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African Banker

Uemoa : Des inquiétudes, de moindres maux

La Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest dresse un premier bilan financier et économique contrasté, mais finalement encourageant, du premier trimestre 2020.

Par LS

Alors que la pandémie de Covid-19 n’avait pas encore touché significativement la sous-région, celle-ci a subi le contrecoup du choc économique en Asie, puis en Europe. Bien sûr, l’heure n’était pas à l’optimisme.

Sur le plan international, en mars 2020, les Banques centrales asiatiques et européennes ont diminué leurs taux directeurs, afin d’amortir le choc. « Les actions entreprises face à cette crise ont consisté notamment à la mise en place d’un programme massif de rachat d’actifs », note la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest).

Dans le même temps, la crise sanitaire a affecté le cours des indices boursiers internationaux. En revanche, les devises ont connu des sorts différents, yen et dollar attaqués, yuan et livre sterling résistants.

Sur le marché monétaire régional, le montant moyen des soumissions sur le guichet hebdomadaire des adjudications est ressorti à 5 185,4 milliards de F.CFA (7,9 milliards d’euros) en mars 2020, contre 4 893,2 milliards un mois plus tôt (+6%). Ce, pour un taux moyen pondéré des adjudications de 2,75% (contre 2,80%).

En raison de la persistance de la pandémie liée à la Covid-19, la BCEAO a décidé, en relation avec la communauté des émetteurs de monnaie électronique de l’Uemoa, de reconduire les mesures de promotion des paiements électroniques.

Les données provisoires issues de l’enquête sur les conditions de banque font ressortir une baisse des taux d’intérêt débiteurs au cours du mois de mars 2020. En effet, hors charges et taxes, le taux moyen calculé à l’échelle de l’Union s’est établi à 6,57% en mars 2020, contre 6,64% en février 2019.

Sans surprise, la période est marquée par une chute des « indicateurs avancés », comme ceux qui reflètent la confiance des décideurs économiques. L’indicateur du climat des affaires dans l’Uemoa est ressorti à 65,7 en mars 2020, en dessous de sa moyenne de long terme (100).

Ralentissement de l’inflation

Cette évolution « traduisant l’opinion pessimiste des chefs d’entreprise sur l’évolution de la conjoncture économique ». Par pays, l’indice va de 69,6 points dans le cas du Mali à 46,6 pour la Guinée Bissau.

De plus, l’indice de la production industrielle a baissé de 7,2% en glissement annuel au cours du mois de mars 2020 contre une hausse de 3,0% le mois précédent. L’indice du chiffre d’affaires du commerce de détail, s’est inscrit également en baisse de 6,0%, en rythme annuel, en mars, contre une hausse de 3,4% le mois précédent. Quant à l’indice du chiffre d’affaires dans les services marchands, il a enregistré un accroissement de 4,5%, en glissement annuel, contre 8,1% en février 2020.

Sur la base des données officielles, l’inflation est ressortie, en glissement annuel, à 1,3% à fin mars 2020, après une réalisation de 1,5% le mois précédent. La décélération du rythme de progression du niveau général des prix est imprimée notamment par la composante « Transport . Cette évolution est notamment liée à la baisse du prix des carburants relevée au Bénin, au Burkina et en Côte d’Ivoire.

Reconduction des mesures anti pandémie

La composante «  Alimentaires  » reste la première source de la hausse des prix. La progression des prix des produits alimentaires est essentiellement observée en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau et au Sénégal, en rapport avec un renchérissement des produits de la pêche ainsi que de tubercules et plantains, en lien avec l’état d’approvisionnement des marchés. Une augmentation des prix des céréales a également été enregistrée dans les pays sahéliens, notamment au Niger, en rapport avec la baisse de la production.

En raison de la persistance de la pandémie liée à la Covid-19, la BCEAO a décidé, en relation avec la communauté des émetteurs de monnaie électronique de l’Uemoa, de reconduire les mesures de promotion des paiements électroniques. Ces mesures visent à réduire les coûts d’utilisation des moyens de paiement digitaux en vue d’encourager les usagers à les utiliser davantage, limitant les déplacements et les contacts physiques.

Plus généralement, les mesures prises par la BCEAO visent également à échelonner les échéances de prêt et à faciliter la circulation monétaire.  « Le refinancement à un taux acceptable et en allégeant les conditions, permet de mettre les liquidités à la disposition des agents économiques qui en ont besoin », commente Daouda Coulibaly.

 

Le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF-CI) rappelle la politique menée, en liaison avec la Banque centrale. « Il a été décidé de traiter au cas par cas des entreprises qui éprouvent des difficultés liées à la pandémie, avec la restructuration de leurs crédits ou de leurs échéances, avec un report de trois mois renouvelable une fois. Donc six mois maximum».

Il explique à RFI : « Nous nous organisons donc pour assurer la liquidité des entreprises, les accompagner en restructurant leurs crédits en cette période difficile, mais aussi en étant au côté de l’État, dans le cadre des différents plans mis en place. »

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