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Vers des taux inchangés au Maroc jusqu’au quatrième trimestre

Vers des taux inchangés au Maroc jusqu’au quatrième trimestre
  • Publiémars 22, 2024

Pour la quatrième fois consécutive, la Banque centrale du Maroc a maintenu son taux directeur inchangé, à 3 %. Il pourrait en être de même ces deux prochains trimestres, jugent les analystes d’Attijari Global Research.

 

Au Maroc, l’inflation ralentie sensiblement mais toutes les inquiétudes ne sont pas encore levées, tandis que la croissance économique donne des signes d’essoufflement, en raison notamment d’une campagne agricole qui s’annonce mauvaise.

Voilà pourquoi, le 19 mars 2024, le Comité de politique monétaire de Bank al Maghrib a  considéré que le niveau actuel de 3% du taux directeur « reste approprié pour renforcer l’ancrage des anticipations d’inflation et soutenir son retour à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix ». En conséquence, « il a décidé de le maintenir inchangé tout en continuant de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et de l’inflation ».

Bank Al-Maghrib révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2024 à 2,1% contre 3,2% préalablement, en raison du déficit pluviométrique que connaît le Maroc actuellement.

L’institution avait abandonné sa politique monétaire restrictive, après plusieurs hausses consécutives, à l’automne 2022. « Cette décision a été largement anticipée par les investisseurs et semble en cohérence avec l’orientation des politiques monétaires à l’international », commentent les experts d’Attijari Global Research (AGR), qui font allusion à la politique de la FED américaine et de la BCE européenne. En raison des tensions internationales, les deux institutions monétaires maintiennent leur politique, en dépit des incitations à réduire leurs taux directeurs.

Au Maroc, l’inflation a franchi à la baisse la barre des 3% ainsi donc que le niveau du taux directeur et ce, pour la première fois depuis le démarrage du cycle inflationniste en octobre 2021.

A priori, les pressions sur les prix à la consommation devraient se réduire ces prochains mois. Une tendance confortée aussi par la détente des prix énergétiques observée à l’échelle internationale. Voilà qui améliore « la visibilité » sur la politique future de la Banque centrale.

 

En attendant la FED

D’ailleurs, dans une optique de moyen terme, les conditions actuelles de financement au Maroc demeurent « adéquates » aux yeux des experts de la banque marocaine. Qui rappellent que l’économie va bénéficier d’un « cycle intense en investissements », à travers l’opérationnalisation du « FMVI » (Fonds Mohammed VI), à travers le programme de 120 milliards de dirhams (11 milliards d’euros) pour la réhabilitation de la région du Sud et à la faveur de l’attribution de la co-organisation de la Coupe du monde, en 2030.

Toutefois, au Maroc, ainsi qu’un peu partout dans le monde, les craintes inflationnistes ne sont pas totalement levées. La hausse des prix a été un peu plus forte que prévu aux États-Unis, en février, et reste à un niveau supérieur au consensus et des objectifs en Europe. Le calendrier de la phase d’assouplissement monétaire reste encore « incertain » en 2024. En fait, tout le monde attend que la FED bouge la première.

Selon AGR, les pressions sur les prix au Maroc devraient s’atténuer plus rapidement en 2024 ; l’inflation devrait s’établir à 2,2% contre une prévision initiale de 2,4% après 6,1% en 2023 et 6,6% en 2022. Les premières estimations de la Banque centrale laissent envisager une inflation de 2,5 % en 2025, soit un niveau proche de l’objectif de stabilité des prix.

En revanche, Bank Al-Maghrib révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2024 à 2,1% contre 3,2% préalablement, en raison du déficit pluviométrique que connaît le Maroc actuellement. La campagne agricole sera sans doute moins porteuse qu’en 2023, année de rebond.

Voilà pourquoi Attijari Global Research s’attend à une diminution du taux directeur en fin d’année seulement, « si les conditions demeurent propices à la poursuite de la désinflation au Maroc ».

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Encadré

Quelques hypothèses de la Banque centrale

 

Sur les marchés internationaux des matières premières, l’évolution des cours de l’énergie reste entourée de fortes incertitudes, note la Bank al-Maghrib. Incertitudes alimentées par les tensions géopolitiques et les perturbations du transport maritime en mer Rouge. Le prix du Brent passerait de 82,2 dollars le baril en 2023 à 81,2 $ en moyenne cette année, en raison du ralentissement de la demande mondiale et de l’accroissement de l’offre dans les pays non-membres de l’OPEP, avant d’augmenter à 84,5 $ en 2025.

Pour les prix des denrées alimentaires, après la baisse sensible enregistrée en 2023, l’indice FAO marquerait un nouveau repli de 3,7% en 2024, avant de croître de 4,4% en 2025. Concernant le phosphate et ses dérivés d’origine marocaine, le prix du DAP (diammonium) reculerait de 589 dollars $ la tonne en 2023 à 543 $ en 2024, avant de marquer une hausse à 575 $ dollars en 2025.

@ABanker

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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