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Des chiffres record pour le capital-risque

Des chiffres record pour le capital-risque
  • Publiéoctobre 5, 2022

L’industrie du capital-risque a atteint de nouveaux sommets, au premier semestre 2022, avec 3,5 milliards de dollars levés pour le continent. L’AVCA en prévoit autant pour le second semestre, ce qui consisterait une belle performance, dans un marché mondial morose.

 

L’écosystème africain du capital-risque a connu un début d’année très mouvementé, constate l’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque (AVCA) dans son rapport semestriel. Après un exercice 2021 record pour la plupart des indicateurs, les prévisions macroéconomiques avaient fait craindre, en début d’année, que l’industrie ne soit qu’en sursis et que son point d’inflexion ne soit proche. Pourtant, l’« afflux de capital-risque en Afrique au premier semestre 2022 indique le contraire », observe l’Association. Qui compte pas moins de 3,5 milliards de dollars levés auprès de 300 entreprises uniques au cours du « semestre le plus fort que le continent ait connu à ce jour ».

L’écosystème africain du capital-risque a affiché des tendances haussières malgré une inflation galopante et un climat macroéconomique défavorable. Alors que le marché mondial du capital-risque a connu d’importantes contractions du financement des start-up, à des degrés divers selon les régions, l’écosystème africain du capital-risque affiche un donc un bond de 133 % par rapport au premier semestre 2021.

L’Afrique de l’Ouest arrive en tête, en termes de nombre de transactions (33% du total des accords), dont 101 « deals » pour le seul Nigeria, devant l’Afrique de l’Est (22%), l’Afrique du Nord (20%), l’Afrique australe (14%) et l’Afrique centrale (1%).

Dans le même temps, les États-Unis affichent une contraction de 25% ; baisses aussi en Allemagne (-39%) et en France (-15%). Le marché asiatique du capital-risque a également succombé à cette spirale baissière du financement, bien qu’à un degré plus modéré, la Chine ayant enregistré une contraction de 3%.

Outre le fait que l’Afrique a été jusqu’à présent immunisée contre la baisse des financements observée au niveau mondial, les prévisions de croissance économique pour l’Afrique subsaharienne, pour le second semestre (+3,7%), permettent également d’envisager des perspectives relativement positives.

Enfin, l’analyse préliminaire de la collecte de fonds de capital-risque tempère également les craintes : 16 fonds de capital-risque axés sur l’Afrique ont annoncé une clôture finale ou intermédiaire au cours du premier semestre de 2022, avec une levée de fonds cumulée de près d’un demi-milliard (495 millions $). Ce capital sera déployé dans des start-up et des projets à travers le continent au cours des prochains mois, cette activité de transaction assurant la santé modérée à court terme de l’industrie.

 

Hausse de 38% prévue en 2022

Bien que les vents contraires prévus pour le dernier trimestre de 2022 restent un risque, « la reprise organique prometteuse du continent après la pandémie, ses solides fondamentaux de marché qui continuent à stimuler la croissance et la profondeur de l’innovation entrepreneuriale que le continent a à offrir sont tous de bon augure pour la persistance à long terme de la marée montante du capital-risque », pronostique l’AVCA.

Au premier semestre 2022, 445 opérations de capital-risque (pour 300 entreprises uniques) ont eu lieu dans l’écosystème africain du capital-risque, ce qui constitue un nouveau record pour le secteur. Cela correspond à une croissance annuelle de 72 % par rapport au premier semestre 2021. Malgré la tendance historique à l’augmentation de l’activité de capital-risque à la fin de l’année, les six premiers mois de 2022 ont montré une forte croissance annuelle dans un environnement macroéconomique mondial modéré où les contractions plutôt que les expansions étaient la norme.

Si la tendance se confirme on peut s’attendre à ce que le volume total des opérations de capital-risque atteigne environ 900 opérations d’ici la fin de l’année 2025, soit une augmentation de 38 % par rapport aux 650 opérations réalisées en 2021.

Pour l’AVCA, ce climat favorable autour du capital-risque est également le résultat d’un effort concerté des gouvernements africains ces dernières années pour favoriser des écosystèmes dynamiques et favorables, permettant à l’entrepreneuriat et à l’investissement de prospérer. Et l’association de féliciter, par exemple, le gouvernement zambien qui veut transformer le pays en un centre régional de start-up et en « Singapour de l’Afrique ».

 Etant donné la concentration historique de l’activité et de la valeur des transactions vers la fin de l’année, l’AVCA s’attend à ce que la valeur des transactions de capital-risque au second semestre soit au moins égale, mais plus probablement légèrement supérieure, à celle du premier semestre. Soit en valeur 7,0 milliards $ annuels (+35%) par rapport aux 5,2 milliards $ levés en 2021.

Les opérations de démarrage, qui représentent toujours la plus grande partie du volume des opérations de capital-risque en Afrique, ont quasiment doublé par rapport à 2021. Et les « deals » sont plus importants : la valeur médiane des opérations de démarrage est passée de 0,6 million $ au premier semestre 2021 à 1,8 million $ au premier semestre 2022.

Parmi les opérations d’amorçage notables qui ont eu lieu au cours du premier semestre 2022, citons le tour de table de 19 millions $ de la plateforme égyptienne de gestion d’infrastructures Pylon, ainsi que le tour de table de 23 millions $ de MARA, la start-up panafricaine de crypto-monnaie.

L’Afrique de l’Ouest arrive en tête, en termes de nombre de transactions (33% du total des accords), dont 101 « deals » pour le seul Nigeria, devant l’Afrique de l’Est (22%), l’Afrique du Nord (20%), l’Afrique australe (14%) et l’Afrique centrale (1%). Les investissements panafricains comptent pour 10% du total des transactions.

Enfin, au premier semestre, neuf transactions de grande envergure (méga tours de table) ont été enregistrées en Afrique pour un montant cumulé de 1,3 milliard $, contre quatre opérations (0,6 milliard  $) un an plus tôt.

@ABanker

Écrit par
Laurent Soucaille

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