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African Banker

Une plateforme numérique intégrale en Afrique centrale

Depuis le 10 juillet, la plateforme GimacPay met en relation les systèmes de paiements les plus modernes, dans la zone Cemac. Qui franchit un grand pas dans l’inclusion financière des populations.

Par Paule Fax

L’avancée était prévue depuis un an et arrive à temps voulu. Le Gimac (Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale) a procédé au lancement de la commercialisation de ses offres de services de monétique intégrale.

Sous l’impulsion de la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale), le Groupement a mis en œuvre son écosystème convergent carte mobile et transfert d’argent, GimacPay. Lequel est effectif depuis le 10 juillet 2020.

Désormais, trois entités se répondent dans l’intermédiation sans espèces : la banque, la microfinance et les comptes mobiles. Un système intégré favorise « les exclus de la banque », considère Valentin MBozo’o, directeur général du Gimac.

L’Afrique centrale est désormais en pointe en matière de convergence entre cartes, téléphones mobiles, et services de monétique. Cette convergence permet d’associer toutes les populations, comme les ménages non bancarisés, par exemple. 

Ou à terme, les commerçants qui ne veulent pas payer les frais d’un TPE (Terminal de paiement électronique). Les applications sur smartphones, les codes échangés ou les porte-monnaie virtuels, faciles à acquérir et simples d’utilisation, servent de liens entre participants à une transaction.

Cette opération a été rendue possible à l’issue d’une phase pilote, à laquelle participaient des acteurs de la banque, de la téléphonie, des systèmes de paiement, des applications pour mobiles et terminaux de paiement, etc.

Soient CBC, BGFIBank Gabon, Bicec, UBA, Airtel Gabon, MTN Cameroon, Orange Cameroun, CCEI Bank, NFC Bank, BSCA Bank, CCA Bank, Express Union, Terrapay, Maviance. Durant cette phase, plus d’une centaine de milliers de transactions mobiles ont été traitées avec succès, pour un montant cumulé de plus de 1,7 milliard de F.CFA (2,59 millions d’euros).

Désormais, les populations de la Cemac peuvent utiliser les services financiers des institutions mentionnées, en vue de transférer de l’argent depuis un compte mobile vers un compte mobile d’un autre opérateur ou d’un compte bancaire, et vice-versa.

Elles peuvent effectuer des achats de biens et de services chez des commerçants affiliés, retirer de l’argent dans les distributeurs automatiques de banque, à l’aide d’un code. Elles peuvent enfin recevoir des transferts internationaux dans leurs comptes mobiles ou bancaires.

Un réseau à étendre

À ce jour, le réseau monétique intégrale Gimac compte 54 participants, 800 000 cartes Gimac et internationales Visa, Mastercard, UPI, 18 millions de comptes mobiles, plus de 1 300 GAB et 1 000 TPE.

Le Gimac est un GIE (Groupement d’intérêt économique) créé en 2012. De 2015 à aujourd’hui, le Groupement a traité plus de 3,5 millions de transactions pour une valeur cumulée de plus de 200 milliards de F.CFA (305 millions d’euros).

Après avoir assuré l’accessibilité à la monétique carte, à travers l’interopérabilité régionale, la compensation locale et le règlement en francs CFA des transactions des cartes internationales, le Gimac entend apporter les mêmes facilités pour les transactions mobiles interopérables au bénéfice des populations de la Cemac.

L’Afrique subsaharienne développe ses solutions, tout en suivant de près ce qui se passe dans certains pays plus avancés sur ces questions. Comme le Maroc et le Kenya qui ont bien avancé vers la fin de l’usage des espèces.

Aussi, le Gimac a-t-il l’intention d’étendre son réseau « en intégrant à brève échéance tous les acteurs de la chaîne de paiement de la Cemac, ceci dans le cadre de l’exécution de ses missions d’inclusion financière », conclut Valentin MBozo’o, directeur général du Gimac.

Au cours d’une conférence en ligne, celui-ci rappelait récemment combien nous avons assisté, en Afrique, à une forte poussée du mobile, favorisée indirectement par le déficit en infrastructures de transports (routes, etc.).

Pourtant, en Afrique centrale, les cartes de paiement ont été longtemps considérées comme étant « élitistes ». Aussi, les autorités monétaires ont-elles favorisé l’interopérabilité, en faisant converger toutes les solutions de paiements.

Désormais, trois entités se répondent dans l’intermédiation sans espèces : la banque, la microfinance et les comptes mobiles. Un système intégré favorise « les exclus de la banque », considère Valentin MBozo’o.

L’Afrique subsaharienne développe ses solutions, tout en suivant de près ce qui se passe dans certains pays plus avancés sur ces questions. Comme le Maroc et le Kenya qui ont bien avancé vers la fin de l’usage des espèces. Pour le promoteur du Gimac, « nous sommes en mesure d’apporter nos propres systèmes sans forcément copier les Européens ».

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