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African Banker

Un système panafricain de paiement et de règlement

En simplifiant les transactions transfrontalières et en réduisant la dépendance aux devises fortes, le PAPSS, Système panafricain de paiement et de règlement, entend stimuler le commerce et soutenir la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale.

Par Kimberly Adams

Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS, en anglais) est désormais entré dans sa phase opérationnelle. Ses promoteurs sont Afreximbank (Banque africaine d’import-export) et le secrétariat de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).

Qualifiée par ces derniers de « révolutionnaire », et à coup sûr unique en Afrique, cette infrastructure de marché financier permet les paiements frontaliers en monnaies locales entre les marchés africains.

Le PAPSS permet un flux d’argent en toute sécurité à travers les frontières, en minimisant les risques et en contribuant à l’intégration financière du continent. Qu’il s’agisse de faire des achats, de transférer de l’argent, de payer des salaires, de négocier des actions ou d’effectuer des transactions de grande valeur.

Le PAPSS servira de plateforme à l’échelle du continent pour le traitement, la compensation et le règlement des paiements commerciaux et commerciaux intra-africains, en tirant parti d’un système de règlement net multilatéral. Sa mise en œuvre complète devrait permettre au continent d’économiser, chaque année, plus de 5 milliards de dollars en coûts de transaction de paiement.

Le développement d’une infrastructure de paiement panafricaine a été rendu possible par certaines des principales institutions du continent. Afreximbank agit également en tant qu’agent de règlement principal en partenariat avec les banques centrales africaines participantes. La mise en œuvre de l’infrastructure a reçu l’aval de l’Union africaine.

La mise en service du PAPSS fait suite à une phase pilote réussie dans les pays de la Zone monétaire ouest-africaine, qui a permis des transactions en direct effectuées en un clic. Le PAPSS est désormais engagé dans des discussions avancées avec d’autres institutions nationales et régionales pour étendre rapidement la connectivité à l’échelle du continent. Afreximbank fournit des garanties de règlement sur le système de paiement et des facilités de découvert à tous les agents de règlement.

Une nouvelle phase de la croissance africaine

Pour accélérer l’expansion et assurer la finalité du règlement, la banque a dégagé 500 millions $ pour soutenir la compensation et le règlement dans les pays de la zone monétaire ouest-africaine. Elle estime que 3 milliards $ supplémentaires seront mis à disposition pour soutenir la mise en œuvre des systèmes à l’échelle du continent.

Benedict Oramah, président d’Afreximbank, préside également le conseil d’administration de PAPSS. Selon lui, « avec cette mise en œuvre, l’Afrique peut s’attendre à commencer à récolter les fruits de l’accord de libre-échange continental ». Voilà « la réalisation du rêve de plusieurs décennies qui semblait irréalisable il y a quelques années à peine ».

Il prévient : « le PAPSS n’a pas pour objet de remplacer les systèmes de paiement régionaux et nationaux existants, mais de collaborer et de travailler avec eux pour mieux intégrer les économies africaines au profit de tous ».

Discours confirmé par Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAf. À son sens, la Zone de libre-échange entraînera un essor du commerce intra-africain. « Ce qui nécessitera un système de paiement pour faciliter les transactions commerciales transfrontalières abordables et efficaces. » C’est sur cette base que son bureau, basé à Accra (Ghana), « soutient fermement » le système panafricain « qui inaugurera une nouvelle phase de la trajectoire économique africaine ».

De son côté, Godwin Emefiele, gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, fait observer que l’« introduction du PAPSS offre aux banques centrales une transparence et un contrôle accrus, car elles disposent désormais d’un guichet unique pour toutes les transactions transfrontalières émanant de leurs différentes juridictions et à travers le continent ».

Les gouvernements et les banques centrales constateront une diminution de la pression sur les liquidités de change et une plus grande transparence des transactions transfrontalières, ce qui augmentera le potentiel de génération de revenus, ainsi que les clients et les opportunités commerciales, précise la plaquette de présentation de la plateforme.

D’autres étapes à venir

De leur côté, les grandes entreprises et les petites entreprises bénéficieront des paiements instantanés ou quasi instantanés du PAPSS, ce qui améliorera leur trésorerie et leur fonds de roulement. La complexité des transactions et l’insécurité du passé ayant été éradiquées, les acheteurs et les vendeurs peuvent commercer au-delà des frontières avec une confiance accrue, générant ainsi une expansion et une richesse futures.

Enfin, Mike Ogbalu III, directeur général de PAPSS, rappelle que celui-ci est conçu pour être « un chemin de fer » reliant les marchés africains les uns aux autres et permettant « aux particuliers, aux entreprises et aux gouvernements » de commercer entre eux de manière transparente.

Après la phase pilote, « le PAPSS se concentrera sur l’intégration du reste du continent dans cette infrastructure critique en intégrant les systèmes de paiement nationaux, les systèmes de paiement régionaux et d’autres fournisseurs de services financiers ».

@KA

 

 

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