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African Banker

Une IMF 100% islamique au Sénégal

Le gouvernement du Sénégal accorde sa confiance à Taysir Finance, première institution de microfinance exclusivement compatible avec les principes de la charia. Elle s’adresse à des populations défavorisées qui recherchent un financement à moindre coût.

Par Marie-Anne Lubin

La première institution de microfinance du Sénégal reçoit la bénédiction du gouvernement. Pour ce dernier, en effet, favoriser la microfinance islamique est un moyen d’encourager l’inclusion financière des entrepreneurs individuels, notamment des femmes.

C’est pourquoi la ministre sénégalaise de la Microfinance et de l’économie sociale et solidaire, Zahra lyane Thiam, a inauguré officiellement, le 4 janvier 2022, les activités de Taysir Finance. Cette

L’activité de Taysir Finance sera en conformité avec les valeurs morales et éthiques dans la pratique financière moderne. Qui prévoit l’interdiction de l’intérêt ou Ribba, la spéculation dans les transactions financières, ainsi que la lutte contre certaines activités illicites.

société est la première institution de microfinance exclusivement islamique du pays. De facto, Taysir Finance avait entamé ses activités à l’automne 2021.

« Avec le démarrage des activités de cette institution de microfinance 100% islamique, nous ouvrons une nouvelle ère qui va enrichir le paysage de la finance de proximité », a déclaré la ministre lors d’une cérémonie protocolaire.

L’événement comptait la présence du directeur national de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest), Amadou Al aminou Lô, ainsi que le directeur de la BID (Banque islamique de développement), Moussa Sylla. Le Sénégal comptait 294 institutions de microfinance, à fin 2020.

En tant que pionniers, « des responsabilités énormes pèsent ainsi sur les épaules des membres fondateurs de ce groupe, entièrement sénégalais, afin de bâtir une véritable industrie durable de la finance islamique, au profit des populations défavorisées et de celles à la recherche d’une alternative aux modes de financements conventionnels adossés sur l’intérêt », a poursuivi la ministre.

Le président du Conseil d’administration de Taysir Finance, Papa Adama Cissé, a révélé que le projet avait mûri durant six ans. Son objectif est de « faire du Sénégal un hub dans le rayonnement de la finance islamique ».

Dans un premier temps, il s’agit de constituer « un écosystème fort », dépourvu de tout comportement spéculatif, au bénéfice d’« une industrie islamique exclusive au bénéfice des PME et PMI, et autres entreprises individuelles ».

Bien sûr, le tout « dans le respect scrupuleux des règles en vigueur et suivant notamment les orientations de la BCEAO ». À ce sujet, il a invité à une bonne gouvernance des banques et du respect de la réglementation.

« Islamique, mais moderne »

Sénégal Taysir Finance

Il n’en reste pas moins que l’activité de Taysir Finance sera en conformité avec les valeurs morales et éthiques dans la pratique financière moderne, respectant les principes du comité en charge de la finance islamique.

Qui prévoit l’interdiction de l’intérêt ou Ribba, la spéculation dans les transactions financières, ainsi que la lutte contre certaines activités illicites. De plus, la finance islamique permet d’élargir la digitalisation des activités bancaires à d’autres produits que ceux proposés par la finance traditionnelle, et donc d’en amortir le coût.

Papa Adama Cissé a remercié les autorités sénégalaises pour leur promptitude à officialiser l’existence de la société, créée en septembre 2021, ainsi que les actionnaires pour leur engagement financier. « C’est une banque islamique certes mais attention c’est une banque moderne », a-t-il conclu.

De son côté, le président de l’Association professionnelle des systèmes financiers (APSFD-Sénégal), Malick Diop, a salué cette initiative qui vient « renforcer » la microfinance et ainsi procurer « une meilleure efficience » de la microfinance. Il a profité de l’occasion pour demander l’« accélération de la mise en œuvre des textes en cours, relative à l’encadrement du secteur et aux autorisations d’exercice », rapporte l’agence MAP.

À cette occasion, la ministre s’est également félicitée du programme de développement de la Microfinance islamique au Sénégal (Pomise), une initiative du gouvernement du Sénégal et de la BID. Elle est soutenue par des sociétés de microfinance comme Kajas, filiale du groupe Sunu Assurances.

L’initiative Promise édite notamment un guide qui fournit une méthodologie pratique aux systèmes financiers décentralisés désirant intégrer la microfinance islamique dans leurs activités.

Le document permet d’identifier le processus de demande d’agrément ou d’autorisation d’ouverture préalable et contribuer à standardiser le contenu et le format des documents et informations requis.

@Malu

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