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Essor du Private Equity

Un modèle adapté à l’Afrique

Selon un rapport sectoriel rédigé par la société Preqin fin 2010, 172 gestionnaires de fonds ont un service dédié à la région Afrique, mais seulement 2 % de tous les fonds d’inves­tissement privés actifs en Afrique ont un siège social sur le continent africain. Les gestion­naires de fonds africains sont regroupés dans quelques pays comme l’Afrique du Sud (qui en héberge 5 %), l’Égypte (9 %), l’île Maurice (7 %) et le Maroc (6 %).

Si le Private Equity constitue un passage obligé pour le développement du continent, il peut parfois s’avérer contraignant pour les entreprises. Pour Jennifer Choi, vice-présidente de l’Emerging Markets Private Equity Associa­tion (Empea), le Private Equity peut dépasser les insuffisances structurelles des marchés de capitaux : « Particulièrement bien adapté au contexte africain, le modèle du capital-inves­tissement séduit une catégorie d’investisseurs de plus en plus internationale et diversifiée. Le capital-investissement offre une solution à des institutions qui auraient pu investir directement dans des entreprises, mais qui en sont dissuadées par l’opacité des marchés. »

Il est également un outil pour pallier les difficultés rencontrées par les petites entreprises pour accéder au crédit bancaire. Selon les consultants Jean-Claude Fontanive et Louis-Lyonel Voiron, « le microcré­dit et les financements publics à grande échelle des infrastructures ne peuvent pas, à eux seuls, mettre l’Afrique sur la voie d’une croissance durable. Pour que le continent demeure sur cette courbe vertueuse, les fonds de Private Equity sont un passage obligé, dans la mesure où ils permettent de financer l’amorçage et le développement de jeunes entreprises à fort potentiel de croissance. Ces jeunes structures ne sont pas assez solides pour prétendre aux prêts bancaires, mais elles ont besoin des capital-risqueurs, et de l’appui de professionnels qui peuvent les aider à négocier des périodes délicates souvent fatales aux aventures entrepreneuriales. »

Le fonds de Private Equity impose des contraintes spécifiques, y compris humaines : en siégeant au conseil d’administration, son représentant crée une intimité parfois difficile à rompre à la sortie du fonds. À l’inverse, il est parfois difficile, pour les entreprises à caractère familial, d’associer les capital-investisseurs à sa gestion interne, avec des pratiques et une stratégie souvent différentes.

Il devient aujourd’hui essentiel que les cadres législatifs et réglementaires des pays africains soient adaptés et « offrent une possibilité réelle de résoudre les différends selon des modes alternatifs », comme le réclame l’avocat d’affaires international Silvestre Tandeau de Marsac.

L’expérience du groupe agro-industriel Somdiaa, relatée par son PDG Alexandre Vilgrain, est éloquente. À « l’électrochoc » des due diligences pendant lesquelles « le fonds déshabille la société, la questionne » et remet en cause sa stratégie, succèdent les négociations sur la valeur de l’entreprise, qui met en exergue la divergence de stratégie des deux acteurs.

« Le fonds d’inves­tissement a clairement pour objectif de réaliser une bonne affaire à son entrée dans le capital de l’entreprise, alors même que le dirigeant est convaincu que la bonne affaire, c’est la sortie. » Sortie qui peut, paradoxalement, être tristement vécue « comme un divorce par les dirigeants », après plusieurs années d’étroite collaboration.

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