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African Banker Opinion

Vous pouvez définitivement compter sur l’Afrique 

Vous pouvez définitivement compter sur l’Afrique 
  • Publiéjuin 21, 2024

Manuel Moses, directeur général de l’African Trade & Investment Development Insurance (ATIDI) expose sa vision du « risque Afrique » et l’apport de sa société.

 

Il est indéniable que certains risques pour l’investissement en Afrique sont réapparus récemment ou sont en train de s’accroître. Le surendettement, la volatilité politique – autour des processus électoraux, l’insécurité persistante liée au terrorisme, les lacunes en matière de gouvernance et bien d’autres choses encore –, limitent à la fois l’appétit des investisseurs pour notre continent et l’accès à des financements abordables pour les économies africaines.

En 2000, le montant total des investissements directs étrangers (IDE) que toutes les nations africaines souveraines ont pu tirer de toutes les sources mondiales de capitaux s’élevait à peine à 17 milliards de dollars. Bien que les IDE soient passés à 48 milliards $ en 2023, la perception du risque reste l’un des principaux facteurs contribuant au déficit de financement du commerce et de l’investissement du continent, estimé à 200 milliards $. 

Ce sont là des observations sombres, mais étayées ; remettons-les en perspective. Tout d’abord, malgré des dysfonctionnements persistants, il est indéniable que les gouvernements africains se réforment rapidement pour offrir un environnement commercial de plus en plus attrayant aux investisseurs potentiels et réels. Faire des affaires en Afrique devient de plus en plus prévisible, abordable, pratique et connecté.

 

 Un monde plus attractif

Je citerai le potentiel largement intact de l’Afrique, qui va de ses jeunes populations à des secteurs tels que les infrastructures, les chaînes d’approvisionnement agricole, les nouvelles technologies, les transports, l’hôtellerie, la santé… pour créer des emplois, générer des revenus et contribuer à une croissance et à un développement durables et centrés sur l’être humain.

Il y a aussi les perspectives ouvertes par l’avènement de la ZLECAf, le plus grand groupement de libre-échange au monde en nombre d’États membres et un marché continental potentiel de 1,5 milliard de citoyens et de consommateurs. 

 

L’inhabituel en affaires 

Enfin, l’Afrique s’est révélée être une destination d’investissement rentable. En effet, en 2019,, le continent a offert un taux de rendement de 6,5 % sur les IDE entrants – un chiffre plus élevé que les 6,2 % de l’Amérique latine et 6 % des Caraïbes, et des nations développées.

Au-delà de ces considérations, il existe une dure vérité que nous ne pouvons plus ignorer : l’« inhabituel en affaires » pourrait être la nouvelle norme, et l’« incertitude » est un risque perçu ou réel avec lequel nous devrons tout simplement vivre et faire des affaires.

La mondialisation, les vents contraires qui persistent dans l’économie mondiale, les retombées de la pandémie du virus Covid-19, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, la multipolarité, les crises multiples, pour ne citer que quelques problèmes majeurs, bouleversent les cycles traditionnels de l’économie et de la planification. L’Afrique ne fait pas exception dans ce nouvel environnement commercial complexe. 

En bref, ceux qui investissent en Afrique n’ont pas besoin de faire un acte de foi : la région offre des investissements attrayants et l’Afrique dispose d’un atout précieux sous la forme de l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI). 



Protéger les investissements

ATIDI a été créée en 2001 pour apporter une sécurité supplémentaire aux investisseurs étrangers qui considéraient que le continent était trop risqué pour s’y engager. Depuis, elle est devenue le premier fournisseur d’assurance commerciale et d’investissement du continent. 

L’ATIDI compte aujourd’hui 24 États membres et treize partenaires institutionnels (dont la BAD, la SACE SpA italienne, la NEXI japonaise et la CESCE espagnole). Notre empreinte s’étend sur toute l’Afrique et nous sommes prêts à continuer à l’étendre dans les années à venir, de sorte qu’un jour, nous pourrons compter parmi nos membres tous les pays africains. 

L’ATIDI bénéficie d’une excellente notation : « A, perspective stable » par S&P Global Ratings et « A3, positive » par Moody’s, respectivement, ce qui nous permet de couvrir un large éventail de projets et d’aider à conclure des transactions.

