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African Banker

Un programme d’appui à la finance en Afrique centrale

Souvent critiqué pour son manque de profondeur, le système financier d’Afrique centrale se dote d’un nouveau programme d’appui, financé par la Banque africaine de développement à hauteur de 2 milliards de F.CFA.

Par Laurent Soucaille

Comment mieux mobiliser l’épargne, afin de trouver d’autres sources de financement que l’endettement extérieur et l’impôt ? Telle est une des questions auxquelles les États d’Afrique centrale doivent répondre, dans un contexte de relance post-Covid-19. L’une des réponses tient dans le Projet régional d’appui à l’approfondissement du secteur financier d’Afrique centrale, doté de 3,6 millions de dollars.

« Le projet vise le développement du secteur financier et doit permettre d’augmenter l’important gisement d’épargne mobilisable dans la région pour soutenir le financement du secteur privé et couvrir les besoins de financements des États à l’horizon 2025 », explique Serge N’Guessan (BAD).

Le projet, expliquent ses promoteurs, a pour objectif de développer le secteur financier d’Afrique centrale, d’opérer dix réformes majeures et de mener des activités de renforcement des capacités des acteurs du système financier de la région.

Ce projet, poursuivent-ils, renforcera la transparence bancaire et la performance du marché financier unifié, notamment à travers la mobilisation des ressources et l’accroissement du nombre des entreprises introduites en Bourse.

Ce programme cible également l’inclusion financière par la prise en compte d’un nombre accru d’acteurs, notamment les femmes entrepreneures. Les actions à mener, dont le développement des Fintechs, l’accès au crédit et l’inclusion financière, permettront d’accroître l’accès des populations aux sources de financement et d’améliorer leur niveau de vie.

En complément d’autres initiatives menées depuis 2019, ce projet augmentera les capacités techniques des institutions financières régionales, des professionnels du secteur privé et des cadres de l’administration.

Soutenir le financement du secteur privé

Siège BVMAC

Le projet bénéficiera à la BEAC (Banque des États d’Afrique centrale), la nouvelle Bourse unifiée des valeurs mobilières d’Afrique centrale, ainsi qu’aux organismes de régulation. Les bénéficiaires indirects sont les institutions financières de la CEMAC, le secteur privé, les ménages et les entreprises.

Qu’il s’agisse, pour ces dernières, des filiales africaines des multinationales, des entreprises régionales, des entreprises leaders dans leur secteur au niveau national ou des PME à forte croissance. La BEAC sera l’agence d’exécution du projet dans les six pays de la CEMAC.

« Le projet vise le développement du secteur financier et doit permettre d’augmenter l’important gisement d’épargne mobilisable dans la région pour soutenir le financement du secteur privé et couvrir les besoins de financements des États à l’horizon 2025 », explique Serge N’Guessan, directeur général de la région Afrique centrale pour la Banque africaine de développement. La BAD appuie le projet qui s’inscrit dans l’une de ses cinq priorités, « Industrialiser l’Afrique », via le Fonds africain de développement.

LS

EN BREF

La BEAC maintient ses taux et abaisse ses prévisions

Réuni en visio-conférence, sous la présidence du gouverneur Abbas Mahamat Tolli, le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC a pris acte de projections économiques mondiales « favorables », pour l’année en cours.

Toutefois, cette reprise masque des trajectoires économiques divergentes avec, d’une part, le redressement vigoureux de quelques grandes économies, et d’autre part, la reprise modérée dans de nombreux pays émergents et en développement. Concernant la CEMAC, le CPM souligne que la reprise économique sera faible, en raison des incertitudes associées à la persistance de la crise sanitaire et aux retards enregistrés dans le déploiement des campagnes de vaccination.

C’est pourquoi l’institution ne retient plus, pour la CEMAC, qu’une croissance du PIB réel de 1,3% en 2021, après une récession de 1,7% en 2020. Voilà qui marque un repli de 0,5 point par rapport aux prévisions précédentes, effectuées en avril 2021. Le CPM redoute quelques tensions sur les prix, avec une inflation de l’ordre de 2,7% en fin d’année, contre 2,4% un an plus tôt.

Toutefois, les déficits budgétaires devraient se réduire et le taux de couverture extérieure de la monnaie devrait augmenter, ce qui allègera la pression sur les taux d’intérêt. C’est d’ailleurs pourquoi le CPM a maintenu ses taux directeurs inchangés ; le taux d’intérêt des appels d’offres demeurant à 3,25% et le taux de la facilité sur les prêts marginal restant à 5,00%.

Enfin, afin de tenir compte de la persistance de la pandémie de Covid-19 dans la région, et afin de préserver la stabilité extérieure de la monnaie, le CPM décide d’ajuster l’orientation de la politique monétaire mise en œuvre depuis mars 2020, en soutien à l’économie. Des mesures exceptionnelles sont maintenues, comme la possibilité d’injecter des liquidités à douze mois auprès du secteur bancaire.

La BEAC doit préserver ses objectifs : une inflation inférieure à 3%, une stabilité de la monnaie mesurée par le taux de couverture (objectif d’au moins 60%) et un niveau de réserves de changes suffisant (au moins trois mois).

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