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African Banker

Zlecaf : Afrexibank participe à son fonds d’ajustement

La Zone de libre-échange continentale africaine se dote d’un nouvel outil qui viendra aider les pays, puis les entreprises, à s’insérer sans heurts au commerce intra-africain. En tant que banque du commerce, Afreximbank apporte un premier milliard de dollars au dispositif.

Par Véronique Clara-Véronne 

Annoncé depuis plusieurs mois, le Fonds d’ajustement de la ZLECAf prend corps, avec le soutien d’Afreximbank. En effet, le secrétariat de Zone de libre-échange continentale africaine et la Banque africaine d’Import-Export joignent leurs forces pour constituer une cagnotte abondant ce nouveau dispositif. 

Ce Fonds d’ajustement de la ZLECAf part d’un postulat : la future zone de libre-échange doit être acceptée par le plus grand nombre de pays africains. Or, certains n’ont pas forcément à gagner, du moins dans un premier temps, à une zone de libre-échange.

La ZLECAf dispose désormais d’un « excellent outil » pour apporter un soutien aux États africains et à leur secteur privé « par le biais de financements, d’une assistance technique, de subventions et de fonds de compensation », estime son secrétaire général, Wamkele Mene.

Ne serait-ce parce qu’ils ne sont pas dotés des « avantages comparatifs » leur permettant de s’insérer dans le commerce intra-africain en toute sérénité. De plus, la réduction des barrières tarifaires signifie chute des droits de douane, une recette précieuse pour le Budget d’un État.

Il faut donc aux promoteurs de la ZLECAf un mécanisme compensatoire, quitte à ce que celui-ci fausse un peu les règles du jeu. [Sur ces questions, lire la tribune de Hippolyte Fofack (Afreximbank) et une analyse de l’Agence française de développement.]  

Le Fonds aidera les pays africains et le secteur privé à participer, de manière efficace, au nouvel environnement commercial créé dans le cadre de la ZLECAf. Les ressources requises pour le Fonds d’ajustement au cours des cinq à dix prochaines années sont estimées à 10 milliards de dollars. Afreximbank a déjà engagé 1 milliard $.

Sur le plan formel, un accord de gestion du Fonds a été paraphé, le 9 février 2022, par Benedict Oramah, président d’Afreximbank et Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAf.

Les deux institutions avaient été mandatées par le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine et les ministres africains du Commerce pour constituer le Fonds d’ajustement de la ZLECAf. L’objectif est bien d’aider les participants à la ZLECAf à s’adapter au nouvel environnement commercial libéralisé et intégré.

Le Fonds d’ajustement est composé d’un Fonds de base, d’un Fonds général et d’un Fonds de crédit. Le Fonds de base sera constitué de contributions des États membres, de subventions et d’un fonds d’assistance technique.

Ils pourront ainsi faire face aux pertes de recettes tarifaires pouvant résulter de l’élimination des droits de douane. Il aidera également les pays à mettre en œuvre diverses dispositions de l’accord portant création de la Zone, de ses protocoles et de ses annexes.

Le Fonds général et le Fonds de crédit mobiliseront respectivement des financements concessionnels et des financements commerciaux en vue de soutenir les secteurs public et privé, de leur permettre de s’adapter et de tirer parti des opportunités créées par le libre-échange.

« Au moment où nous réalisons des avancées significatives dans l’établissement des listes de concessions tarifaires, la finalisation du Fonds d’ajustement nous permettra de maintenir et même d’accélérer la dynamique », se félicite Wamkele Mene.

Qui considère disposer désormais d’un « excellent outil » pour apporter un soutien aux États africains et à leur secteur privé « par le biais de financements, d’une assistance technique, de subventions et de fonds de compensation ».

Le Fonds les aidera à atténuer les pertes de recettes et les pressions concurrentielles qui pourraient résulter de la réduction des droits de douane et de la libéralisation des marchés.

Pour Benedict Oramah, les fonds seront utilisés pour aider les secteurs public et privé à faire face aux perturbations à court terme, « tout en permettant au secteur privé de se réoutiller, de se recycler et de développer des capacités » nouvelles. Lesquelles permettront aux entreprises africaines d’être compétitives en intégrant les chaînes de valeur continentales.

 Ce dispositif s’ajoute, rappelle Benedict Oramah, au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), dont le lancement commercial s’est déroulé le 13 janvier 2022. Ainsi qu’à d’autres initiatives dont la Foire commerciale intra-africaine, dont l’édition 2021 de Durban « a connu un franc succès ».

Afreximbank et ses partenaires lanceront « très prochainement » le Fonds général et le Fonds de crédit pour répondre aux besoins du secteur privé, y compris des PME, des femmes et des jeunes.

@ABKF 

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