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Vers un mécanisme africain de stabilité financière

Vers un mécanisme africain de stabilité financière
  • Publiéjuillet 8, 2024

La Banque africaine de développement vante les mérites d’un mécanisme qui veut aider les pays africains à mieux gouverner leur dette extérieure et à en garantir une bonne gestion.

 

Le 4 juillet, l’économiste de la BAD (Banque africaine de développement) a pu vanter les mérites du Mécanisme africain de stabilité financière (AFSM) auprès du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Au-delà de cette présentation, Kevin Urama, au nom de la BAD, et le gouverneur Fethi Zouhair Nouri ont mené « des discussions fructueuses » au sujet de diverses voies de coopération, notamment le renforcement des capacités, informe un communiqué de la BCT. Laquelle indique que diverses initiatives sont à l’étude.

Les deux hommes ont réitéré l’engagement de leurs institutions à travailler conjointement pour promouvoir la stabilité financière et une croissance inclusive. « Ils ont exprimé leur optimisme quant aux perspectives de collaboration future entre la BCT et la BAD, visant à renforcer la résilience économique de la Tunisie et à promouvoir une croissance durable », poursuit ce communiqué.

« Des initiatives pour favoriser l’échange d’expertises dans le domaine de Central banking sont actuellement en phase d’élaboration », a précisé le gouverneur Nouri.

En matière de consolidation des relations académiques et des opportunités de renforcement des capacités des institutions africaines avec le concours des structures de la BAD. Kevin Urama, qui a désormais le titre, au sein de la BAD, de vice-président pour la Gouvernance économique et la gestion des connaissances, a exposé les mécanismes proposés par la Banque de développement.

Tels que l’Académie de gestion des Finances publiques et l’Académie de gestion des politiques macroéconomiques. Ces initiatives visent à améliorer les compétences et les connaissances des professionnels du secteur économique et financier en Afrique. La Tunisie, a-t-il proposé, pourrait bénéficier des mécanismes de la BAD relatifs à la résilience climatique, à l’instar du Centre africain de gestion et d’investissement en ressources naturelles.

Pour sa part, Fethi Nouri a insisté sur l’importance de mettre en action des instruments de transfert et de partages des connaissances qui sont à même de développer les ressources humaines, qu’il qualifie de « véritable richesse de nos pays ». Et ce, tout en soulignant l’apport de ces mécanismes à accompagner efficacement l’ambition tunisienne de verdir son économie et de promouvoir un développement durable. « La BCT travaille avec plusieurs bailleurs de fonds sur des projets stratégiques de solutions innovantes et durables, notamment pour le développement des compétences et la finance verte, à cet égard l’appui de la BAD est appréciable pour appuyer cette démarche », a-t-il précisé.

 

Enrichir et concurrencer l’existant

Reste à trouver les moyens de maximiser les ressources africaines pour soutenir les économies du continent. Face à la problématique du financement de la croissance, la délégation de la BAD a donc présenté le projet AFSM (African Financial Stability Mechanism), qui vise à fournir des opportunités et des avantages significatifs pour les pays africains. Ce mécanisme vise à aider les pays africains à mieux gouverner leur dette extérieure et à en garantir une bonne gestion pour accélérer le rythme de croissance et se concentrer sur les programmes et les projets ayant une rentabilité économique et sociale.

Kevin Urama et Fethi Nouri, le 4 juillet 2024.
Kevin Urama et Fethi Nouri, le 4 juillet 2024.

« Les échanges ont permis d’explorer les nombreux avantages et implications potentielles de l’AFSM pour les pays africains. Ils ont également abordé les stratégies de gouvernance, les mécanismes de financement, et les moyens de maximiser l’impact de ce mécanisme sur les économies du continent », commente la BCT.

Kevin Urama a également plaidé auprès de la ministre tunisienne de l’Économie, Féryel Ouerghi, auprès de qui il a mis l’accent sur l’importance de l’action commune pour identifier des sources de financement africaines renouvelées, dans le cadre d’une nouvelle vision de la finance mondiale, tout en œuvrant à créer une agence africaine de notation souveraine pour les économies des pays africains. L’envoyé de la BAD a exprimé l’espoir de voir les pays membres adhérer à ces initiatives, pour assurer leur mise en œuvre à court terme.

D’ailleurs, le gouverneur Nouri a estimé que l’« idée est pertinente » dans un contexte où les sources de financement international se raréfient, et a exprimé son enthousiasme pour ce projet, soulignant qu’en cas de concrétisation « il viendra enrichir et concurrencer les mécanismes de financement traditionnels ».

De plus, les deux responsables ont souligné la nécessité de collaborations étroites entre les institutions financières africaines pour favoriser des solutions mutualisées à des problèmes communs.

Dans ce contexte, le gouverneur Nouri a réaffirmé la volonté de la BCT de jouer le rôle de « catalyseur des projets et initiatives communes » des banques centrales africaines. « Des initiatives pour favoriser l’échange d’expertises dans le domaine de Central banking sont actuellement en phase d’élaboration », a-t-il précisé.

Cette approche, considère-t-on du côté de Tunis, marque une étape importante dans le renforcement des relations entre la BCT et ses homologues et ouvre la voie à de nouvelles opportunités de collaboration pour le développement économique et financier de la Tunisie et de l’Afrique.

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

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