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African Banker

Simon Tiemtoré, (président du Groupe Vista Bank), sans filtre

Comment avez-vous réalisé la restructuration de la banque ?

Nous avons opéré en plusieurs phases. Après une analyse détaillée, nous avons modifié la gouvernance, la direction et le conseil d’administration, au niveau du groupe comme au niveau des filiales.

Nous avons décidé que chaque membre du conseil d’administration du groupe serait représenté au niveau des filiales. Nous avons recruté deux nouvelles directrices qui sont particulièrement dynamiques.

D’où viennent-elles ? De la banque ou d’ailleurs ?

La directrice générale de Guinée était déjà DG adjointe, et la DG de Gambie dirigeait sa propre société de conseil. Toutes deux ont travaillé à Standard Chartered. Elles connaissent très bien le marché. Elles possèdent beaucoup d’expérience et elles sont essentiellement le moteur de la banque aujourd’hui.

Nous avons créé une culture d’entreprise plus axée sur le client. Nous avons également amélioré notre procédure de recouvrement et nous avons changé la politique du crédit, en réduisant le niveau de crédit autorisé directement par la DG, afin que le conseil d’administration de la filiale et, jusqu’à un certain niveau, le conseil d’administration du groupe aient plus de pouvoir.

Nous avons amélioré la formation – elle était inexistante auparavant – afin que notre personnel possède les connaissances nécessaires pour avoir une longueur d’avance sur la concurrence.

Nous avons pris beaucoup de mesures, que nous continuons de mettre en oeuvre aujourd’hui.

Le coût du crédit au secteur des PME est trop élevé, en raison du temps que cela demande, du recouvrement, etc. Comment allez-vous le rendre rentable ?

Nous souhaitons créer un partenariat avec des organismes tels que le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et le Fonds de garantie pour l’Afrique. Le PNUD assurera des formations auprès de certaines PME, afin d’améliorer leur solvabilité. Nous sommes en discussion avec le Fonds de garantie pour l’Afrique et d’autres organismes tels que l’USAid. L’objectif est d’améliorer le crédit pour les PME. Voilà deux exemples qui montrent comment nous limitons les risques liés à ce secteur.

La banque est-elle rentable ?

La banque enregistre de nouveau des bénéfices depuis 2016.

Les années 2016 et 2017 ont été difficiles sur le plan économique en Guinée, en Sierra Leone et en Gambie. Comment avez-vous fait face ?

La Guinée affiche toujours une croissance du PIB de 6,5 % ; la croissance de la Gambie reste solide, même s’il s’agit d’un petit pays. Ces pays sont nos principaux marchés. Contrairement à une banque étrangère, nous n’allons pas nous replier sur d’autres marchés. Nous devons donc faire de notre mieux et surmonter les difficultés.

Il faut s’ajuster à la réalité du marché pour en tirer le meilleur profit. Nous n’avons jamais reculé à cause d’Ebola. Nous avons peut-être connu un ralentissement mais nous pensons que ces économies se redresseront. Nous consolidons notre système, justement pour faire face à ce type de difficultés.

Quels ont été les résultats du premier semestre 2018 ?

Nous avons obtenu de bons résultats. Nous espérons poursuivre sur la même voie, d’autant plus que nous allons bénéficier de certains partenariats et de liquidités supplémentaires.

Vous comptez vous étendre en Afrique de l’Ouest et centrale. Vous prévoyez d’être présents dans 15 pays d’ici à 2025 ?

C’est exact.

Vous croyez donc au modèle panafricain ?

Absolument.

Est-ce simple du point de vue réglementaire ?

C’est très simple. Les pays ont des régimes similaires. Une fois que l’on pénètre sur un marché, que l’on capitalise la banque et que l’on satisfait aux exigences réglementaires, on peut s’implanter dans huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine.

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