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African Banker

Vers un recul de 9,2% du commerce mondial en 2020

La Banque africaine d’import-export prévoit un net recul du commerce mondial en 2020. Le commerce africain devrait également reculer, mais rebondir après un plus bas en avril. Afreximbank émet une série de recommandations en faveur du commerce intra-africain.

Par Paule Fax

Afreximbank a publié, le 15 décembre 2020, son Rapport annuel sur le commerce en Afrique. Ce rapport passe en revue l’évolution commerciale et économique en Afrique, lors d’une année 2019 dominée par les guerres commerciales et la hausse des droits de douane qui ont entraîné un fort ralentissement du commerce mondial.

Cette situation a été aggravée par le Covid-19, et de ce fait, après une baisse de 2,86 % l’an dernier, le commerce mondial devrait se contracter de 9,2 % en 2020.

Le Rapport annuel sur le commerce en Afrique propose une étude approfondie du commerce transfrontalier informel (CTI). C’est la première fois que l’on tente de mesurer de manière détaillée le volume et la composition du commerce informel.

L’Afrique du Sud est le pays qui contribue le plus au commerce intra-africain, avec 23,1 % du total de ces échanges commerciaux en 2019. La RD Congo a consolidé sa position : avec une part de 10,4 %, elle est devenue le deuxième acteur du commerce intra-africain.

Malgré les variations régionales, le rapport souligne l’importance du CTI pour la création d’emplois et de revenus, estimant qu’il apporte une source de revenus à environ 43 % de la population africaine et qu’il est dominé par les femmes.

En Afrique australe (le bloc de la SADC), les femmes représentent environ 70 % du commerce transfrontalier informel. En Afrique de l’Ouest, les produits alimentaires et agricoles constituent 30 % du commerce intra-régional.

Rendre formel le commerce transfrontalier

« Même si le commerce transfrontalier informel représente une part importante des achats intérieurs et est devenu une source majeure de revenus permettant de maintenir les niveaux de consommation des ménages, sa contribution au PIB n’est guère reconnue », commente le président d’Afreximbank, Benedict Oramah.

En s’appuyant sur des données factuelles pour mesurer le CTI, le rapport met en évidence les transformations à apporter pour développer le commerce intra-africain et faire passer le commerce dans le secteur formel.

Par exemple, la suppression des obstacles techniques et non tarifaires au commerce, ainsi que la simplification des processus, l’amélioration de l’accès aux financements et la création de systèmes de paiements numérisés réduisant les risques. Tout cela permettra aux commerçants de se développer et de progresser dans la chaîne de valeur. Dans le commerce transfrontalier informel, les transactions s’effectuent uniquement en espèces.

Les recommandations d’Afreximbank deviendront encore plus pertinentes avec le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine. La banque, pour sa part, met en place son Système panafricain de paiements et de règlements (PAPSS) pour permettre aux acheteurs et aux vendeurs d’effectuer des transactions en monnaie locale, tout en réduisant le risque associé aux transactions en espèces.

Le commerce africain peu aidé par les banques

Recul de l’Union européenne, poussée de l’Asie

Entre janvier et août 2020, le commerce de marchandises de l’Afrique s’est contracté de 12 % par rapport à la même période de l’an dernier, les mois d’avril et de mai ayant affiché les plus forts reculs. Les perspectives pour 2021 sont bien meilleures : le commerce de l’Afrique devrait connaître un rebond important, dans le sillage de la reprise de l’activité économique mondiale et l’augmentation de la demande en matière d’exportations africaines.

La part des exportations africaines à destination de l’Asie a augmenté pour atteindre 30,8 % en 2019, tandis que la part de l’Union européenne est tombée à 24,6 %. La Chine et l’Inde ont été les principaux moteurs de l’essor des échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Asie, ces deux pays ayant absorbé 27 % des exportations totales de marchandises de l’Afrique en 2019.

On observe une tendance similaire dans la provenance des importations des pays africains. Même si l’UE a toujours constitué la principale source, sa part dans les importations africaines n’a cessé de diminuer et l’Asie rivalise aujourd’hui avec l’Europe.

La valeur du commerce intra-africain total a diminué de 5,2 % en 2019, réduisant sa part dans le commerce africain, qui est passée d’environ 15 % en 2018 à 14,4 % en 2019.

Un poids élevé des matières premières

L’Afrique du Sud est le pays qui contribue le plus au commerce intra-africain, avec 23,1 % du total de ces échanges commerciaux en 2019. La RD Congo a consolidé sa position : avec une part de 10,4 %, elle est devenue le deuxième acteur du commerce intra-africain. Malgré une baisse de 4,7 % des échanges en valeur, la part du Nigeria est restée constante à environ 7 %, plaçant ce pays au troisième rang du commerce intra-africain.

Le poids des matières premières dans la valeur des exportations africaines est très élevé. Le pétrole et le gaz, malgré une baisse significative des cours, représentaient encore 37 % du total des exportations africaines en 2019. Afreximbank, à travers son African Commodity Index, un indice pondéré qui suit les treize principales matières premières africaines, a présenté une reprise en forme de V entre février et octobre. Bien que l’indice soit environ 30 % inférieur à ce qu’il était en décembre 2018 et 20 % inférieur à ce qu’il était au début de l’année.

PF

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