Nous proposons des produits d’assurance sur mesure qui permettent aux investisseurs de s’engager en toute confiance, car ils savent que leurs projets et les ressources qu’ils mobilisent sont protégés. Plus précisément, ATIDI assure les risques liés à l’investissement et au commerce afin de protéger les investisseurs contre des incidents tels que le non-paiement, les retards de paiement, l’inconvertibilité des devises, l’expropriation ou l’annulation de contrats. Notre statut de créancier privilégié dans tous nos États membres et nos solides partenariats avec les gouvernements de tout le continent nous permettent de trouver des accords constructifs qui garantissent le respect des conditions et de préserver les relations de travail en vue d’une collaboration future.

Nous nous engageons également dans une collaboration et des partenariats avec des acteurs clés de notre industrie – y compris des institutions financières multilatérales, des agences de crédit à l’exportation, des assureurs, des réassureurs et des partenaires du développement – afin de garantir que nos solutions sont alignées sur les priorités de développement nationales et continentales et qu’elles sont conformes aux critères ESG. 

 

Partenariat stratégique

À titre d’exemple, en décembre 2023, l’ATIDI est devenu un partenaire stratégique du Pacte de développement pour les pays lusophones (LDC) dirigé par la BAD. Ce pacte réunit le gouvernement du Portugal et six pays africains lusophones : l’Angola, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Mozambique et São Tomé et Príncipe. Le LDC offre une plateforme qui permet d’atténuer les risques, de proposer des produits de financement et une assistance technique afin d’accélérer le développement du secteur privé et les investissements dans les États membres du pacte.

L’ATIDI déploiera ses solutions d’atténuation des risques dans les États membres du LDC, accélérant ainsi l’investissement privé qui peut transformer le LDC en un puissant centre économique régional. Notre présence dans les LDC est un gage de notre partenariat exemplaire avec la BAD, qui est devenue actionnaire de l’ATIDI en 2013. Depuis, la BAD a financé l’adhésion de plusieurs pays à notre organisation (dernièrement le Mali, en décembre 2023, grâce à une facilité de financement de 10,9 millions de dollars).     

La banque a également utilisé nos solutions – par exemple, l’ATIDI a soutenu un prêt de 159 millions de dollars de la BAD pour financer l’expansion de la flotte d’Ethiopian Airlines avec l’achat d’un Airbus A350-900. 

L’ATIDI a également soutenu la conclusion d’un accord d’assurance-crédit de 500 millions $, structuré pour couvrir une partie du portefeuille d’opérations non souveraines de la banque en Afrique. Dans l’ensemble, le soutien de la BAD à la campagne d’adhésion de l’ADITI s’élève à près de 60 millions de dollars. Notre relation dynamique avec la BAD se reflète dans les partenariats solides que nous avons avec des organismes multilatéraux et régionaux tels que l’Union africaine, le COMESA, la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque de développement KfW, l’Agence norvégienne de coopération au développement (NORAD), pour n’en citer que quelques-uns. 

Faire des affaires en Afrique devient de plus en plus prévisible, abordable, pratique et connecté. En un mot, attrayant. 

Certains disent que la vérité est dans les chiffres. Depuis sa création, l’ATIDI est devenu le principal garant des risques liés au commerce et à l’investissement en Afrique, facilitant plus de 85 milliards de dollars de transactions transformationnelles vers et à travers le continent, notre terrain de jeu, et nous nous efforçons d’appliquer nos solutions uniques pour concrétiser la vision de la ZLECAf. 

Alors, si vous envisagez d’investir en Afrique, regardez les opportunités qu’elle offre malgré toutes les incertitudes. Et si vous vous interrogez encore sur les risques d’investir sur notre continent, adressez-vous à l’ADITI. 

                

 

Manuel Moses

 Manuel Moses est devenu le directeur général d’ATIDI en décembre 2020. Il compte plus de 25 ans d’expérience dans les domaines de la finance, de la banque, de l’assurance et de l’investissement au niveau international.

Auparavant, il a travaillé à la Société financière internationale, à la Banque de commerce et de développement de l’Afrique orientale et australe (TDB), à la Banque commerciale du Zimbabwe et à la Banque de développement du Zimbabwe. 

@ABanker

 

Écrit par
Rédaction

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