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African Banker

Une année record pour les transactions de capitaux

Tant du côté des échanges de capitaux que des investissements en capital-risque, l’année 2021 a été celle du grand rebond. L’Afrique de l’Ouest tire spécialement son épingle du jeu, ainsi que le secteur de la finance, grâce au succès des Fintechs.

 

Par Kimberley Adams

L’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque (AVCA) publie ses rapports annuels sur l’activité du capital privé en Afrique. Les documents fournissent un aperçu approfondi de la collecte de fonds de capitaux privés, des investissements et des sorties en Afrique tout au long de 2021. Ils soulignent combien les deux dernières années marquent de grandes transformations dans l’industrie mondiale du capital-risque, et non seulement en raison de la crise sanitaire. De nouveaux marchés et de nouveaux critères d’investissements apparaissent.

« L’industrie du capital privé en Afrique ne montre aucun signe de ralentissement, tandis que les alliances entre investisseurs africains et internationaux propulsent les entreprises et les économies africaines de la résilience à la reprise », se réjouit Abi Mustapha-Maduakor, PDG d’AVCA.

La pandémie a mis en évidence des inégalités persistantes et l’impératif d’investir dans les infrastructures physiques, numériques et sociales. Les entreprises sont confrontées à des défis sans précédent. Pour autant, ces bouleversements ne reflètent qu’imparfaitement l’évolution du climat d’investissement et des possibilités de croissance de l’Afrique. En effet, les pays du continent s’inscrivent en tête en matière de résilience et la région est dotée d’un vaste potentiel.

Selon l’AVCA, la valeur totale des transactions en capitaux privés signalées en Afrique a atteint un niveau record de 7,4 milliards de dollars, soit une augmentation de 118 % par rapport aux 3,4 milliards $ enregistrés en 2020. Voilà qui dépasse la valeur moyenne annuelle des transactions, de 4 milliards $, entre 2016 et 2020. Et voilà qui démontre la maturité progressive de l’investissement privé en Afrique. En outre, les résultats témoignent du succès des entreprises innovantes qui encouragent la croissance des économies africaines grâce à la transformation numérique, l’innovation dans la finance, ou l’agriculture intelligente face au climat. Autant de thèmes qui attirent les investissements africains et mondiaux.

Pour 2021, l’AVCA signale un volume de 429 transactions d’envergure en Afrique, contre 258 transactions un an plus tôt. Soit le double de la moyenne 2016-2020, de 215 transactions par an.

 

Bonne tenue de l’Afrique de l’Ouest

« La croissance des transactions démontre une industrie du capital privé qui mûrit à mesure que les entreprises et les économies du continent passent de la résilience à la reprise », commente l’AVCA.

Au cours des deux dernières décennies, l’Afrique s’est imposé comme une région de plus en plus attrayante pour l’investissement privé et le capital-investissement. En tant que telle, la collecte de fonds de capitaux privés ne fait que la tendance des transactions de capitaux privés, atteignant un niveau record de 4,4 milliards $, après une année 2020 exceptionnellement mauvaise, il est vrai. Ce chiffre marque néanmoins une hausse de 63% par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

Par région, l’Afrique de l’Ouest a attiré un tiers des transactions, suivie de l’Afrique australe (20 %) et de l’Afrique du Nord (17 %). Le rapport révèle que les grandes transactions multirégionales, à travers le continent, représentaient la plus grande part en valeur (40 %). La finance – grâce à l’engouement pour les Fintechs – s’est montrée le secteur le plus actif en volume (30 %) et a attiré la plus grande part de la valeur des transactions (39 %), l’an dernier.

Avec la fermeture de plusieurs banques traditionnelles pendant la pandémie, de nombreuses personnes se sont tournées vers l’argent mobile, les applications bancaires numériques et les envois de fonds pour aider à soutenir les moyens de subsistance et les besoins de financement de leurs familles. D’où l’essor des services financiers. Entre 2016 et 2021, la finance (20 %), la consommation privée (15 %), l’industrie (12 %) et les technologies de l’information (12 %) ont été les secteurs les plus actifs en volume, en matière de transactions de capitaux privés.

Dans l’ensemble, la finance et les services publics ont été les secteurs les plus importants en valeur, attirant respectivement 19 % et 18 % de 2016 à 2021. Au total, 36 sorties de capital-investissement africaines ont été signalées entre 2021, soit une augmentation de 13 % par rapport à 2020. Cette augmentation reflète la résilience de l’industrie, qui renoue avec la croissance.

Conformément aux tendances constatées en 2020 par l’AVCA, la vente aux investisseurs privés était la voie de sortie préférée (50 %) en 2021 sur le continent. La vente aux sociétés de Private Equity et autres institutions financières, deuxième moyen de sortie, a représenté 31 % du nombre total de sorties déclarées en 2021. Les sorties par offre publique n’ont représenté que 3 % du volume total des sorties.

 

Des jeunes pousses bien aidées

De son côté, le rapport sur le capital-risque de l’AVCA montre que l’écosystème du capital-risque en Afrique a connu une croissance accélérée au cours des dernières années. L’Association a enregistré 650 transactions, un peu plus du double de l’année précédente.

L’année écoulée a également été « exceptionnelle » en termes de valeur, en faveur des start-up du continent. Elles ont attiré, en valeur cumulée, 5,2 milliards $, soit 4,9 fois plus en un an !

 

Abi Mustapha-Maduakor, PDG de l’AVCA

 

« L’industrie du capital privé en Afrique continue d’afficher une croissance car elle libère le potentiel et l’innovation dans des entreprises innovantes, renforcées par l’ingéniosité et l’agilité des entrepreneurs, des leaders des entreprises et des répartiteurs de capitaux, en dépit pourtant de l’incertitude », commente l’AVCA.

Abi Mustapha-Maduakor, PDG de l’AVCA, considère que les données publiées soulignent « à quel point l’économie africaine continue d’être un terrain fertile avec des opportunités d’investissement attrayantes pour les investisseurs à la recherche de rendements ».

Alors que l’innovation dans les domaines de la finance, de la technologie, de l’énergie et de la santé permet la mise à l’échelle des entreprises pionnières, de nouvelles alliances avec des investisseurs locaux et internationaux se poursuivent. L’AVCA voit « de nouvelles opportunités de partenariats entre l’Afrique et d’autres régions du monde » tandis que l’industrie du capital privé en Afrique « ne montre aucun signe de ralentissement. »

 @ABanker

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