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Actualité African Banker

Standard Chartered quitte cinq pays africains

Standard Chartered quitte cinq pays africains
  • PubliéApril 15, 2022

En quête de rendements supérieurs pour ses actionnaires, le britannique Standard Chartered abandonne ses activités dans plusieurs pays, dont le Cameroun, et délaisse la banque aux particuliers en Côte d’Ivoire. Le groupe reste dans les pays jugés plus porteurs comme l’Égypte.

 

Par Kimberly Adams

Après la BNP Paribas, c’est au tour de Standard Chartered d’annoncer un retrait de certaines de ses activités en Afrique. La banque britannique quittera progressivement cinq pays africains, l’Angola, la Gambie, la Sierra Léone, le Zimbabwe, et le Cameroun. Présent au Cameroun depuis 1986, le groupe avait décidé en juillet 2021 de fermer tous les comptes, produits et services proposés aux clients particuliers pour se concentrer uniquement sur les services bancaires aux entreprises. 

La banque britannique cessera également d’exercer au Liban et en Jordanie. Dans chacun de ses pays, elle essaiera probablement de céder ses activités au meilleur prix possible.

Standard Chartered rejoint les rangs d’autres acteurs mondiaux qui ont réduit leur présence en Afrique ces dernières années, alors qu’ils rivalisent pour atteindre une taille critique par rapport aux banques africaines en place.

Dans ces sept pays, Standard Chartered s’estime sous-dimensionné. Néanmoins, le groupe cherchera à améliorer ses bénéfices sur des marchés à plus forte croissance, y compris sur le continent et, au Moyen-Orient, en Arabie saoudite. Ainsi, la filiale en Égypte devrait-elle ouvrir à l’automne 2022, comme prévu ; le groupe y a obtenu sa licence d’exercer en début d’année. Position paradoxale, donc, pour Standard Chartered, qui dit rester « enthousiasmé » par l’Afrique et toujours être en quête d’opportunités. 

Le groupe fermera également ses opérations de banque de détail en Tanzanie et en Côte d’Ivoire pour se concentrer uniquement sur la banque d’entreprise.

« Comme nous l’avons annoncé plus tôt dans l’année, nous nous concentrons davantage sur les opportunités de croissance les plus importantes tout en simplifiant nos activités », explique le directeur général Bill Winters. Le groupe restera présent au Ghana et au Kenya – où ses filiales sont cotées sur les marchés financiers –, ainsi qu’au Nigeria et en Afrique du Sud. Pourtant, « 2021 a été une année exceptionnelle pour nous dans la région Afrique et Moyen-Orient avec un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de dollars », précisait la banque lors de la publication de ses résultats, en février.

 

La Deutsche Bank en embuscade ?

Cette décision marque un changement majeur pour Standard Chartered, qui a été l’un des plus grands prêteurs européens à investir sur le continent ces dernières années, à un moment où, pourtant, ses concurrents se retiraient.

Jusqu’à aujourd’hui, le groupe britannique exerçait sur quinze marchés africains et dix au Moyen-Orient, employant environ 15 000 personnes. Une position forte, en apparence, mais la complexité d’opérer dans la région MENA suppose un coût d’activité élevé. Un analyste de la City explique à l’agence Reuter que la banque affichait un ratio coût/revenus de 74% bien éloigné des standards de la profession. Sa sortie des marchés les moins porteurs pourrait améliorer ce ratio. En effet, les marchés dont la banque veut se défaire ne représentaient que 1% des revenus en 2021 et une part comparable du bénéfice avant impôt, a indiqué la banque.

Standard Chartered rejoint les rangs d’autres acteurs mondiaux qui ont réduit leur présence en Afrique ces dernières années, alors qu’ils rivalisent pour atteindre une taille critique par rapport aux banques africaines en place.

Le groupe britannique a poursuivi une stratégie d’investissement massif dans la banque numérique en Afrique, mais a eu du mal à traduire l’acquisition de clients en bénéfices réguliers. Un parcours comparable, ici, à la Société Générale. Le groupe français a démenti récemment toute intention de vendre ses activités africaines, confirmant néanmoins la fermeture de paiement mobile YUP. De son côté, BNP Paribas pourrait confirmer, d’une semaine à l’autre, les rumeurs de départ du Sénégal et de Côte d’Ivoire. Les dirigeants du groupe français, eux aussi, jurent pourtant que l’Afrique recèle beaucoup de potentiels…

Dès 2016, le rival britannique Barclays avait vendu sa filiale africaine, après 90 ans de présence sur le continent. En 2022, le Crédit Suisse a mis fin à ses activités de gestion de patrimoine dans neuf pays africains. D’autres ne suivent pas cette voie, comme la Deutsche Bank, qui a déclaré, l’an passé, qu’elle souhaitait étendre ses métiers de banque privée en Afrique. Voilà pour le géant allemand une belle opportunité d’acquisitions. Cela étant, on se souvient que la BNP avait vendu certains de ses actifs au groupe burkinabé Vista. Dès lors, peut-on envisager des repreneurs africains pour les actifs de Standard Chartered ?

 

Clap de fin pour Yup

Écrit par
Kimberley Adams

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