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African Banker

Une banque solide dans un environnement difficile

Une banque solide dans un environnement difficile
  • Publiéjuin 21, 2024

L’agence Fitch maintient ses ratings sur Afreximbank, louant la qualité de son actionnariat et la solidité de ses engagements financiers, au sein d’une Afrique toujours fragile et risquée.

 

Fitch Ratings a confirmé sa notation sur la dette à long terme de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) à « BBB » avec une perspective « stable ». L’agence a également confirmé ce qu’elle nomme « la note de défaut émetteur » à court terme et ses autres jugements de moyen terme.

L’agence justifie ces choix par « un faible risque de défaut de solvabilité et de liquidité », une « forte capitalisation », compensés par un environnement commercial « à haut risque ». Celui-ci est composé de pays à faible qualité de crédit, à faible revenu par habitant et à risque politique élevé, et à un risque de profil d’activité « moyen », selon les critères de l’agence.

Denys Denya, premier vice-président exécutif d’Afreximbank, observe que Fitch note la banque « A » sur une base autonome, avant de descendre de deux niveaux en raison de son environnement opérationnel.

Fitch prend en compte le ratio « fort » des fonds propres sur les actifs et les garanties, le ratio « modéré » des fonds propres utilisables sur les actifs et l’« excellente » génération de capital interne. Des ratios qui devraient demeurer « globalement inchangés » à horizon 2026.

Les projections de Fitch supposent une croissance de 11 % en glissement annuel des opérations bancaires et des injections de capital dans le cadre de l’augmentation générale de capital approuvée par le conseil d’administration d’Afreximbank en juin 2021. L’agence rappelle que pour un total de 2,6 milliards de dollars de capital approuvés, 1,7 milliard $ a déjà été versé.

En balance, l’agence américaine pointe « la faible qualité de crédit du portefeuille », qui reflète l’exposition d’Afreximbank à des entités non souveraines (91 % du total des prêts). Fitch juge la qualité de ces emprunteurs non-étatiques « très faible », tandis que la notation des emprunteurs souverains ressort en moyenne à « B- ».

En outre, l’agence relève « un degré élevé de garantie des prêts » qui représentent 85 % du total des prêts, y compris les provisions, à la fin de 2023 ; y compris des garanties en espèces (couvrant 20 % des prêts) et une assurance-crédit (8 %). En revanche, les prêts les plus risqués, « non productifs », ne représentaient que 2,5% des encours fin 2023, contre 3,4% un an plus tôt. Prudent, Fitch s’attend à ce que ce ratio augmente à nouveau au-dessus de 3 % en raison des conditions macroéconomiques difficiles en Afrique, malgré la croissance attendue des volumes de prêts.

 

Un profil solide

Enfin, l’agence pointe d’autres risques, jugés « faibles », liés à la concentration géographique des crédits. Plus de la moitié des expositions concerne des structures basées en Égypte ou au Nigeria, les deux principaux actionnaires de la banque. Cette concentration devrait demeurer stable ces prochains mois. Ce risque est compensé par un profil de liquidité « solide », la banque présentant une qualité « forte » de ses actifs de trésorerie. « Le profil de liquidité de la banque est renforcé par son accès aux marchés des capitaux et à d’autres sources de liquidité alternatives, reflétant des sources de financement diversifiées », explique l’agence. 

« Le nombre croissant de mandats clés confiés à la banque par l’Union africaine – par exemple pour mettre en œuvre la réponse sanitaire à la pandémie, ou plus récemment pour soutenir l’accès aux céréales et aux engrais dans le contexte de la guerre entre la Russie et l’Ukraine – est une preuve supplémentaire du profil solide de la banque. »

Dans un communiqué, Afreximbank se félicite du maintien de cette notation, qui « souligne le profil solide de la banque et son importance systémique croissante pour le continent africain ».

Selon la direction financière, Fitch a reconnu que la banque bénéficie du soutien continu des actionnaires par le biais de l’augmentation générale de capital suscitée par l’Union africaine, dans le cadre du Plan stratégique actuel, par lequel la banque vise à lever 2,6 milliards $ de capital.

Denys Denya lors de l'Assemblée générale d'Afreximbank, en juin 2024.
Denys Denya lors de l’Assemblée générale d’Afreximbank, en juin 2024.

Denys Denya, premier vice-président exécutif d’Afreximbank, observe que Fitch note la banque « A » sur une base autonome, avant de descendre de deux niveaux en raison de son environnement opérationnel. Le dirigeant y voit « un témoignage fort de l’importance systémique d’Afreximbank pour l’Afrique et une reconnaissance de sa forte exécution de son mandat de développement, de ses pratiques prudentes de gestion des risques et de son attention constante sur le capital et la liquidité, qui ont abouti à une performance financière robuste ».

D’ailleurs, Afreximbank et ses filiales « continuent de jouer un rôle central dans la facilitation du commerce et de l’investissement dans l’ensemble de ses États membres », se félicite Denys Denya. « En plus des relations solides dont elle jouit, Afreximbank est devenue partie intégrante de la réalisation des principaux programmes et initiatives économiques stratégiques de l’UA sur le continent et dans la diaspora, y compris la mise en œuvre de la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine) et la gestion du Fonds d’ajustement de la ZLECAf. »

Enfin, le vice-président fait remarquer que, dans l’exécution de son rôle anticyclique, Afreximbank continue « de faire preuve d’agilité et d’ingéniosité » dans son soutien aux États membres, afin de leur permettre d’atténuer les aléas d’un environnement opérationnel toujours difficile.

@ABanker

Écrit par
Laurent Soucaille

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