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African Banker

Un outil pour le financement en capital

Un outil pour le financement en capital
  • Publiémars 21, 2024

Il manquerait au commerce intra-africain 110 milliards de dollars de financement par capitaux propres. Le Fonds pour le développement des exportations en Afrique, qui ouvre son bureau à Kigali, répond à ce besoin.

 

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a officiellement inauguré son bureau du FEDA (Fonds pour le développement des exportations en Afrique à Kigali, au Rwanda. Cette structure a été créée pour combler le déficit de financement de 110 milliards de dollars pour le commerce intra-africain, le développement des exportations à valeur ajoutée et les chaînes de valeur de l’industrialisation. Le Rwanda est la première des quinze nations africaines à ratifier son accord de création.

« Vous ne verrez pas le FEDA investir dans les minéraux et les métaux. Nous devons aller au-delà. Mais vous verrez le Fonds investir dans les raffineries, comme il l’a fait avec la raffinerie de Cabinda », promet Benedict Oramah.

S’exprimant lors de l’inauguration, le Premier ministre a d’ailleurs déclaré que cette inauguration à Kigali reflète l’engagement du gouvernement rwandais « non seulement à favoriser le développement économique à l’intérieur de nos frontières, mais aussi à jouer un rôle central dans la transformation économique de notre continent ». Cette initiative « nous rapproche de la réalisation des objectifs définis dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui met l’accent sur la transformation des économies africaines et l’accélération de la croissance économique sur le continent », a-t-il ajouté.

Le dirigeant sait bien qu’en dépit des ressources considérables dont dispose l’Afrique et de la contiguïté de ses marchés, le continent a le plus faible niveau de commerce intrarégional au monde, ajoutant que la part de la valeur créée par le continent restait la plus faible pour de nombreux produits et matières premières en raison d’une valeur ajoutée sous-optimale.

De son côté, le président d’Afreximbank, Benedict Oramah, considère que le FEDA vient s’ajouter à la liste des institutions « qui aident l’Afrique à créer sa propre base de capital pour le développement ». Et de poursuivre : « En se concentrant sur la fourniture de capitaux patients à long terme ciblant tous les segments, des PME aux grandes entreprises, et en s’appuyant sur les secteurs dynamiques de la valeur ajoutée, des services et de la technologie, le FEDA est prête à conduire le développement de l’Afrique dans le cadre d’une nouvelle vision de voies sans marchandises, orientées vers la croissance et étayées par un secteur privé dynamique. »

 

Dix à quinze investissements cette année

Selon le professeur Oramah, l’importance stratégique du Fonds devient « évidente » quatre ans seulement après le début de ses activités. Les fonds gérés dans le cadre de différentes stratégies s’élèvent à environ 800 millions $, et la FEDA utilise une partie de ces capitaux pour créer et mobiliser des fonds supplémentaires. Le FEDA est également co-promoteur d’un fonds d’opportunités de crédit pour l’Afrique (ACOF), doté de 500 millions $ et crée actuellement un fonds de capital-risque de 100 millions $ pour se concentrer sur les start-up et les PME, auquel Afreximbank apporte un financement d’amorçage. D’autre part, La FEDA est devenue le gestionnaire du Fonds d’ajustement de la ZLECAf, pour un montant de 1 milliard $ en 2023.

Les fonds dégagés par Afreximbank disposent de plus de 450 millions $ à investir dans les services financiers, les industries créatives, les raffineries de pétrole et les soins de santé.

Edouard Ngirente, Premier ministre du Rwanda et le président d'Afreximbank, Benedict Oramah applaudissent après l'inauguration officielle du bureau du FEDA, le 20 mars 2024 à Kigali.
Edouard Ngirente, Premier ministre du Rwanda et le président d’Afreximbank, Benedict Oramah applaudissent après l’inauguration officielle du bureau du FEDA, le 20 mars 2024 à Kigali.

 

Le FEDA a levé 770 millions $ pour quatre fonds, a précisé sa dirigeante Marlene Ngoyi auprès de l’agence Reuters, à l’occasion de l’ouverture du bureau à Kigali. Il a déjà investi environ 300 millions $. La structure vise à lever 1,3 milliard $. « Pour l’ensemble de nos stratégies de fonds, nous allons probablement réaliser entre dix et quinze investissements cette année », a dévoilé Marlene Ngoyi. « Nous gérons le fonds de crédit privé. Nous nous attendons à des transactions ; nous en avons supervisé quatre l’année dernière, nous en attendons d’autres cette année. » L’industrie manufacturière et la logistique constituent d’autres secteurs d’intérêt.

Jusqu’à présent, le FEDA a notamment investi 85 millions $ dans le promoteur de zones industrielles ARISE IIP en 2022, pris une participation minoritaire dans la société technologique panafricaine Liquid Intelligent Technologies en 2021 et investi un montant non divulgué, en 2023, dans la raffinerie de pétrole de Cabinda en Angola, d’une capacité de 60 000 barils par jour.

@ABanker

Écrit par
Kimberley Adams

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