’il est dans le haut de la fourchette, correspond aux normes pour ce type d’appareil.

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